Grève dans le Hainaut: barrages à La Louvière, piquets aux entrées de Mons, personnel menacé à Charleroi...
Pour la CGSP et la FGTB, le combat est loin d'être gagné.
- Publié le 15-12-2014 à 09h54
- Mis à jour le 15-12-2014 à 17h57
La CGSP et la FGTB se sont félicités de l'action menée ce lundi.
Ce lundi de grève a vu de nombreux grévistes affluer vers les centres-villes. Ce fut notamment le cas de la CGSP et de la FGTB. Après avoir bloqué les principaux axes de la ville, les militants de la CGSP et de la FGTB ont sillonné les rues de Mons dans un cortège qui suivait un cercueil représentant le gouvernement.
Après la levée des piquets, les grévistes se sont réunis une dernière fois pour crier leur mécontentement. Un cortège est parti de la Rue Lamir pendant qu'un second partait du chemin de l'inquiétude.
Les deux délégations se sont retrouvées sur la Place Léopold, face aux vestiges de l'ancienne gare de Mons pour dénoncer " un gouvernement de nantis " en rappelant que le combat était loin d'être fini. Chacun est ensuite parti de son côté après cette journée d'actions bien chargée.
Plusieurs piquets de grève installés.
La grève du 24 novembre dernier n'était qu'un avant goût. En ce jour de grève nationale et générale, les travailleurs de la région du Centre se sont unis pour pester d'une même voix contre les nouvelles mesures gouvernementales.
Depuis 4h ce matin, un barrage filtrant est installé au rond-point du Roeulx. Autrement dit, sortir de l'autoroute est compliqué et la prendre relève du chemin de croix. Pour cause, une centaine de travailleurs sont présents, en front commun syndical.
Même constat devant le dépôt des TEC à la rue Gustave Boël. Tôt ce matin, un combi de la police de La Louvière bloquait l'accès aux automobilistes. Depuis 3h du matin, des chauffeurs ainsi que des contrôleurs ont installés palettes et braseros au milieu de la rue. Le passage s'y avère compliqué voire impossible.
La gare de La Louvière-Sud ne déroge pas à la règle. Quelques travailleurs sont présents et se relayent depuis ce dimanche soir 22h. La pluie et le froid n'ont finalement pas entamé la motivation de ces centaines de travailleurs qui se mobilisent et bloquent la région du Centre.
Des piquets à toutes les entrées de Mons
Dès 5 heures, la plupart des piquets de la région de Mons-Centre était installé. Au rond-point Warocqué à Mons, cinquante grévistes étaient présents pour boucler le passage. Seules les personnes qui disposaient d'un laisser-passer ont pu franchir rapidement le rond-point. " Pour l'instant, ça se passe bien. Il y a moins d'automobilistes que la dernière fois" , confiait un gréviste CSC. " Les gens font demi-tour et rentrent chez eux. Tous les gens qui sont ici payent cher la journée. Il ne faut pas croire que ça nous amuse ".
Quelques échauffourées se sont produites au rond-point Warocqué vers 7h30 où une camionnette a forcé le passage et en menaçant les grévistes avec un pied-de-biche.
A la gare de Mons, aucun train n'est entré ou sorti. Le rail, les voies, et la salle de voyageurs étaient vides vers 8 heures.
Du côté du zoning de Cuesmes, toutes les entrées sont bloquées par des grévistes verts et rouges. Le zoning est d'ailleurs complètement désert. Toutes les entreprises sont à l'arrêt. Au total, entre 150 et 200 personnes empêchent quiconque de pénétrer dans le zoning.
A Jemappes, le zoning commercial (Médiamarkt, Quick, Colruyt) est également vide. Un piquet est installé pour limiter l'accès. Aucun camion ne pénètre sur le site. Idem du côté du Parc Initialis où les accès sont tous bloqués. Le rond-point de Jemappes est occupé par une cinquantaine de grévistes. La circulation sur la N51 est paralysée mais le barrage est filtrant.
Facq bloqué à Charleroi, le personnel menacé...
Des grévistes imposent la fermeture de Facq Gosselies. Si les travailleurs n'obtempèrent pas, ils menacent d appeler un groupe de grévistes " plus agressifs" selon leurs mots! L'information nous a été envoyée par un témoin sur place.
Ils menacent de se venger par la suite si la police est appelée ou si le personnel ne coopère pas, voici le commentaire de ma collègue: " Il y avait un gars très agressif verbalement en fait... Un autre plus gentil a dit que certains chez eux buvaient et qu'il fallait être compréhensifs. Ils ne comprennent pas que nous voulions rester de plein gré et disent qu'on a la pression de la direction ce qui n'est pas du tout le cas".
Apparemment, une autre enseigne située dans les environs directs, Carglass, aurait connu la même situation.
