Clash politique autour du télétravail des agents communaux à Mons : "Ce n'est parce qu'il y a des mouvements sociaux que l'on doit fermer la commune"

La ville insiste : Elle respecte scrupuleusement un règlement… voté en conseil communal, y compris par Mons en Mieux.

Les grévistes étaient aussi mobilisés à Mons.
Les grévistes étaient aussi mobilisés à Mons. ©D.R.

Pas question de remettre en question le droit de grève, assure Mons en Mieux. Mais le principal parti d'opposition à Mons dénonce malgré tout la gestion de la grève nationale par la ville, estimant que le droit au travail n'est, lui, pas respecté. D'une même voix, Georges-Louis Bouchez et Guillaume Soupart évoquent ainsi "un blocage inacceptable de l'administration communale."

"C'est scandaleux. On empêche des travailleurs motivés de faire leur job, alors que rien ne justifie une paralysie complète de l'administration pendant presque toute la semaine", fustige Guillaume Soupart, conseiller communal et député wallon. Pour les deux élus libéraux, la mesure prend en otage les agents communaux désireux de poursuivre leur mission et pénalise les citoyens, privés d'un service public minimum.

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"Une grève, c'est un droit. Mais c'est aussi un choix individuel. Interdire à ceux qui veulent travailler de le faire, y compris en télétravail comme prévu dans leur contrat, c'est un abus. D'autant que la grève intersectorielle annoncée ne concerne en principe qu'un jour par secteur. Cela ne justifie pas une semaine blanche. Ce n'est parce qu'il y a des mouvements sociaux que l'on doit fermer la commune."

Pour Georges-Louis Bouchez et Guillaume Soupart, le télétravail aurait dû être maintenu et un service minimum assuré. "Le message envoyé est catastrophique. Ni les travailleurs, ni les citoyens ne doivent être pénalisés. À Mons, on doit garantir que la commune fonctionne, même en période de mobilisation sociale", insiste Georges-Louis Bouchez.

Un règlement voté par le conseil

Face à ces attaques, la Ville de Mons a répliqué sans détour. "Messieurs Bouchez et Soupart s'indignent de dispositions qu'ils ont eux-mêmes votées ! C'est le monde à l'envers. Savent-ils seulement ce qu'ils votent ?", réagit la majorité. "Au-delà de l'esbroufe permanente, ont-ils conscience que les dossiers soumis au conseil communal méritent un minimum d'attention et de lecture de leur part ? C'est leur rôle de conseiller communal…"

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Selon la Ville, la mesure n'a rien d'exceptionnel. Il s'agit simplement de l'application d'un règlement voté en décembre 2021. "Ce règlement, celui qui dit explicitement que le télétravail est interdit lorsqu'un préavis de grève est déposé, a été voté au conseil communal le 14 décembre 2021. Devinez qui était présent et qui l'a approuvé ? Monsieur Bouchez et Monsieur Soupart. Si l'on accepte le télétravail pendant un préavis de grève, on tue tout simplement la grève : plus besoin de se déplacer, on reste chez soi et on touche son salaire."

Un débat qui dépasse Mons

Et de conclure : "La réalité est simple : la Ville de Mons applique le règlement, comme dans beaucoup d'autres pouvoirs publics locaux. Le reste, c'est du bruit politique et beaucoup d'esbroufe de la part d'une opposition de droite qui a du mal à accepter que la population et les syndicats s'indignent des reculs sociaux et de sa gestion dans les Gouvernements."

Mons en Mieux estime cependant que si le préavis de grève peut justifier l'absence de télétravail ces lundi, mardi et mercredi, il n'est en revanche pas logique que les travailleurs en soient privés aussi ces jeudi et vendredi. La note envoyée aux agents précise en effet que "vu la période de grève et l'organisation des fêtes patronales le 28 novembre, le télétravail sera exceptionnellement impossible durant toute la semaine."

Guillaume Soupart a ainsi interpellé la direction générale, "espérant qu'il s'agit d'une erreur et que tous les agents qui le souhaitent pourront avoir leur jour de télétravail comme prévu dans leurs contrats."

Derrière l'affrontement local, c'est bien la question plus large du droit de grève, de la continuité du service public et du respect des règlements qui se pose. Le débat est, a priori, loin d'être clos.

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