Ils font indéniablement partie du paysage borain et pourtant, bon nombre de citoyens n’ont encore jamais foulé leur sol. Résidus géologiques issus de l’exploitation charbonnière, les terrils méritent pourtant d’être découverts pour la richesse patrimoniale qu’ils représentent. Pour permettre à chacun d’en profiter, un nouvel outil baptisé "destination terril" vient de voir le jour. On y retrouve les terrils français et belges, avec les balades possibles et les points de vue à ne pas manquer.

"Depuis une quarantaine d’années, les terrils ont progressivement été colonisés par la végétation, créant ainsi un saisissant paysage renaturé et parsemé de zones de balades potentielles", peut-on lire sur le site. "Un nouveau champ des possibles est alors apparu. Majoritairement intégrés au domaine public, les terrils ont été sauvés de la destruction et ont pu s’ouvrir au public." Des activités touristiques, durables et raisonnées, s’y développent d’ailleurs.

Chez nous, plusieurs terrils sont recensés. Le terril du Crachet (Frameries) est considéré comme un site de grand intérêt biologique (SGIB) et fait d’ailleurs partie du réseau Natura 2000 pour protéger sa faune et sa flore exceptionnelles. Situé à quelques encablures du musée scientifique SPARKOH, le terril est un fabuleux outil pédagogique qui accueille régulièrement des visites scolaires mais aussi des familles en recherche de calme et de nature. Grâce à ses sentiers balisés et bien aménagés d’escaliers, de petits ponts, de caillebottis et de cordage, son ascension est facilitée malgré un dénivelé d’environ 70 m.

Du côté d’Hornu, le terril Sainte-Désirée appartient à la commune. "Sa principale caractéristique réside dans sa richesse faunistique et floristique. Véritable écrin de verdure implanté dans un tissu urbanisé, le terril comble les familles en quête de balade à l’ombre des cerisiers, des noyers et des noisetiers. Considéré comme un corridor écologique de grande qualité, il n’est pas rare d’y croiser des lapins, des renards et des chevreuils."

Le terril Sainte-Désirée offre par ailleurs une vue panoramique sur le site du Grand Hornu, sur le village d’Hornu et sur la ville de Saint-Ghislain. À Boussu toujours, citons encore le terril Saint-Antoine, d’une superficie de 33 hectares. Ce dernier a été remodelé par une réexploitation de son charbon résiduel jusqu’en 2012. Actuellement, il prend la forme d’un terril plat, composé de nombreuses terrasses. Le terril est reconnu comme un site de grand intérêt biologique. Quelques mares et roselières accueillent des espèces typiques de ce milieu aquatique. Les nombreux sentiers qui sillonnent le terril sont très faciles d’usage.

En terre montoise, deux terrils sont à découvrir : le terril de l’Héribus (Cuesmes) d’abord, qui offre le meilleur panorama de la région montoise, avec vue plongeante sur le beffroi et la collégiale Sainte-Waudru, le Mont Panisel, les terrils du Crachet et du Levant ou encore les ascenseurs de Strépy-Thieu. Les amateurs de randonnée et de VTT y trouveront leur compte mais il est vivement de conseillé de rester sur les sentiers, d’une part pour éviter les chutes et d’autre part pour ne pas perturber la riche biodiversité du site, classé pour son intérêt biologique.

Précisons encore qu’il n’est pas rare d’apercevoir des fumerolles échapper des entrailles du terril sur son versant sud. Ceci s’explique par un phénomène naturel d’auto-combustion caractérisé par la présence de schistes rouges. Enfin, le terril de Ciply est un terril remanié, totalement restructuré, propriété de la ville de Mons. Il présente tantôt des pentes plus douces, tantôt plus abruptes. Des activités de trial y sont organisées par le Royal Mons Auto Moto Club.