Surpris avec une oreillette reliée à son téléphone à l'examen du permis de conduire, il finit devant le tribunal de Mons
Un téléphone dans la poche, une oreillette dissimulée sous le casque et des réponses soufflées à distance : ce candidat au permis de conduire avait imaginé un stratagème digne du célèbre film "Les Sous-doués". Mais contrairement au cinéma, la plaisanterie pourrait lui coûter cher. Il a dû s'expliquer devant le tribunal correctionnel de Mons.
- Publié le 20-10-2026 à 13h01

Les amateurs de comédies françaises se souviennent certainement du film culte Les Sous-doués, sorti en 1980, dans lequel les étudiants rivalisent d'imagination pour réussir leurs examens sans trop solliciter leurs neurones. Parmi les combines, celle de l'oreillette permettant de recevoir discrètement les bonnes réponses. Plus de quarante ans plus tard, la technologie a évolué, mais certaines méthodes de triche ont manifestement traversé les générations.
Le 26 février 2025, dans un centre d'examen du Hainaut, un candidat au permis de conduire a tenté de reproduire ce scénario. Téléphone portable dans la poche, oreillette soigneusement dissimulée sous le casque, il attendait que les bonnes réponses lui soient soufflées à distance. Il ne lui restait plus qu'à cocher les bonnes cases.
Malheureusement pour lui, son comportement a éveillé les soupçons de l'examinateur. Le stratagème a été découvert et, contrairement aux personnages du film, le candidat n'a pas eu droit à une seconde prise. Direction la justice !
Une tricherie à 700 euros… avant l'amende
Car tricher à un examen officiel n'est pas une simple plaisanterie de potache. En Belgique, la fraude à l'examen du permis de conduire constitue une infraction susceptible de poursuites pénales. Et l'addition peut rapidement devenir salée.
"C'est une bêtise qui peut lui coûter très cher. Monsieur a déjà payé 700 euros pour tricher et je demande une amende de 500 euros", a déclaré le substitut du procureur du Roi devant le tribunal correctionnel de Mons, lundi après-midi.
Au total, le candidat pourrait donc débourser 1.200 euros pour une tentative qui ne lui aura même pas permis d'obtenir son permis. À ce prix-là, quelques heures de révision auraient probablement constitué un meilleur investissement. Le ministère public ne s'oppose toutefois pas à une mesure de faveur, le prévenu ne présentant aucun antécédent judiciaire.
Cette fois, il a réussi sans souffleur
Depuis cette mésaventure, l'homme semble avoir retenu la leçon. Son avocate a expliqué qu'il avait finalement repassé son examen, le 6 octobre dernier, après plus d'un an d'attente. Et cette fois, sans oreillette, sans complice et sans scénario digne d'une comédie française. "Il a réussi", a confirmé son conseil.
Le prévenu, qui reconnaît les faits, espère désormais éviter une condamnation inscrite à son casier judiciaire. Il explique avoir besoin de son permis pour se rendre au travail, mais également vouloir faire venir son épouse, qui vit en Afrique, dans le cadre d'une procédure de regroupement familial. "Je plaide une suspension du prononcé de la condamnation", a indiqué son avocate.
Pour tenter de convaincre le tribunal, le candidat repenti a même présenté des excuses plutôt solennelles, adressées… au peuple belge ! "Je sais que j'ai commis une grave erreur. J'ai réfléchi et j'ai passé mon permis en toute légalité. J'ai réussi. Je souhaite poursuivre mon travail et vivre avec mon épouse en Belgique."
Jugement en novembre.

