Sept ans requis après une violente rixe sur la Grand-Place de Mouscron : "J'ai cru que j'allais mourir"
La victime, frappée alors qu'elle était au sol, a subi plusieurs fractures et perdu une grande partie de son ouïe. L'un des prévenus conteste la tentative de meurtre.
- Publié le 23-10-2026 à 11h01

Le 14 septembre 2024, une rixe avait éclaté aux petites heures sur la Grand-Place de Mouscron entre plusieurs jeunes. Ils sont quatre prévenus, dont un qui doit répondre de tentative de meurtre.
"Sur les vidéos, on vous voit donner des coups de pied à la tête d'un jeune et prendre votre élan", dit la présidente à Diego (prénom d'emprunt), 22 ans.
"Je m'en veux. C'est impardonnable, je regrette, dit-il, tout en niant la tentative de meurtre. J'étais alcoolisé et je n'ai pas eu l'intention de tuer. Avant ça, je ne traînais pas en rue mais je traversais une mauvaise passe. Je me suis laissé influencer et je faisais n'importe quoi."
Les autres prévenus doivent répondre de coups ou de refus de porter secours. Il y a eu plusieurs victimes, dont une touchée grièvement.
La partie civile a indiqué que son client n'avait pas eu la force de comparaître face à ses agresseurs. "On a failli lui ôter la vie. Mon client a été trouvé inconscient par des gens qui ont appelé les secours. Son pronostic vital était engagé. Il a encore reçu des coups de pied alors qu'il était au sol. Il était avec un ami sur la Grand-Place quand une discussion s'est engagée avec un groupe. Ensuite, la situation a dégénéré. À peu de chose près, c'était le drame. Tout ça pour un mot de travers ou parce qu'on a trop bu ! Tout le monde s'est enfui."
Plusieurs fractures
La victime avait eu la phrase suivante : "J'ai cru que j'allais mourir."
Emmené à l'hôpital, le jeune homme lourdement frappé souffrait de plusieurs fractures. "Il a perdu une grande partie de son ouïe et est sujet à des pertes de mémoire. Nous demandons une expertise et 5000 € à titre provisionnel. Les coups ont été portés en zone vitale."
Le ministère public a précisé que la victime avait le visage tuméfié et l'œil fermé. "Ce jeune homme n'a aucun souvenir de ce que lui est arrivé. Alors qu'il était inconscient, un des prévenus l'a encore frappé. La scène est choquante. On lui a shooté dans la tête."
Le ministère public a requis 7 ans contre Diego et des peines de 6 mois à 3 ans contre les autres.
La défense de Diego a contesté l'intention homicide. "Il ne connaissait pas ce jeune homme avant. Il n'a pas eu la volonté de viser le visage. Il était alcoolisé. Mon client était un jeune sans histoire jusqu'à ses 19 ans. Ensuite, il est parti de chez lui et est devenu un temps SDF. Aujourd'hui, il s'est calmé. Il a passé quatre mois et demi en préventive. Nous sollicitons un sursis simple ou probatoire."
Jugement le 26 novembre.