Le Contre-pied de Jean-Marc Ghéraille - payer pour voir Evenepoel et Pogacar : une question de vie ou de mort pour le cyclisme
En panne de sponsors "traditionnels ", le cyclisme doit trouver des revenus

- Publié le 13-11-2025 à 16h14

Le sport professionnel repose sur un business model. Celui du cyclisme est totalement biaisé. Il dépend exclusivement de l'apport de sponsors. Au fur et à mesure des années, ceux-ci se raréfient avec la disparition inéluctable d'équipes (Arkéa-BB Hôtels cette année) ou des fusions/absorptions avec les dégâts collatéraux (Intermarché-Lotto). A contrario, des états richissimes (sans aucune culture vélo) ont élargi leur politique de soft power en déversant des pétrodollars comme UAE (qui paie Tadej Pogacar 9 millions d'euros par an) ou Bahreïn.
Un dopage financier qui met à mal tout le système tant la disparité des budgets est pharaonique. Avec le risque non négligeable de se muer en ligue fermée réservée aux ultrariches. Et de faire disparaître la base.
Un tabou semble (enfin) vaciller : faire payer les spectateurs, enfin certains, pour assister à ce qui est jusqu'à présent le seul sport en plein air gratuit. Les anciens coureurs Jérôme Pineau (dont l'équipe B and B KTM est morte en 2022) et Filippo Pozzato ont lancé une idée qui non seulement a le mérite d'exister mais qui mérite surtout une vraie réflexion : faire payer le public dans les cinq derniers kilomètres d'une arrivée au sommet du Tour de France. Exemple : l'Alpe d'Huez les 24 et 25 juillet 2026.
Une… riche idée. Restera à savoir à quel prix et comment répartir l'argent (pas pour ASO ni pour les grosses cylindrées qui n'en ont pas besoin). Sans ticketing mais sans (à de rares exceptions près) transferts payants, le cyclisme pro tel que nous le connaissons depuis toujours est condamné.