Le King ou LeBron (tosaure) James : à 41 ans, peut-il encore régner sur la NBA ?
Alors qu'il s'apprête à entamer une 24e saison historique en NBA, le King refuse de céder face au temps. Entre performances toujours impressionnantes et déclin inévitable, que peut-on encore attendre de lui ?

- Publié le 20-10-2026 à 13h54

Michael Jordan venait tout juste de tirer sa révérence. Kobe Bryant régnait encore sur les parquets, Shaquille O'Neal terrorisait les raquettes. Victor Wembanyama, lui, n'était même pas né. C'était en 2003. Une autre époque, celle dans laquelle a débarqué un gamin hors normes de 18 ans. Accompagné d'une flatteuse réputation depuis le lycée, LeBron James devait devenir immense avant même d'avoir disputé la moindre minute en NBA. Et 23 ans plus tard, le King est toujours bien présent.
À 41 ans, LeBron James s'apprête ainsi à entamer une 24e saison NBA sous le maillot des 76ers de Philadelphie, en guise d'ultime défi. Meilleur marqueur de l'histoire de son sport, seul joueur à cumuler plus de 40.000 points, 10.000 rebonds et 10.000 passes décisives, LeBron James pourrait tranquillement se reposer sur ses lauriers. Mais les records ne permettent pas de remporter les matchs, de participer aux playoffs, voire de remporter une cinquième et dernière bague.
Alors, le natif d'Akron peut toujours tenter de défier le temps, mais dispute-t-il la fameuse "saison de trop" ?
1. Des chiffres impressionnants
LeBron James est-il le meilleur joueur de tous les temps ? C'est une question difficile à trancher. Les puristes vont sans doute lui préférer Michael Jordan. Mais le King a déjà incontestablement marqué l'histoire du basket, par son talent, sa longévité et son incroyable régularité au plus haut niveau.
Quadruple champion NBA, 22 fois sélectionné au All-Star Game, LeBron James a battu le record de points inscrits en saison régulière détenu par Kareem Abdul-Jabbar en février 2023. Il en est maintenant à 43.440 et totalise par ailleurs 12.095 rebonds, ce qui lui permet de figurer au 23e rang de ce classement particulier.
LeBron James peut aussi ambitionner le podium des passes décisives, puisqu'il lui en manque 75 pour dépasser Jason Kidd (12.095). Mais le King peut aussi progresser au classement des triple-doubles (14e à 125), des interceptions (6e à 2.417), voire égaler Sam Jones (11) ou Bill Russell (12) au classement des finales NBA disputées. Mais avant cela, il y a une 24e saison à disputer.
2. Pourquoi il a quitté Los Angeles pour Philadelphie
On aurait logiquement pu penser que LeBron James terminerait sa carrière chez les Lakers, où il était comme à la maison. Mais après huit saisons dans la Cité des Anges, le King a une fois de plus décidé de déjouer les pronostics. Alors que certains spéculaient sur un retour plein d'émotion à Cleveland, où il a commencé sa carrière, ou encore Miami, où il a remporté ses deux premières bagues NBA (2012, 2013), c'est finalement à Philadelphie que LeBron James a décidé de poser ses valises, grâce à son amitié avec Tyrese Maxey et sa volonté d'offrir un titre à Embiid.

Loin des spotlights d'Hollywood, LeBron James n'arrive pas sans ambitions dans la franchise dont le dernier titre remonte à 1983. Fait rare : le King n'était même pas encore de ce monde. Un King qui a accepté de revoir ses émoluments à la baisse, lui qui a signé pour deux ans et 8 millions de dollars. Ce qui permettra à sa nouvelle franchise de se renforcer. "La vérité, c'est que j'aime toujours profondément le basket. J'ai encore des choses à apporter", s'enthousiasmait en juillet la superstar au moment de l'annonce qui en a surpris plus d'un. "Je suis extrêmement enthousiaste à l'idée de faire vibrer un nouveau public et de me lancer une dernière fois dans cette incroyable aventure."
3. Une arrivée qui change tout
Voir LeBron James débarquer dans son effectif, c'est entrer dans une autre dimension. Sportive, évidemment, mais aussi médiatique et commerciale. Car à 41 ans, le King reste bien plus qu'un simple sportif. À Philadelphie, son arrivée a immédiatement suscité un immense engouement, entre explosion de la visibilité des Sixers, attentes décuplées et ambitions revues à la hausse. "Ahhh ! Quoi ? ! Quoi ? ! Quoi ? !", a réagi son ami Tyrese Maxey à l'annonce de la signature, qui avait déjà tenté de le faire venir à Philly il y a deux ans.
C'est peut-être pour éviter cette exposition, même s'il est habitué à la pression inhérente à son statut, que LeBron James a choisi de vivre à New York et de venir à l'entraînement et aux matchs… en hélicoptère, l'aller-retour revenant à près de 12.000 $. Un deal facilité par un accord avec Fanatics, qui prend les voyages en charge. Bonjour, l'empreinte carbone.
En attendant, LeBron James n'est pas venu en préretraite chez les 76ers. Il investit près de 1,5 million de dollars par an dans l'entretien de son corps, notamment grâce à des séances de yoga, des caissons hyperbares, à la cryothérapie et à des bottes de compression. "Pourquoi est-ce que je joue encore, à ce stade de ma carrière ? J'ai toujours envie de faire des sacrifices, assure-t-il. J'ai toujours envie de travailler, de me donner à fond, de me battre. J'ai toujours envie de rivaliser avec les meilleurs, de gagner et de ressentir à nouveau cette sensation que procure la victoire."
C'est tout simplement le professionnel par excellence. Et il l'est depuis plus de vingt ans...
S'il a 41 ans, le King continue donc de se donner à fond à l'entraînement, arrivant même trois heures avant ses équipiers, et il se jette sur chaque balle perdue. LeBron est en mission et il ne compte pas y faillir. "C'est tout simplement le professionnel par excellence. Et il l'est depuis plus de vingt ans", a raconté Anfernee Simons, qui endossera le rôle de sixième homme. "On entend toutes ces histoires sur le fait qu'il arrive très tôt et qu'il accomplit son travail. Eh bien, aujourd'hui, nous avons pu le constater de nos propres yeux. Quand je suis arrivé, il était déjà là, en train de s'échauffer. Cela montre bien comment il parvient à évoluer à ce niveau depuis 24 ans. C'est complètement fou !"
4. Changement de rôle
Ce n'est pas pour autant une garantie de succès. Même s'il prend soin de son corps et de son esprit, LeBron ne peut empêcher son corps de vieillir, lui qui souffre d'arthrite chronique au pied gauche et avait manqué le début de saison dernière en raison d'une sciatique côté droit.
Et le temps faisant son œuvre, les statistiques du gamin d'Akron suivent une courbe plutôt descendante, même si cela reste appréciable. Dans sa longue carrière, LeBron James alignait une moyenne de 26,8 points, 7,5 rebonds et 7,4 passes décisives. Cela a un peu baissé l'an dernier même si les 20,9 points, 6,1 rebonds et 7,2 passes décisives feraient rêver pas mal de monde. "Si nous voulons accomplir quelque chose de vraiment important, si nous affirmons vouloir réaliser quelque chose de spécial, il faudra que tout le monde accepte de faire des sacrifices pour le collectif, dans le bon sens du terme", annonce LeBron.
Si nous affirmons vouloir réaliser quelque chose de spécial, il faudra que tout le monde accepte de faire des sacrifices.
Pour que cette saison soit couronnée de succès, LeBron James devrait accepter un autre rôle. Le King semble devenir davantage un chef d'orchestre plutôt qu'un scoreur, en mettant ses qualités de passeur au service de Tyrese Maxey, Jaylen Brown et Joel Embiid. Tout en poussant les petits jeunes dont Labaron Philon à prendre leurs responsabilités plutôt qu'à vouloir lui passer le ballon. "Je considère LeBron comme un formidable créateur de jeu en attaque, a expliqué Nick Nurse, son entraîneur. Je ne parle pas nécessairement de sa capacité à marquer, mais plutôt de son aptitude à organiser le jeu, à mettre ses coéquipiers dans les meilleures conditions et à créer des occasions."
LeBron James ne peut plus jouer comme à son prime, c'est indéniable. Il va devoir choisir ses moments et doser ses efforts. Pourra-t-il réellement l'accepter ? De la réponse à cette question dépend sans doute la réussite de son ultime défi. Et surtout, la possibilité d'éviter que cette 24e saison ne soit celle de trop.
5. 5e bague à portée de main ?
Avec Jaylen Brown, arrivé cet été en provenance des Boston Celtics, V.J. Edgecombe, Tyrese Maxey, James et Embiid, qui semble avoir perdu du poids, les 76ers vont inévitablement viser le titre cette saison. Les yeux sont en tout cas braqués sur l'équipe, qui doit encore parfaire ses automatismes. "Cela prendra du temps, a expliqué James. Vous voulez accomplir quelque chose de spécial ? Cela prend du temps. Pour devenir une grande équipe, nous devons accepter de faire des choses inconfortables. Nous devons apprendre à être à l'aise dans l'inconfort. C'est le meilleur moyen d'accélérer notre progression. Si nous y parvenons, nous pouvons devenir une grande équipe."

Ménagé contre les Knicks et les Celtics en présaison, LeBron James a disputé quelques minutes lors de la défaite face aux Brooklyn Nets, la semaine dernière. Le plus marquant ? S'il a inscrit dix points, il n'a tenté qu'un tir dans le jeu en 18 minutes, privilégiant la création pour ses partenaires (5 assists). Face aux Celtics vendredi dernier (défaite 120-125), le King a joué 25 minutes pour 8 points et… 8 assists.
Mais les choses sérieuses ne commencent que mardi au Madison Square Garden, que LeBron aurait pu rejoindre si les Knicks n'avaient pas été champions. "Je n'ai pas quitté ma famille pour me faire éliminer au deuxième tour. Ça, je peux vous l'assurer", tonne LeBron.
Le King a déjà marqué l'histoire. Il ne lui reste plus qu'à écrire l'avenir…