Pas de montagne artificielle pour les Mondiaux de cyclisme aux Émirats 2028 : "Ce sera clairement un Mondial pour les sprinteurs"
Alors que des rumeurs de montagne artificielle laissaient craindre un parcours favorable à Tadej Pogačar, l'Union cycliste internationale a mis fin aux spéculations.
- Publié le 23-02-2026 à 17h44
- Mis à jour le 23-02-2026 à 19h30

On les imaginait déjà capables de tout. Aux Émirats arabes unis, la démesure fait partie du décor et l'organisation des Championnats du monde 2028 n'échappait pas aux fantasmes. Ces dernières semaines, la rumeur d'une montagne artificielle construite spécialement pour l'événement avait enflammé le peloton. Objectif supposé : durcir le tracé pour servir les desseins de Tadej Pogacar, double champion du monde en titre et figure de proue de l'équipe UAE.
De quoi inquiéter les sprinteurs. Dans un pays essentiellement plat, beaucoup voyaient dans ce Mondial émirati une occasion rare de renouer avec l'arc-en-ciel. Car depuis le sacre de Peter Sagan en Norvège en 2017, sur un parcours taillé pour les grosses cuisses, les arrivées massives se sont faites discrètes aux championnats du monde.
Van Den Abeele met les choses au clair
Les craintes peuvent désormais être rangées au placard. Dimanche, au micro de Sporza, Peter Van Den Abeele, directeur des sports de l'Union cycliste internationale, a coupé court aux spéculations à l'issue de l'UAE Tour, qui a vu Remco Evenepoel terminer à la 10e place du classement général. "Ce sera clairement un Mondial pour les sprinteurs", a-t-il assuré.
Le message est limpide et s'inscrit dans une volonté politique assumée. "C'est le souhait du président David Lappartient d'en faire un festival de sprinteurs. Cela fait déjà un long moment qu'il n'y a plus eu de Mondial pour eux", a précisé le dirigeant belge. Autrement dit, l'UCI veut rééquilibrer la balance après plusieurs éditions favorables aux puncheurs et grimpeurs.
Quant à la fameuse montagne sortie de terre sur l'île d'Hudayriyat, elle relèverait davantage de l'attraction touristique que du juge de paix sportif. "Il y aura peut-être une côte de 100 mètres sur le parcours, mais pas davantage. Le Mondial plat arrive et les sprinteurs peuvent dormir sur leurs deux oreilles", a encore insisté Van Den Abeele, qui précise que le parcours définitif sera dévoilé à la fin de l'année 2026.
Un signal fort, alors que les tracés à venir semblent encore promis aux hommes forts. Le parcours de Montréal cette année et celui de Sallanches en Haute-Savoie en 2027 offrent, sur le papier, un terrain idéal à Pogacar, sacré à Zurich puis à Kigali. Avant cela, en 2028, le vent du désert pourrait bien remettre les trains de sprinteurs au centre du jeu et offrir enfin aux finisseurs une chance en or de reconquérir le maillot arc-en-ciel.
