Arnaud De Lie, impuissant et à nouveau en dehors du coup à Nokere : "Il y a un problème et il faut en trouver la raison"
Totalement hors du coup à Nokere, Arnaud De Lie (69e) vit une nouvelle période compliquée. Mais il sera bien au départ du GP Denain, ce jeudi.

- Publié le 19-03-2025 à 18h55
- Mis à jour le 19-03-2025 à 19h36
Il était venu pour avoir des réponses et prendre de la confiance. Il est reparti de Nokere avec encore plus d'incertitude et de questions dans sa tête. L'Arnaud De Lie qui a terminé 69e d'une Nokere Koerse, à plus de deux minutes et demie du vainqueur Nils Eekhoff (Team Picnic PostNL), n'est pas la version habituelle du Taureau de Lescheret. Tout le monde l'a vu.
À l'entame de la partie décisive de la course, il a répondu une fois aux accélérations de Philipsen, en allant loin dans l'effort. Mais il ne s'en est jamais remis, ne trouvant pas de second souffle. Et par la suite, il a tenté tant bien que mal de s'accrocher avant de carrément lâcher le groupe principal dans le dernier tour. On a même vu son équipier Victor Vaneeckhoutte donner une… poussée dans le dos son leader à 12 bornes de l'arrivée, avant que l'Ardennais ne lâche prise. À ce moment, son visage laissait transparaître un rictus de douleur intense.
Une douleur à une côte gênante : "Il a dit de changer les plans"
"À deux tours de l'arrivée, Arnaud disait déjà qu'il ne se sentait pas bien et qu'il avait une douleur au niveau d'une côte, expliquait Arjen Livyns après la ligne d'arrivée. Une douleur qui pourrait être due à une cage thoracique qui s'est contractée suite à une débauche d'énergie un peu trop intense pour garder la roue des meilleurs. Et sur le pavé, ce genre d'inconfort ne pardonne pas. Je ne pense pas que ça soit trop grave mais Arnaud était gêné."
"Cela n'allait pas trop mal jusqu'au moment où Arnaud nous a fait savoir qu'il n'était pas bien et qu'il fallait changer les plans, confirmait Sébastien Grignard. Il est venu à mes côtés pour me le dire, avant de l'expliquer à la radio. Il a dit qu'il fallait changer de stratégie." Et les cartes de Milan Menten (5e) et Arjen Livyns (13e), présents à la base pour "aider Arnaud", ont finalement été jouées, sans succès.
Un parallèle évident avec 2024 : des examens complémentaires prévus
On le perçoit aisément : la condition actuelle d'Arnaud De Lie est dans beaucoup de têtes, chez Lotto. "Il faut trouver la raison des problèmes, ne cachait pas Sébastien Grignard. Arnaud ne vit pas une période facile car un champion veut toujours gagner. Et quand il n'est pas capable de faire sa course, ce n'est pas chouette."
Du côté de la direction sportive, on essaie de rester sereins, même si la situation rappelle forcément ce qui s'est passé en 2024. L'issue sera-t-elle la même qu'il y a douze mois, avec l'annonce d'un printemps avorté suivi d'une période de repos ? L'hypothèse ne doit pas être écartée mais ce jeudi, Arnaud De Lie sera bien présent au départ du GP Denain. "Il a envie de courir", précise-t-on au sein de la formation belge. Mais c'est peut-être aussi une prise de risque, car vivre une deuxième journée galère en deux jours serait peut-être le meilleur moyen de tuer totalement la confiance du Belge. D'autant que des examens médicaux pour étudier (entre autres) les possibilités d'une réinfection de la maladie de Lyme qui l'a touché en 2024 et qui peut avoir des effets chroniques, sont prévus.
Je ne me suis pas senti bien à l'entraînement.
Dans l'état actuel des choses, la version officielle est un problème de forme. "Il n'a pas encore retrouvé son deuxième jump", dit-on. Même s'il n'a pas souhaité s'exprimer après la course (il avait la mine des mauvais jours), Arnaud De Lie avait lui-même admis au départ qu'il ne s'était "pas très bien senti à l'entraînement" et qu'il "cherchait un peu sa forme." "Mais la course est le meilleur moyen de la retrouver", avait-il ajouté. C'est un euphémisme d'écrire que cela n'a pas été le cas. En ce moment, le coureur qui vient de fêter son anniversaire, dimanche dernier, semble bien impuissant. "Il ne faut pas oublier qu'Arnaud a seulement 23 ans et qu'il a encore du temps devant lui… Donc il faut prendre le temps de régler les choses", indiquait le toujours lucide Grignard. Cela passera forcément par une victoire. Ou par une prise de recul, pour mieux rebondir, il l'espère.