Thibau Nys : "Petit, je me promenais avec le maillot vert, comme Boonen"
À 22 ans, Thibau Nys va participer à la course de ses rêves. Avec enthousiasme, ambition mais aussi un peu d'incertitude.

- Publié le 03-07-2025 à 16h27

Sur la belle terrasse de l'hôtel Mercure à deux pas de l'aéroport de Lille, il se distingue par le relâchement de celui qui a déjà roulé sa bosse. Ce n'est pourtant qu'une impression, puisque Thibau Nys (22 ans) va seulement découvrir le Tour de France. "Je ne peux pas dire que je me sens particulièrement nerveux parce que je ne suis arrivé qu'hier soir (NdlR : mercredi, donc), dit-il avec une égale facilité en néerlandais et en anglais. Mais il est certain que l'adrénaline va monter."
C'est que le Tour de France a toujours été un rêve pour le jeune puncheur de l'équipe Lidl-Trek. "Petit, je me promenais avec le maillot vert, comme Tom Boonen, et je portais un casque, beaucoup trop grand, de mon père. Je ne me souviens pas du tout comment je me suis retrouvé avec ce pull, mais je le mettais tout le temps. Je ne voulais rien rater de la Grande Boucle. Je l'ai toujours regardée avec des grands yeux émerveillés. Mais jamais, je n'aurais imaginé que j'y participerais un jour. Pour moi, mon sport, c'était le cyclo-cross."
Deux étapes qui pourraient me convenir ? Les 6e et 7e."
S'il fait partie de l'armada sous pavillon américain, c'est parce que Nys a des arguments à faire valoir. Il peut faire parler son explosivité sur les pentes raides et courtes. Il avoue d'ailleurs avoir cerclé de rouge deux étapes : "Les 6e et 7e". Du moins s'il parvient à ôter cette légère incertitude née de son abandon au Tour de Belgique pour cause de maladie. "J'étais vraiment très bien quand je suis tombé malade. Depuis, j'ai perdu quelques pour cent de confiance en moi. Aujourd'hui, je me vois mal demander aux équipiers de rouler à bloc pour moi parce que je me sens capable de gagner. Il faut d'abord que je revienne à mon tout meilleur niveau." Quand on lui fait remarquer qu'il tient un discours teinté d'un peu trop défaitisme, il répond, sans se vexer : "Non, je suis réaliste. Je ne sais pas trop où j'en suis."
Même s'il n'a pas encore effacé cette part de doute qui l'anime, il a surtout "hâte de passer aux choses sérieuses". Et de disputer "la plus grande course de l'année", ce que son père n'a jamais pu faire. "Pour lui aussi, toute cette effervescence des dernières semaines était nouvelle. Mais il me conseille quand même, surtout sur l'aspect mental, comment rester calme et relativiser."
Mais même s'il va à peine découvrir une toute nouvelle aventure du haut de ses 22 ans, Nys ne semble pas plus perturbé que ça. Vous pouvez compter sur lui pour garder les pieds sur terre.
