Malgré la période difficile que traverse son équipe, Patrick Lefevere a accepté d’être l’invité du troisième numéro de notre podcast "Radio Peloton". Le manager de Quick-Step Alpha Vinyl n’a éludé aucun sujet. Voici quelques morceaux choisis.

Les classiques flandriennes

"À Paris-Roubaix, j’espérais en avoir fini avec la malchance mais ce ne fut pas le cas. Nous avions très bien débuté l’Enfer du Nord en plaçant six coureurs dans le groupe de tête avec les Ineos. Malheureusement, on n’a de nouveau pas été vernis. Kasper Asgreen a été victime d’une très lourde chute. Davide Ballerini a crevé deux fois au moment où il était devant avec Mohoric. Florian Sénéchal est tombé parce qu’un spectateur a touché son guidon. Puis, tout le monde a vu ce qui est survenu à Yves Lampaert. Je ne cherche pas d’excuses mais ça fait beaucoup pour une équipe. Mais van Baarle et tous les Ineos étaient intouchables. Ils sont sur un nuage. C’est un sentiment que nous avons déjà connu. Ce serait prétentieux de dire que Lampaert aurait pu gagner mais il pouvait revendiquer un top 3. Je suis le premier à reconnaître que, d’une manière générale, notre printemps n’est pas une grande réussite. Mais nous avons des excuses. Il y a beaucoup de malades. Dries Devenyns, le bras droit habituel de Julian Alaphilippe sur les classiques wallonnes, a le Covid, à son tour."

Le futur de Remco Evenepoel

"Remco n’a jamais que 22 ans. Ce qu’il a réussi au Tour du Pays basque est très prometteur. On veut lui donner jusqu’à 25 ans pour voir s’il peut jouer la gagne sur les grands tours. Je pense qu’à la Flèche wallonne, il pourra provoquer des échappées mais ce sera à Julian de conclure. À la Doyenne, en revanche, ils partiront tous les deux sur un pied d’égalité parce que cette course correspond plus aux qualités de Remco. En tout cas, il effectue des progrès sur les pentes les plus raides. Il est également meilleur dans les descentes. Il a suivi les conseils d’équipiers plus expérimentés. Sa Flèche brabançonne ? Il a essayé de rouler sur le bas-côté mais ça glissait trop. Et sa pédale a touché le trottoir. Du coup, il a préféré rouler sur le haut du pavé mais ça lui a coûté beaucoup d’énergie… Il a des faiblesses tactiques et techniques ? Si un homme n’a pas de faiblesse, c’est Dieu. Quand je vois où est Remco aujourd’hui, je ne vois aucune raison de paniquer ni de lui mettre trop de pression."

Quid de Julian Alaphilippe ?

"Julian va mieux. Sa chute, mercredi passé à la Flèche brabançonne, était plus spectaculaire qu’autre chose. Comme vous, je suis curieux de voir comment il va se comporter dans les deux courses wallonnes. Il sait très bien vivre pour un objectif. J’attends de Julian qu’il gagne plus qu’une semaine sur l’année."

Le prochain mercato

"Nos résultats lors des classiques flandriennes auront un impact sur notre mercato, même si j’ai très peu de coureurs en fin de contrat. J’ai aussi envie d’avoir de nouveau un vrai sprinter belge dans nos rangs. Je sais que Merlier sera libre à la fin de la saison…"