Remco Evenepoel après son 3e titre de Sportif de l'année : "J'irai au Tour de France pour un top 5"
Sportif belge de l'année pour la 3e fois, Remco Evenepoel a déjà l'esprit tourné vers 2024 et la Grande Boucle.

- Publié le 10-12-2023 à 21h52
Tête d'affiche d'une cérémonie historique qui a vu le cyclisme décrocher trois des six récompenses en jeu – Kopecky et Segaert ont aussi gagné un prix -, Remco Evenepoel fait un beau Sportif de l'année. À 23 ans, celui qui a gagné La Doyenne pour la deuxième fois, avant de devenir champion de Belgique sur route et de se vêtir de la tunique arc-en-ciel à l'issue du chrono de Glasgow, a, donc, été désigné lauréat d'une distinction qui lui tient à cœur. Comme en 2019 et 2022. Il a tenu à être présent dans le Skyhall de l'aéroport de Zaventem avant de rejoindre ses équipiers en Espagne en début de semaine. Ça tombait bien car il avait des choses à dire.
Battre le record d'Eddy Merckx peut devenir un objectif."
Remco, avec trois titres de Sportif belge de l'année, vous rejoignez Philippe Gilbert, Tom Boonen et Fred Deburghgraeve. Et vous n'êtes plus qu'à deux longueurs de Stefan Everts et trois d'Eddy Merckx…
"C'est pas mal, hein ! (il sourit) Me retrouver à la hauteur de champions comme Phil et Boonen, c'est fort. Je me dis que comme il reste, en principe, encore douze ou treize ans dans le peloton, battre le record d'Eddy Merckx peut devenir un objectif."
Où situez-vous ce trophée par rapport à celui de l'an dernier ?
"Un peu en dessous parce qu'en 2022, j'ai réussi une année exceptionnelle. Peut-être que je n'en connaîtrai plus jamais une aussi belle. Mais ce trophée est aussi celui de mes proches. Ils m'ont permis de garder la tête froide quand je voulais descendre du vélo. Il y a eu des moments très difficiles, trop de hauts et de bas. Et être lauréat devant deux autres champions du monde (NdlR : le joueur de snooker Luca Brecel et le patineur de vitesse Bart Swings) donne beaucoup de valeur à cette récompense."
Qu'avez-vous appris de cette année que vous dites difficile ?
"J'ai appris à mieux me connaître encore et à être plus fort mentalement. J'ai dû me relever de coups durs dont je me serais bien passé, comme le Covid qui m'a poussé à abandonner le Giro alors que j'étais en tête, ou tout le feuilleton entre mon papa et Patrick (Lefevere) en marge des Mondiaux. Parfois, j'ai dû rouler avec la tête, plus qu'avec les jambes. J'espère vivre une saison 2024 plus calme."
Justement, quels seront vos grands objectifs ?
"Je veux réussir le triplé à Liège-Bastogne-Liège. Puis, il y aura le Tour de France, que je vais découvrir, et les Jeux olympiques. Sans oublier les championnats du monde. Ce sera un mois de juillet très important, peut-être le plus important de ma carrière."
Vous découvrirez le Tour de France mais on vous imagine mal ne pas prendre le départ avec certaines ambitions…
"C'est évident que j'irai au Tour pour faire quelque chose. J'aimerais le finir dans le top 5 avec une victoire d'étape, comme ça je me serai déjà imposé sur les trois grands tours. En principe, Tadej Pogacar, Jonas Vingegaard et Primoz Roglic sont au-dessus du lot. Je suis réaliste mais si je peux en laisser un derrière moi pour ma première participation, ce serait grandiose."
Mon but est de ramener deux médailles des JO de Paris."
Une semaine après l'arrivée du Tour débuteront les Jeux. On vous sait très attaché à cet événement.
"Oui. Mon but est de ramener deux médailles de Paris (NdlR : lors de la course en ligne et le chrono). Je sais comment les aborder et je ne commettrai pas les mêmes erreurs qu'à Tokyo où j'étais trop stressé, ce qui m'avait coûté beaucoup d'énergie."
En parlant des Jeux, il n'y aura que quatre places au sein de l'équipe belge pour la course en ligne. En principe, les deux premières sont pour Wout van Aert et vous. Qui voyez-vous pour compléter le quatuor ?
"Si Arnaud De Lie est dans la même forme que cette année, voire plus fort encore, j'aimerais l'avoir avec moi. Le parcours sera un peu plus dur que ce que l'on connaît en Flandres mais moins exigeant que lors des classiques ardennaises. Je pense que c'est parfait pour Arnaud. Après, il nous faudra un quatrième gars pour faire le rôle d'équipier, même si l'on sait que la course olympique est très difficile à contrôler. Il n'y aura que 80 ou 90 coureurs au départ et ça partira dans tous les sens. Bref, ça roulera un peu comme en juniors. J'adore ça."