Que sont-ils devenus?: Frédéric Peiremans
- Publié le 05-01-2004 à 05h00

Une carrière fulgurante placée sous le signe des deux Sporting. Carolo d'adoption mais Anderlechtois de... coeur
NALINNES Voici maintenant deux ans, Frédéric Peiremans prenait la plus grave décision de sa carrière. Contraint et forcé à stopper les frais à cause d'une lancinante douleur au niveau des quadriceps, le Nivellois - à vingt-huit ans à peine - devait tourner le dos au sport de haut niveau alors que les perspectives les plus roses s'ouvraient à lui.
Affilié à La Forestoise à sept ans, Frédéric signait cependant très vite sa première carte d'affiliation au Sporting Anderlecht. Le début d'une irrésistible ascension pour ce joueur de caractère, seul élément de sa génération à toucher au Graal. Pour Peiremans, les portes de l'équipe première s'ouvraient, en effet, au Pairay, à Seraing, sous la houlette de Johan Boskamp: "Je ne garde que de bons souvenirs de cette période au Parc Astrid. J'y ai tout connu, à commencer par des titres et la Ligue des Champions, avec notamment mes deux seuls buts en Coupe d'Europe contre Salzbourg. Nous étions menés 0-2 à la pause sous les huées de nos supporters. En seconde période, nous nous sommes littéralement surpassés."
Des joies mais aussi des peines car, trop souvent aligné comme arrière latéral droit, Frédéric Peiremans vécut très mal le fait de ne pouvoir s'exprimer à son poste de prédilection - demi défensif - et il demanda donc à être prêté. Le choix se portera assez vite sur le Sporting Charleroi: "Malgré deux opérations au genou, j'y ai quand même disputé vingt-quatre rencontres. Au Mambourg, il est clair que je ne pouvais prétendre jouer le haut du tableau comme ce fut toujours le cas avec Anderlecht. J'ai cependant connu chez les Zèbres une ambiance formidable et j'ai, surtout, eu le privilège de travailler avec deux personnes de qualité : Robert Waseige et Michel Bertinchamps."
Sur le chemin du retour à Anderlecht, Frédéric Peiremans vit cependant sa carrière subir un sérieux coup d'accélérateur quand le FC Twente - tuyauté par De Witte et Van de Paar, anciens équipiers de Frédéric en équipes d'âge chez les Mauves - insista pour s'attacher ses services.
Ce fut finalement muni d'un contrat de quatre ans que le Nivellois prit la route d'Enschede où il livra sans doute la meilleure campagne de sa carrière.
Mais le 19 mars 2000, le drame se produisit. Alors que Twente menait 0-1 à l'ArenA face à l'Ajax, Frédéric Peiremans tenta un tacle qui lui minera l'existence durant près de dix-huit mois. Bursite et désinsertion du tendon : le diagnostic, au départ relativement clément, se révéla dramatique par la suite.
À Sociedad sans jouer
Cette blessure ne compromit, dans un premier temps, en rien la suite du parcours de Peiremans qui obtint même un transfert très intéressant à la Real Sociedad: "Lorsque je me suis rendu en Espagne afin de passer les tests habituels, j'ai prévenu la direction basque de mes problèmes physiques. Mais l'entraîneur Clemente tenait vraiment à ma venue et comme tout le monde, moi le premier, pensait qu'il s'agissait d'une blessure bénigne, la transaction s'est réalisée."
Pourtant, après un seul entraînement, la douleur empêcha Frédéric de poursuivre toute activité sportive à Saint-Sébastien: "Après avoir sué sang et eau à Cap-Breton afin d'éviter de passer sur le billard, je devais me résoudre à l'évidence. Le 28 septembre 2000, à Barcelone, je subissais une opération qui allait me rendre espoir car, six mois plus tard, je disputais quelques rencontres amicales contre Toulouse, Bordeaux et Osasuna. Mais lors d'un match avec l'équipe B de la Real Sociedad, en voulant effectuer une simple passe latérale, je me blessais à nouveau."
Après avoir fait le tour des hôpitaux et des spécialistes, Frédéric Peiremans se résignait, à vingt-huit ans, à raccrocher les chaussures au clou. Définitivement...
| "C'est encore un peu tôt..." Frédéric Peiremans ne parvient pas à suivre un match d'Anderlecht depuis les tribunes |
NALINNES Installé depuis quelque temps dans la banlieue carolorégienne, Frédéric Peiremans ne vit pas, à trente ans, avec son passé de footballeur. Cependant, et même s'il possède un abonnement au stade Constant Vanden Stock, l'ex-Anderlechtois - il y a joué pendant plus de quinze saisons - n'arrive toujours pas à s'installer dans les tribunes pour suivre une rencontre du Sporting bruxellois.
"C'est encore un peu tôt pour moi, cela me ferait du mal d'y retourner. Je préfère aller voir jouer mon frère Axel à Couvin-Mariembourg ou suivre les matches d'Anderlecht à la télévision", assure celui qui se repasse, à l'occasion, l'une ou l'autre cassette des matches qui l'ont vu briller.
"J'ai aussi conservé pas mal de coupures de presse de l'époque, continue le Nivellois d'origine. Des maillots échangés ici et là me permettent également de faire défiler les images d'une carrière que je qualifierai d'honnête. J'ai, malgré mes avatars, connu de grands moments comme mes quatre prestations sous la vareuse des Diables Rouges. Je me souviens notamment de ce match contre la France au terme duquel j'avais été élu meilleur joueur belge de la partie."
De ce passé riche, Frédéric en extrait les meilleurs moments afin de les transmettre aux générations futures qu'il s'évertue à former. À Anderlecht, évidemment: "Après avoir eu en charge les moins de 14 ans, j'entraîne désormais les moins de 12 ans. Ce groupe est réellement phénoménal car chaque garçon écoute attentivement mes conseils. Ils savent tous que j'ai été footballeur professionnel et leur soif d'apprendre fait plaisir à voir. Nous revenons d'un tournoi de trois jours à Hyères, dans le sud de la France, où mes jeunes pousses ont pu côtoyer des équipes de grande valeur comme Nice, Monaco ou le Borussia Dortmund. Nous avons remporté tous ces duels, ne nous inclinant en finale que face à Boca Juniors."
Comme quoi Anderlecht produit toujours des jeunes de talent. À l'instar de Vincent Kompany, de Walter Baseggio ou, quelques années avant eux, de Frédéric Peiremans...
Ses stats
Né à Nivelles, le 3 septembre 1973
Première affiliation: le 3 septembre 1981 (le jour de ses 8 ans !) au CS La Forestoise
Premier transfert: à Anderlecht, en juin 1983, pour trois saisons mais ce transfert devient définitif dès juin 1984
Premier match en D 1: le 18 septembre 1994 à Eendracht Alost-Anderlecht (3-6). Remplace Johny Bosman à la 82e
Premiers buts en D 1 : le 21-10-95 à Anderlecht-La Gantoise (3-0). Inscrit deux des trois buts des Mauves.
Carrière pro
94-95 Anderlecht 10 match, 0 but95-96 Anderlecht 20 matches, 3 buts96-97 Anderlecht 18 matches, 1 but97-98 Anderlecht 21 matches, 0 but98-99 Charleroi 24 matches, 1 but99-00 FC Twente (P-B) 23 matches, 5 buts00-01 Real Sociedad (Esp) 0 match, 0 but
Palmarès
Champion de Belgique en 1995
Vice-champion de Belgique en 1996
Carrière internationale
4 capes (11 sélections) en équipe Espoirs3 capes (4 sélections), en équipe nationaleA, tous en 19961re cape, le 27 mars, lors de Belgique-France (0-2)
Carrière européenne
14 matches, 2 buts, avec Anderlecht
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