"Quand je vais trop vite, je me prends un coup de Rooney"
- Publié le 08-01-2011 à 14h01

Ritchie De Laet est de retour à Manchester United après son prêt écourté par Alex Ferguson
MANCHESTER Même pour Manchester United, la FA Cup pourtant mythique est devenue moins importante que la Premier League et la Ligue des Champions beaucoup plus lucratives. Mais quand un duel contre le grand ennemi de Liverpool est au programme – comme ce dimanche à 14h30 – les Mancuniens ne laissent rien au hasard. Et donc, Ritchie De Laet, notre Belge de 22 ans, ne doit pas compter sur une place dans le onze de base ni dans le noyau.
Néanmoins, nous sommes allés lui rendre visite cette semaine. Même si l'ex-arrière gauche (ou droit) de l'Antwerp n'a pas encore joué un seul match officiel en équipe A cette saison, il est le joueur belge qui est le plus entouré par des stars. Nous n'avons pas pu l'accompagner dans le centre d'entraînement de MU à Carrington, mais le joueur au numéro 30 nous a reçus dans sa jolie petite maison à Worster, à une dizaine de kilomètres d'Old Trafford.
Voici ses anecdotes personnelles les plus succulentes.
Tout d'abord : Sir Alex Ferguson vous a rappelé à Manchester United, alors que votre prêt à Preston n'était pas terminé.
"En effet. D'un côté, j'aurais voulu rester jusqu'au terme de ma période de prêt. Il ne nous restait plus que cinq jours – j'étais là avec Joshua King et Matty James – et je n'avais plus que deux matches à jouer. D'un autre côté, c'est le Boss qui décide."
Le limogeage de son fils, Darren, qui y était entraîneur, en serait la raison. Ferguson était tellement fâché qu'il a rappelé ses joueurs.
"C'est la déduction que les gens ont faite. Ce n'est pas ainsi qu'il me l'a expliqué. Il dit que le club n'a pas d'entraîneur pour le moment, et qu'il préfère que je m'entraîne à United, dans une atmosphère saine, au lieu de rester à Preston, où c'est le chaos."
Preston est dernier en Premiership, la D2 anglaise.
"Oui, mais ce n'est pas ce qui compte. C'est un peu cru à dire, mais un joueur prêté pour un mois ou deux doit surtout penser à lui. J'avais besoin de temps de jeu, et j'en ai eu. D'abord à Sheffield United, puis à Preston. Chaque semaine, j'y ai rencontré des attaquants d'1,90 m qui sont trois fois plus larges que moi. Le niveau de jeu est moins élevé qu'en Premier League, mais c'est plus difficile pour un défenseur. On n'a pas le temps de contrôler un ballon : dans la seconde, il y a une armoire à glace qui vient vous mettre la pression. C'est l'ancien kick-and-rush qu'on pratique à ce niveau."
On se rappelle que vous jouiez au ping-pong contre Cristiano Ronaldo. Avez-vous d'autres anecdotes ?
"Il y en a plusieurs, mais cela commence à être une habitude. Cela fait trois ans et demi que je suis ici. Au début, je devais me pincer le bras pour être sûr que je ne rêvais pas. Maintenant, je suis l'un d'eux. Je suis allé pendant trois semaines aux Etats-Unis en stage avec le noyau A, et je me suis entraîné pendant les premiers mois avec les vedettes. Lors de mon retour, la semaine passée, ils m'ont tous demandé comment cela s'était passé. Allez, de qui voulez-vous savoir quelque chose ?"
Commençons par Van der Sar.
"Il a souvent des entraînements individuels, mais on se côtoie dans la salle de musculation. Quand on fait du vélo ensemble, c'est le moment de parler le néerlandais. On parle de tout : du foot, de l'équipe nationale, de ce qui s'est passé en Belgique ou aux Pays-Bas…"
Evra ?
"C'est mon principal concurrent à l'arrière gauche. Et quel concurrent ! Le groupe l'a longtemps charrié avec ce qui s'était passé avec la France au Mondial, mais lui, il était assez discret à ce sujet."
Rio Ferdinand ?
"Le défenseur qui me donne le plus de conseils. Pas toujours en de beaux termes – il utilise souvent des vilains mots – mais ce n'est pas grave. Parfois, je réplique : Hey, Rio, calme-toi. Mais je suis reconnaissant qu'il s'occupe de moi."
Ryan Giggs ?
"C'est le seul qui habite dans mon quartier. Les autres vivent de l'autre côté de la ville, près de l'aéroport. Parfois, quand il part au centre d'entraînement, je le vois passer en voiture. Il est super-sympa – c'est lui qui fait le plus de blagues – mais je ne le dérange pas hors du foot. À l'entraînement, il me dit toujours : Ferme tes jambes. Il m'a déjà fait quelques petits ponts…"
Berbatov ?
"C'est celui avec lequel j'ai le moins de contact. Il est très tacite, et ne parle dans sa langue qu'avec Vidic."
La star, Rooney ?
"C'est un gars comme un autre. Il n'aime pas, par exemple, qu'un jeune comme moi sois plus rapide que lui. Quand je le lâche balle au pied, il me donne régulièrement un coup de pied par derrière. Ma réaction ? Je rigole. Que voulez-vous que je fasse ? Je ne vais quand même pas l'engueuler ? C'est Rooney !"
Et Nani, qui a sauvé United contre Stoke ?
"Au sprint, on se vaut. Quand le ballon se trouve à mi-chemin entre nous deux à l'entraînement, on se lance un regard en se disant : Qui sera le premier au ballon ? Techniquement, il est évidemment beaucoup plus fort que moi. Quand il est en forme, comme maintenant, il se régale dans le rectangle adverse. Balle au pied, il est aussi adroit que Cristiano Ronaldo."
Ronaldo, ne manque-t-il pas au club ?
"Au début, son départ était un choc. Quand on marque 31 buts par saison en Premier League, on ne se fait pas oublier en un clin d'œil. S'il avait mis ses 31 buts la saison passée, plus les 26 de Rooney, on aurait survolé toute la concurrence…"
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