Les questions de l'année sportive 2023 (1/7) : les Diables, Eden, le Standard et Anderlecht, 8 interrogations qui auront une réponse cette année
Pas de Coupe du monde et pas d'Euro, mais l'année 2023 sera riche en enseignements pour le football belge, à plusieurs niveaux. Et on se réjouit déjà d'avoir ces 8 réponses.

- Publié le 02-01-2023 à 06h27
- Mis à jour le 04-01-2023 à 11h40

1 Qui succédera à Roberto Martinez chez les Diables ?
C'est l'une des premières réponses qu'on aura cette année. À la fédération, on a l'espoir de désigner le successeur de Roberto Martinez d'ici la fin du mois de janvier. Les candidatures doivent être envoyées au plus tard pour le 10 puis la Task Force mise en place, avec l'influent Bart Verhaeghe à sa tête, tranchera.
La tendance est de trouver un entraîneur étranger (les rares Belges qui pourraient convenir ne sont pas intéressés, privilégiant une carrière au club actuellement). Pas un technicien du top absolu. Parce qu'il coûterait trop cher et parce qu'il serait difficile de le convaincre de venir. La nouvelle génération des Diables est prometteuse, mais pas assez pour donner envie à un "géant" de relever le défi.
L'idéal serait de dégoter un entraîneur qui a déjà des références sur la scène internationale, mais qui connaît un léger creux dans sa carrière. Ou qui a envie de sortir du rythme fou d'un club pour celui, moins exigeant, d'une équipe nationale.
Des noms comme Andre Villas Boas (qui n'est pas certain de vouloir se replonger dans le coaching) ou Rafael Benitez, tous les deux libres, ont déjà été cités dans les coulisses de la fédération, mais rien n'a encore été décidé en haut lieu. Plusieurs candidatures ont déjà été reçues, comme celle d'Hervé Renard, le sélectionneur de l'Arabie saoudite. La prochaine échéance, ce n'est que fin mars pour le début des qualifications à l'Euro 2024 en Suède.
2 Où rebondira Eden Hazard ?
Le débat passionne la Belgique depuis des mois. Mais la récente retraite internationale d'Eden Hazard risque d'enlever de la pression extérieure. Le futur proche du désormais ex-capitaine des Diables n'aura plus d'incidence sur le niveau de l'équipe nationale, uniquement sur le sien.
Mais l'avenir du Brainois fera encore beaucoup parler quand même. À 32 ans (il les fêtera ce 7 janvier), Hazard a-t-il encore une chance de réussir dans le club de ses rêves ou doit-il quitter le Real Madrid au plus vite ? Ceux qui croient encore à la première option sont très rares. Sauf miracle, c'est loin de la capitale espagnole qu'il devra montrer qu'il n'est pas un joueur fini.
Un départ pendant le mercato hivernal est quasiment exclu. Il ne souhaite pas trop perturber la scolarité de ses enfants, au beau milieu de l'année. Il faudra sans doute attendre le mois de juin pour connaître sa future destination.
La MLS revient souvent. Hazard adore les États-Unis et il s'offrirait un joli cadre de vie pour terminer sa carrière calmement. Mais l'ego du champion pourrait-il le convaincre de rester en Europe ? Histoire de prouver qu'il a encore de belles choses à montrer à haut niveau ? Et, qui sait, lui donner l'envie d'un jour revenir chez les Diables, comme certains en rêvent déjà.

3 Michel Preud'homme aura-t-il enfin un successeur ?
On aura la réponse le 25 janvier. Simon Mignolet remportera-t-il le Soulier d'or, devenant le premier gardien à inscrire son nom au palmarès depuis Michel Preud'homme en… 1989 (les portiers Jean-Marie Pfaff, Christian Piot et Jean Nicolay ont aussi gagné le plus prestigieux trophée individuel) ?
Les chances du Brugeois sont grandes. Au premier tour de vote (entre janvier et juin 2022), il risque d'écraser la concurrence grâce à ses playoffs stratosphériques. Sans lui, c'est probablement l'Union qui aurait remporté le titre de champion. Le timing était en plus idéal : le bulletin a été envoyé aux votants pile après ses plus beaux exploits.
Au second tour (entre juillet et décembre 2022), les votes seront plus partagés, notamment pour récompenser le premier tour quasi parfait de Genk (le tenant du titre Paul Onuachu prendra pas mal de points, Mike Trésor aussi) et la belle confirmation de l'Union version Karel Geraerts (avec Teddy Teuma comme principal récupérateur des votes). Mais Mignolet sera aussi dans la course grâce à ses prestations en Ligue des champions, notamment son match dingue sur la pelouse de l'Atlético Madrid.
La combinaison des deux tours a de grandes chances de lui offrir le Soulier d'or, trente-trois ans après MPH qui avait devancé Marc Emmers, son équipier à Malines, et Marc Degryse (Bruges) en 1989.
4 Anderlecht peut-il manquer l'Europe ?
Le club le plus titré du Royaume a terminé l'année en haut de la colonne de droite en Pro League, à la 11e place, juste après son élimination en huitièmes de finale de la Coupe de Belgique. Les champions playoffs, qui assurent quasi d'une place européenne, sont à onze unités, à seize journées de la fin. Et ne parlons même pas de la première place. Enfin si : le leader genkois compte pile le double des points. En marquant 19 buts de plus.
La seconde partie de la saison des Mauves, sous les ordres de leur nouveau coach Brian Riemer et avec l'espoir d'un mercato hivernal productif, doit être une course à l'Europe. Dans le meilleur des cas. Car, à ce rythme, le Sporting pourrait aussi vite être écarté du sprint et condamné à juste assurer son maintien…
Pour le RSCA, il y a aussi une autre façon de ne pas rater l'Europe pour la troisième fois en cinq saisons : remporter la Conference League. Au prochain tour, contre les Bulgares de Ludogorets, l'espoir de passer existe, mais il reste encore des clubs comme West Ham, Villarreal, la Fiorentina et la Lazio dans la compétition. Bref, 2023 peut faire peur au Parc Astrid.
5 Le Standard rejouera-t-il les playoffs ?
La saison passée, le Standard a raté les playoffs pour la première fois de son histoire, après une saison catastrophique marquée par la vente du club. L'arrivée des Américains a apporté de la stabilité et les Liégeois ont réussi un premier tour assez correct.
Suffisamment pour regarder vers le haut et encore viser une place en playoffs 1. Ce qui assurerait quasi un ticket européen à la fin d'une saison où la Coupe de Belgique ne pourra plus servir de consolation. La quatrième place du Club Brugeois n'est qu'à cinq points.
Mais le Standard, qui n'a pas brillé par sa régularité dans ce premier tour, ne compte aussi que trois unités de plus que le neuvième, la première place sans playoffs. La densité de clubs dans cette partie du classement est impressionnante et il faudra sans doute se battre jusqu'au bout.
Un long sprint que les Rouches devront faire sans deux de leurs meilleurs joueurs : Selim Amallah et Nicolas Raskin. Un choix de la direction après l'échec des négociations de contrat. Ronny Deila espère recevoir quelque chose en compensation lors du mercato. Sans cela, il est conscient que la lutte ne sera pas simple.
6 Bruges peut-il atteindre les quarts de la C1 ?
Le format de la compétition a beaucoup changé, avec parfois des formules alambiquées où une phase de poules servait de quarts de finale au milieu des années nonante, mais on peut quand même affirmer une chose : avoir un club belge dans un véritable quart de finale de C1 n'est plus arrivé depuis la saison 1989-1990.
Cette saison-là, Malines avait été éliminé par l'AC Milan en quarts après avoir sorti Rosenborg et Malmö dans une formule à élimination directe uniquement. Le Club Bruges pourra-t-il effacer cette marque ? On le saura le 7 mars, après la manche retour du huitième de finale contre Benfica à Lisbonne.
Le tirage a été favorable, mais il offre quand même une opposition très forte face au leader du championnat portugais. Et surtout, la forme qui a permis au Club de performer dans sa poule de Ligue des champions semble loin. Avec un nouvel entraîneur, il faudra retrouver un sacré pic de forme pour être dans les huit meilleurs clubs européens de la saison et toute la Belgique croisera les doigts à la fin de l'hiver.
7 Charleroi aura-t-il un nouveau propriétaire ?
Le Sporting de Charleroi va-t-il sortir de l'ère Bayat, qui s'étire déjà depuis vingt-trois ans et l'arrivée d'Abbas avant la reprise par son neveu Mehdi ? Cette année 2023 devrait apporter des réponses parce que le club est arrivé à un carrefour.
Le RCSC est devenu un modèle de gestion en Belgique, même du côté flamand. Le club a grandi petit à petit, sans se mettre dans le rouge. Au point de s'offrir la perspective d'un nouveau stade ultramoderne.
Mais la concurrence étrangère, qui investit massivement en Pro League, a changé la donne. La croissance carolo est devenue plus compliquée face à des formations qui bénéficient d'argent frais assez facilement, pouvant venir concurrencer le Sporting sur son terrain. On peut penser à Louvain ou l'Union, par exemple.
La direction a donc décidé d'ouvrir son capital. Dans l'idéal, Mehdi Bayat aimerait trouver un investisseur qui permettrait à Charleroi de moins compter ses sous, mais qui laisserait aussi la gestion quotidienne à l'ancien président de la fédération. Le Texan William Foley (77 ans) fait déjà partie des candidats dans le cadre d'un investissement minoritaire, mais il n'est pas seul.
Il n'est pas impossible non plus qu'un nouveau propriétaire débarque. Si quelqu'un est intéressé par le rachat total du club en faisant une très grosse offre, Bayat pourrait accepter de s'effacer. Ce scénario est moins probable vu l'attrait relatif d'un club sans palmarès du championnat belge, mais il existe quand même.

8 Le RWDM va-t-il enfin retrouver l'élite ?
Ce n'est pas encore mathématique, mais c'est quasi assuré : le RWDM jouera les playoffs de montée cette saison dans la Challenger Pro League. Avec huit points d'avance sur le 7e à quatre journées de la fin de la phase classique, les Molenbeekois devraient pouvoir assurer le top 6 facilement.
Il restera alors 10 matchs, 10 finales pour tenter de remporter le titre en prenant l'unique ticket de montée vers la Pro League. Puisqu'il n'y a pas de division des points prévue en playoffs, le RWDM serait à une unité de la tête, si les positions étaient figées. Bref, il faudra compter avec les coalisés dans la course au titre, probablement avec le Beerschot et Beveren. Lommel (qui compte tout de même se renforcer en janvier) et le Lierse semblent un cran en dessous.
Si les Molenbeekois parvenaient à devancer tous les autres, ils retrouveraient l'élite vingt et un ans après, si on ne compte pas l'intermède FC Brussels (de 2004 à 2008 en D1) dans laquelle beaucoup de supporters ne se retrouvaient pas. Le football bruxellois compterait donc trois équipes sur seize au plus haut niveau. Un bel exploit.
La montée du RWDM serait aussi une excellente nouvelle pour le propriétaire américain, John Textor. Celui qui vient juste de racheter Lyon veut mettre en place un système à trois étages avec aussi son club brésilien, Botafogo. Ce qui serait plus simple avec un club en première division belge.
Dans la théorie, Botafogo serait chargé de dénicher des talents de moins de 23 ans partout en Amérique du Sud. Certains joueraient au Brésil, d'autres seraient envoyés au RWDM, dans une compétition où le nombre d'étrangers est quasi illimité. Puis la crème de la crème pourrait débarquer à Lyon, le club au sommet de la hiérarchie Textor.