Flashback sur Pays-Bas - Belgique (5-5) en 1999: "On aurait pu entendre voler une mouche"
Robert Waseige vivra un match de folie pour son baptême du feu à la tête des Diables. Coup d'œil dans le rétro.
- Publié le 09-11-2016 à 13h06
- Mis à jour le 09-11-2016 à 13h14

Robert Waseige vivra un match de folie pour son baptême du feu à la tête des Diables. De tous les derbies des plats pays, celui du 4 septembre 1999 disputé au Kuip de Rotterdam restera comme l'un des plus spectaculaires malgré son caractère amical entre deux nations qui allaient organiser conjointement l'Euro 2000 quelques mois plus tard.
Ce 5-5 au terme d'une partie résolument tournée vers l'offensive restera à jamais dans la mémoire de Robert Waseige, l'entraîneur fédéral de l'époque, qui, lors de ce court déplacement aux Pays-Bas, coachait pour la première fois les Diables Rouges suite au licenciement de Georges Leekens quelques jours plus tôt après une défaite 3-4 face à la Finlande en amical.
"Avant cette rencontre, je n'avais eu les joueurs à ma disposition que pendant trois ou quatre jours", se souvient l'ancien entraîneur du Standard, âgé, aujourd'hui, de 77 ans. "On retrouvait dans l'équipe des Pays-Bas une pléiade de stars : van der Sar dans les buts, les frères de Boer, Stam en défense, Kluivert en attaque. Que du lourd! Moi, je n'avais pas fait de bourrage de crâne à mes joueurs. On ne s'est pas torturé les méninges. Le délai entre ma nomination et le match ne me permettait pas cela. Chaque joueur de l'équipe belge évolua à sa meilleure place et j'ai demandé à mes hommes de pratiquer un football simple se basant sur des combinaisons précises. On n'avait pas mis en place un plan pour contrer les armes offensives néerlandaises."
Et bien avant que le festival de buts commence, Robert Waseige connut un moment d'immense joie lors des hymnes nationaux.
"Un premier match comme sélectionneur pour son pays, cela compte vraiment dans une vie. C'est un grand, très grand, moment de fierté. Et quand celui-ci se termine par une véritable éruption offensive avec un grand spectacle, que demander de plus ?"
Et malgré les 17 ans qui séparent ce match d'aujourd'hui, Robert Waseige n'est pas près d'oublier l'ambiance qui régnait au Kuip…
"À l'époque, les Pays-Bas appartenaient aux grandes nations européennes et leurs supporters ne s'attendaient pas à voir la Belgique mener 0-2 après une demi-heure de jeu. On aurait pu entendre voler une mouche dans le stade. Puis au fur et à mesure des retournements de situation, j'ai l'impression que les fans néerlandais se sont pris au jeu. Ils ont apprécié le spectacle et sont rentrés chez eux heureux."
Et malgré les deux buts de Branko Strupar qui disputait son deuxième match sous le maillot des Diables suite à sa naturalisation, Robert Waseige retient surtout la prestation de deux hommes…
"Émile Mpenza brisa la défense adverse avec ses appels en profondeur et ses déplacements. Et malgré son exclusion, Marc Wilmots livra une prestation à la Wilmots . Des litres de transpiration mis au service de l'équipe avec un football précis et bien pensé."
Et au moment de refermer le livre aux souvenirs, Robert Waseige ne peut s'empêcher d'évoquer son passage à la tête de l'équipe nationale qui s'était soldé par une injuste élimination en huitième de finale de la Coupe du Monde 2002 face au Brésil (2-0) : "Il y a eu des moments difficiles comme par exemple notre échec à l' Euro 2000 et le matraquage effectué sur ma personne par la presse néerlandophone. C'était bien pire que ce que Marc Wilmots a connu à la fin de son mandat. Mais ce que je retiens surtout, c'est la fierté d'avoir dirigé l'équipe nationale et le fait que, pendant trois ans, j'ai tout donné pour mon pays."
Edgar Davids et ses lunettes : une première

Face aux Diables Rouges, le milieu de terrain des Néerlandais, Edgar Davids, se fera remarquer de deux manières différentes.
Opéré en 1999 d'un glaucome (NdlR : une maladie de l'œil qui peut engendrer une déficience visuelle jusqu'à une cécité), le rugueux milieu de terrain se voit dès lors dans l'obligation de porter des lunettes protectrices s'il veut continuer sa carrière professionnelle. C'est contre les Diables qu'il disputera son premier match international avec ses lunettes de la marque Nike, qui a sauté sur l'occasion pour réaliser une belle opération de marketing.
L'ancien enfant prodige de l'Ajax inscrivit le deuxième but des Oranje sur une action digne de Maradona. Il dribbla Wilmots, Deflandre, Verheyen, Staelens et Vanderhaeghe avant de tromper tranquillement Fred Herpoel. Du grand art…

Goethals: "Comme c'était bon"
"Mes cheveux se sont hérissés à plusieurs reprises tellement c'était bon ! Marquer cinq buts contre les Pays-Bas au Kuip , vous imaginez un peu ! En plus, les Néerlandais jouaient avec le meilleur stopper au monde, Jaap Stam. On n'a pas vu l'entrejeu des Pays-Bas puisqu'ils jouaient avec quatre défenseurs et… six attaquants ! Émile Mpenza ? Il a emmerdé tout le monde dans l'axe et même sur les flancs tellement il s'est démené. Mais il faut rester les pieds sur terre. Il reste à trouver deux bons défenseurs dans l'axe et un joueur de grande taille dans le milieu. Quant au grand gardien de valeur internationale, il n'est pas né (NdlR: en fait si, puisque Thibaut Courtois avait déjà 7 ans à l'époque) !"