Avant OHL-Standard, Sofian Kiyine se confie sur son spectaculaire accident de voiture : "Je ne pense pas que je toucherai encore une goutte d'alcool"
Sofian Kiyine a défrayé la chronique en mars dernier après son spectaculaire accident de voiture, à Flémalle. Depuis lors, il est redevenu un footballeur normal.

- Publié le 29-09-2023 à 19h10
- Mis à jour le 29-09-2023 à 19h16

La vidéo de sa Mercedes catapultée dans les airs avant de s'écraser dans le hall omnisports de Flémalle avait fait le Tour du monde, fin mars. Mais six mois plus tard, Sofian Kiyine (25 ans) est redevenu un footballeur normal après avoir soigné son talon ouvert, sa vertèbre cassée et sa fracture de la main. Dans le cadre d'une interview accordée au Nieuwsblad, il est revenu sur cet accident qui a changé sa vie et qui l'a emmené au tribunal. Morceaux choisis.
L'accident en lui-même. "J'ai bu trois ou quatre verres de gin tonic au restaurant. Mais quand je suis sorti, je n'étais pas ivre, j'étais dans un état normal. Dans la voiture, je me suis senti mal puis je me suis évanoui. Et quand je me suis réveillé, j'étais à l'hôpital. Entre les deux, je n'ai aucun souvenir. Tout ce que je sais, c'est que j'étais fatigué des entraînements et que je sortais de cinq jours de Ramadan. Je roulais à 50 km/h quand j'ai perdu connaissance avec le pied sur l'accélérateur. Cela a fait accélérer et décoller la voiture. Quand j'ai vu la vidéo, cela a été un choc. J'essaie de ne pas la regarder et de ne plus en parler. Grâce à Dieu, aucun enfant n'était dans la salle de sport. Je vais d'ailleurs faire un don au club de basket de Flémalle pour qu'il puisse acheter du matériel supplémentaire."
Les jours qui ont suivi l'accident. "Mentalement, cela a été difficile. J'ai dû endurer des choses que je n'aurais pas dû subir. Il y a eu beaucoup de critiques sur les réseaux sociaux. J'ai également reçu des menaces. Certains, par leurs messages, me souhaitaient de mourir. Je n'y ai pas trop attaché d'importance mais ma famille a été touchée. On se moquait de ma sœur à l'école. Mes parents ont vécu une dépression. J'ai déçu ma famille. Mon père ne savait pas que je buvais de l'alcool. J'ai eu honte. Dans ma religion, on ne boit pas. Et je ne pense pas que je toucherai encore une goutte d'alcool de ma vie. Cet accident m'a tellement marqué que je préfère éviter le moindre risque. Aujourd'hui encore, ma mère a du mal à se remettre sur les rails. Elle a eu peur de perdre son fils, j'aurais pu être paralysé. Cela l'a touchée."
Le retour à la vie normale. "J'ai vu un psychologue mais ce qui m'a le plus aidé, c'est ma foi. J'ai souvent été prier à la mosquée. Quand je ne me sens pas bien c'est là que je retrouve la confiance en moi. Le fait que je sois encore en vie est un message de Dieu. J'ai également suivi une formation VIAS et depuis quelques semaines, j'aide les gens victimes d'accident de la route. Certains sont paralysés et je me rends compte, à leur contact, que j'ai eu beaucoup de chance. J'aurais pu être dans leur situation. Quand j'en ai la possibilité, je vais les voir. Cela m'affecte autant que ça me motive. Après ce qu'il s'est passé, je suis simplement content de pouvoir faire ce que j'aime, c'est-à-dire jouer au football. Cela m'aide à me changer les idées."
