Il conserve la confiance, mais c'est la semaine de la vérité pour Vitor Bruno : pourquoi entraîner Anderlecht est un cadeau empoisonné
Antoine Sibierski n'est pas non plus exempt de tout reproche : trop de transferts ne sont pas les renforts attendus.

- Publié le 20-10-2026 à 06h40
Le mois de novembre n'a pas encore commencé que c'est déjà la crise à Anderlecht. La saison semble une fois de plus tourner à la désillusion et ce, alors que les supporters pensaient avoir trouvé deux sauveurs en la personne du duo Antoine Sibierski et Vitor Bruno. Le Portugais conserve pour l'instant la confiance de sa direction, mais il n'a pas intérêt à louper les matchs à Jagiellonia et à Gand.
Brian Riemer, David Hubert et Besnik Hasi, mais par extension aussi Felice Mazzu et Hein Vanhaezebrouck, doivent bien rire dans leur barbe. Même sans eux aux commandes, Anderlecht reste à la dérive. On n'ajoute pas Vincent Kompany à cette liste. Il doit se sentir encore plus malade qu'il ne l'est déjà en voyant les derniers résultats du club de son cœur.
Seul Kompany était plus populaire
Pour la énième fois depuis l'arrivée de Marc Coucke, Anderlecht a subi une métamorphose complète cette saison. La trente et unième formule semblait être la bonne, pensaient les supporters. Avec Bruno, il y avait enfin une main de fer aux commandes qui exigeait beaucoup de ses joueurs et de sa direction.
Son approche semblait porter ses fruits. Du moins, c'était le cas au mois d'août. Le Parc Astrid dansait comme aux plus beaux jours après les qualifications européennes contre Hammarby, le PAOK et le Kairat Almaty. Il fallait remonter à Kompany pour voir un entraîneur plus populaire.
Depuis dimanche, un objectif peut déjà être jeté à la poubelle : la voie la plus facile vers un premier trophée en dix ans. Après ses trois finales de Coupe en cinq ans, Anderlecht avait commencé à s'attacher à ce qui était autrefois un prix de consolation.
30 joueurs utilisés mais pas d'automatismes
Bruno en était conscient et c'est pourquoi il n'a pas aligné son meilleur onze à Zagreb. Tout le monde n'était pas ravi de ce choix au sein du club, car le football européen est ce qui a fait la grandeur de l'institution. Anderlecht a pourtant livré un match méritoire en Croatie, mais a fini par s'incliner in extremis. Le repos accordé aux titulaires n'a finalement servi à rien, puisqu'ils ont également sombré au Beerschot. Bruno n'a donc pas marqué des points.
Quand une équipe perd, il est facile de faire des reproches à l'entraîneur. N'aurait-il pas dû remplacer Maamar à la mi-temps, étant donné que celui-ci flirtait déjà avec un deuxième carton jaune ? N'aurait-il pas dû faire monter Bertaccini plus tôt ? Pourquoi a-t-il lancé Llansana à un peu plus de dix minutes de la fin ? Pourquoi a-t-il débuté avec Antman, qui n'a encore rien apporté hormis son centre vers Bertaccini au Cercle ? Pourquoi Koutsoupias a-t-il soudainement dû débuter comme numéro 10, alors qu'il est bien plus efficace dans un rôle de numéro 8 ?
Semaine après semaine, Bruno répète que l'adversaire est fort, qu'il a aligné son meilleur onze en fonction de cet adversaire et que ses joueurs ont tout donné. Il fait tout pour réussir à Anderlecht et rendre sa grandeur au club. Mais dans sa quête de perfectionnisme, il perd parfois le fil conducteur. Stroeykens est soudainement repêché de nulle part et doit endosser le rôle de sauveur de l'équipe. Sa rotation ne fonctionne pas – il a déjà utilisé 30 joueurs cette saison. Et sa tactique ne parvient plus à surprendre ses adversaires.
Anderlecht reste la risée du pays
Quand les joueurs se sont fait huer par leurs propres supporters au Kiel, Bruno est resté de marbre pendant quelques secondes. Le regard vide, il n'a pas fait de signe pour indiquer que c'était sa faute, comme après le 3-0 à l'Union. Il n'a pas non plus remercié les fans pour leur présence, comme il le fait semaine après semaine. Il est rentré aux vestiaires alors que le tube Couckenbak de Marc Coucke venait de résonner dans les haut-parleurs du Kiel. Anderlecht reste la risée du pays.
Lors d'une conférence de presse de José Mourinho à Madrid, un journaliste polonais lui avait demandé si sa lune de miel était terminée. The Special One avait-il balayé la question d'un rire en ajoutant qu'il dormait encore comme un bébé avant chaque match. Son compatriote Bruno se montre moins rayonnant lors de ses points de presse. Mais lui aussi sent que l'amour d'Anderlecht à son égard est en train de diminuer.
Ce qui semblait au départ être un cadeau tombé du ciel – il était sans emploi depuis un an et demi – est en train de devenir un cadeau empoisonné. Tout comme le poste de T1 a été un cadeau empoisonné pour ses prédécesseurs.
Équipe A obligatoire en Pologne
Pour le moment, Bruno conserve donc la confiance de la direction, mais la semaine de vérité arrive. Cette fois, il n'a plus le choix. En Pologne et à Gand – deux déplacements compliqués – il faudra que son équipe prenne le match en main et affiche la volonté de gagner. Il a intérêt à ne pas mettre une demi-équipe B en Europa League. En cas de double défaite, la crise serait totale.
Mais en attendant, Antoine Sibierski doit lui aussi se poser des questions. Il avait pourtant apporté un vent de fraîcheur après les périodes Fredberg et Renard. Son mercato avait été qualifié de réussi, même s'il avait dû vendre Nathan De Cat. Les nouveaux venus semblaient (presque) tous avoir ce petit quelque chose qui laissait penser que si la mayonnaise prenait, un coup d'éclat était possible cette saison. Personne n'osait rêver du titre, mais bien d'une deuxième ou troisième place, de la Coupe et d'un joli parcours européen.
Amane et Antman, ça fait 10 millions
Aujourd'hui, Sibierski doit non seulement se demander s'il a bien fait de nommer Bruno comme entraîneur principal, mais aussi s'il a réalisé les bons transferts. Parmi ses onze nouveaux joueurs, lequel s'avère être une réussite absolue ?
Léo Pétrot apporte pour l'instant la plus grande satisfaction, aux côtés de son compatriote (blessé) Biancone et peut-être Bentayeb, même si ce dernier aurait toujours dû marquer au Beerschot.
On accorde également le bénéfice du doute à Winkler, tout comme à Omobamidele. La plupart des autres – Ambros, Koutsoupias, Aasgaard – se montrent trop inconstants. Et il y a aussi quelques énormes déceptions, à l'image d'Antman et d'Amane, qui sont des transferts définitifs et ont coûté ensemble plus de 10 millions d'euros. Reabciuk ? On ne l'a vu à l'œuvre qu'une seule fois, alors que son concurrent Augustinsson s'avère être l'un des maillons les plus faibles de l'équipe.
Bref : la tension est une fois de plus maximale à Anderlecht. Mais est-ce que cela surprend encore quelqu'un ?