Le ballon rond l'a sauvé
- Publié le 30-07-2009 à 06h45

Le décès de son père, l'arrêt de sa scolarité : Matias Suarez n'a pas connu une enfance facile
Tout sur la nouvelle saison de championnat
ANDERLECHT Le parcours de Matias Suarez, c'est une histoire qui ne fut pas toujours rose...
Car si Frutos , Pareja et Biglia venaient d'un milieu plutôt aisé, ce n'est pas le cas de Mati , natif de Cordoba, à 800 kilomètres de Buenos Aires. Le jeune garçon vécut un choc important à l'âge de 15 ans, lorsqu'il perdit son père.
"Il n'en parle pas facilement, mais on sent que ce décès l'a fortement marqué", raconte Gérard Witters, l'œil du Sporting en Argentine, qui est aussi le confident de Suarez. "Son père le suivait partout depuis qu'il s'était inscrit au football. Comme sa mère ne travaillait pas, sa famille n'était pas au mieux sur le plan financier. Quand Matias est arrivé en Belgique, il n'avait jamais joué à la Playstation... tout simplement parce que plus jeune, il n'avait pas les moyens de s'en acheter une."
La suite de l'histoire fut plus rose : Suarez se bâtit un avenir grâce au football. "Les gens se sont vite aperçus qu'il avait de l'or dans les pieds", poursuit Witters. "Il a joué un peu en D1 avec Belgrano avant de descendre en D2. Nos contacts argentins, dont l'ancien agent de Maradona, nous ont parlé de lui comme quelqu'un d'extrêmement talentueux. La première fois que nous l'avions scou- té, il avait débloqué le match à lui seul et avait montré qu'il était capable de dribbler, d'aller vite et de faire un contrôle orienté. Nous sommes vite arrivés à un accord, malgré l'intérêt de Porto et d'un club mexicain."
Mais l'arrivée à Anderlecht ne se passa pas comme prévu. "Je ne reconnaissais pas le joueur que j'avais vu en Argentine ! Il ne se sentait pas bien, c'était évident. Il n'allait par exemple pas facilement aux cours de français. C'est pourtant quelqu'un qui aime apprendre, comme le prouvent ses passions pour le dessin et pour la batterie. Mais dans son pays, nom- breux sont les enfants qui arrêtent vite l'école, ce qu'il a lui-même fait à 13 ans. Heureusement, grâce à un accompagnement individualisé depuis plusieurs semaines, Matias se sent chez lui désormais."
L'éloignement de sa famille fut une autre épreuve à surmonter. "Sa mère avait peur de ce que son fils allait connaître en Belgique. Là-bas, l'insécurité règne. Elle a décidé de faire le voyage et elle a été rassurée de voir qu'ici, son fils avait une vie tranquille et confortable."
© La Dernière Heure 2009
