Jour sans ou crise plus profonde ? Les raisons de la défaite de Charleroi à la Louvière
Si le bilan comptable pourrait laisser croire que le Sporting est déjà en crise, d'autres faits laissent à penser qu'il a simplement connu un jour sans chez le voisin louviérois.

- Publié le 11-08-2025 à 20h12
Deux semaines à peine après l'élimination face à Hammarby, les supporters des Zèbres ne s'attendaient pas à connaître une énième désillusion si vite. Mais ce dimanche, dans la récente Easi Arena, ils sont tombés de haut.
Autant les hommes de Rik De Mil méritaient mieux il y a quinze jours sur la scène continentale, autant ils n'auraient pas été choquants de les voir repartir avec plus d'un but dans leurs valises pour effectuer le court trajet du retour de la Louvière à Charleroi.
Miraculeusement, les protégés d'Ousou ont même failli arracher un nul miraculeux en fin de match. Même si aucune défaite n'est souhaitable, il était peut-être mieux de s'incliner pour qu'un électrochoc, ou un "réveil total", selon De Mil, arrive dès la semaine prochaine face à l'Antwerp.
Un mercato déstabilisateur ?
À la lecture froide des chiffres, certains pourraient déjà conclure que le Sporting se trouve en crise. En 5 rencontres officielles, Charleroi n'a pas encore gagné. Et n'a jamais encore été devant au marquoir, courant après le score tout le temps que ce soit face aux Scandinaves, à Louvain, contre Saint-Trond ou chez les Loups.
Forcément, l'arrêt incroyable de Hahn sur la frappe de Stulic dans le temps additionnel juste avant les prolongations face à Hammarby a changé la lecture de ce premier bilan. Avec cette qualification pour le troisième tour préliminaire de la Conference League, la donne aurait été différente même si l'enchaînement des matchs aurait aussi été compliqué à gérer.
Mais la Coupe d'Europe ne peut expliquer la prestation dans ce choc hennuyer. "Aujourd'hui, c'est simplement un problème de mentalité. On n'a pas fait ce que le coach nous a demandé. On a voulu jouer d'une façon qui n'est pas la nôtre", appuyait Mbenza.
Ils n'ont surtout pas montré assez de détermination dans les duels et les seconds ballons, ce qui représente le b.a.-ba du foot.
Devancés par la Louvière dans le jeu puis désormais au classement, les Sambriens ne doivent pas paniquer malgré leur douzième place. Les écarts sont encore resserrés et une simple victoire face à l'Antwerp, dimanche prochain, leur suffirait à revenir à la hauteur du Great Old.
L'autre bonne nouvelle réside dans le retour de Stulic. Le Serbe a purgé sa suspension et cette équipe n'est forcément pas la même sans son buteur. "Je trouve qu'Anthony (Descotte) a fait le maximum. Il nous a quand même servi avec ses qualités. On ne peut pas lui demander des merveilles si derrière lui, ce n'est pas fou", a défendu Mbenza mais le remplaçant d'un jour de l'international n'en a pas fait assez, lui non plus.
Avec Stulic, le matricule 22 pourra garder un ballon et ne devra pas obtenir 10 occasions pour inscrire un but même si les dirigeants doivent urgemment dégoter un autre numéro 9 car il n'y a personne derrière lui et il est peu probable qu'il reste jusqu'à la fin du mercato.
Un marché des transferts qui peut expliquer la dernière prestation catastrophique ? Les joueurs qui ont de l'intérêt comme Petris sont-ils déstabilisés dans cette période d'incertitude ? "C'est vrai que ça peut toucher certaines personnes mais voilà, il n'y a rien. On continue de jouer et on verra à la fin du mois, tout simplement", botte en touche le principal intéressé qui a livré lui aussi une prestation qui ne lui ressemble pas.
Les Carolos doivent en tout cas s'appuyer sur les qualités qu'ils ont montrées lors des deux premières parties du championnat. À Louvain, ils n'avaient rien lâché quand bien même ils étaient menés par deux buts d'écart à l'entrée du temps additionnel. Contre Saint-Trond, les temps faibles avaient été surmontés par une mentalité adéquate.
Tout le contraire ce dimanche. Aux recrues également à hausser leur niveau. Séduisant durant la préparation, Romsaas n'est pas encore à la hauteur en compétition officielle. Colassin est encore trop tendre. Seul Khalifi, pour ses débuts, a été une éclaircie quand il est rentré à l'heure de jeu.
On le sait : une première victoire lance toujours une saison. Il y a deux ans, il avait fallu attendre la huitième journée pour l'obtenir et l'exercice avait été pénible. C'est pourquoi les 3 points face à l'Antwerp seraient bienvenus. Pour s'ôter des épaules une pression qui s'agrandit…