Standard-Bruges: ces Rouches-là méritent la médaille d'or de la bravoure
Grâce à une défense héroïque et un but du nouveau chouchou Marko Bulat, les Rouches ont signé une première victoire dans un Sclessin en ébullition.
- Publié le 05-08-2024 à 06h40

Si le Standard avait participé aux Jeux olympiques ce dimanche, il aurait pu revendiquer une médaille dans plusieurs disciplines. La lutte, d'abord, pour l'énergie déployée dans chaque duel, sur chaque centimètre carré du terrain de la première à la dernière minute. Le handball, clairement, pour sa faculté à dresser une défense solide arc-boutée devant son rectangle en laissant le ballon à l'adversaire (25 % de possession à Genk, 32 % ce dimanche).
Et éventuellement l'aviron, parce qu'il a parfois ramé, toujours avec vigueur, ferveur et solidarité, pour contenir la pression brugeoise. Dans le quatrième quart d'heure quand Nielsen, Vanaken et Nilsson ont provoqué l'un ou l'autre frisson ; puis durant les vingt-cinq dernières minutes après l'ouverture du score de Marko Bulat, très adroit du gauche sur un service de Marlon Fossey (1-0, 64e).
Intensité et grinta
Cette action a résumé une partie des qualités du médian croate, déjà le chouchou de Sclessin pour sa vista et son audace. Surtout, elle a appuyé l'analyse développée par Ivan Leko au point presse de vendredi. Le technicien s'était encore félicité de l'organisation et du courage défensifs de son équipe, cinq jours plus tôt à Genk, mais il avait aussi logiquement concédé qu'il fallait "mieux faire offensivement, notamment sur les transitions."
C'est justement sur l'une d'entre elles que les Rouches ont trouvé la faille dans une défense brugeoise qui, à l'image de tout son collectif, ne ressemble en rien au Club serein et dominant que l'on est en droit d'attendre. "Le Standard a mis plus d'intensité et de grinta", a admis Nicky Hayen, déjà sous pression.
Leko salue l'état d'esprit
Le Standard a carrément été l'équipe la plus dangereuse sur l'ensemble des nonante minutes. Bulat a trouvé la transversale sur un corner direct (33e), le poteau sur un tir que Mignolet pensait hors cadre (37e), tandis qu'entre-temps O'Neill avait placé son réflexe de la tête juste à côté (36e).
"Je suis très heureux du résultat alors qu'on jouait contre la meilleure équipe de Belgique, savourait Ivan Leko. On était bien en place en première mi-temps. Stable. Solide. En seconde, on a senti qu'on n'était encore qu'à 70-75 % de notre forme physique, et on a reculé. Mais avec cet état d'esprit là, on a pu tenir et gagner. Je tire un grand coup de chapeau aux garçons, qui peuvent en profiter ce soir (hier), mais on doit rester humble et se remettre très vite au travail."
Public et joueurs : la réunification
Ces derniers mois, on observait de la colère et du dépit, à Sclessin. Ce dimanche, on a certes vu beaucoup de sueur, et quelques stress, mais surtout de la mentalité, de la hargne. Et des sourires. Du soulagement. "La connexion entre le public et l'équipe est totalement différente de la saison dernière. Quand ils sont venus nous voir à l'académie avant le match de Genk, on l'a directement senti. L'atmosphère de ce dimanche était incroyable", a encore glissé Leko.
C'est assez dingue à dire, car assez inattendu, mais, après deux matchs (à Genk et contre le FC Bruges, champion en titre), le Standard compte quatre points. Il recevra Malines, vendredi, avec le devoir de confirmer cette mentalité retrouvée. Sclessin promet d'être encore brûlant. Les Jeux olympiques toucheront à leur fin. Mais il restera encore quelques médailles à récolter. À Paris comme à Liège.