Avec six points d'avance sur le barragiste, pourquoi le Standard n'est pas encore sauvé?
Après leur prestation calamiteuse à la Côte, les Liégeois ne doivent pas négliger le fait que leur maintien est loin d'être assuré.

- Publié le 21-02-2022 à 13h59
- Mis à jour le 22-02-2022 à 10h44

La crise est repartie de plus belle au Standard. Battus pour la troisième fois en quatre rencontres, les Liégeois ont concédé à Ostende leur douzième défaite de la saison. Avec un sentiment d'après-match devenu habituel : celui d'avoir été absent durant 90 minutes ou presque.
Mais il faut se rendre à l'évidence : avec six points d'avance sur la place de barragiste de Seraing, le Standard n'est pas encore sauvé. Et le seul objectif de sa saison, désormais, c'est bien d'assurer le maintien. Ce qui n'est pas encore chose faite. Voici pourquoi.
1.Parce que la mentalité est défaillante.
C'est triste à écrire mais après dix minutes de jeu, samedi soir, il semblait évident que le Standard ne gagnerait pas encore cette fois-ci. La première mi-temps a été un récital de mauvaises passes et de mauvais choix. Comme souvent. Mais surtout, le langage corporel des joueurs ne traduisait aucune rage de vaincre. Il manque la base de la base dans cette équipe : de l'envie. "Cela fait des mois que c'est comme ça ; je suis dégoûté. On ne fait pas tout ce qu'il faut pour gagner un match", disait Samuel Bastien après la rencontre, conscient qu'en termes de mentalité, les exceptions qu'ont été les matchs à Anderlecht ou face au Club Bruges ne sont pas la règle. "Avant la rencontre, on s'encourage, on se motive… mais on n'y arrive pas."
Et l'erreur inhabituelle d'Arnaud Bodart, qui a abouti à l'ouverture du score, n'a rien arrangé. "Quand les choses ne tournent pas, on pense trop, on stresse trop alors qu'on doit, au contraire, rester calmes, ajoutait Aron Donnum. De l'extérieur, vous avez peut-être l'impression qu'on n'en a rien à foutre. Mais on travaille toute la semaine pour améliorer les choses." Sans que cela ne paie…
2.Parce que le fond de jeu est inexistant.
Bien malin qui peut dire quel était le plan de jeu du Standard en première période tant c'était pauvre. Après la montée de Tapsoba à la mi-temps (pour amener de la profondeur) et le repositionnement axial de Cafaro, il y a eu un léger mieux. Mais ça reste trop peu pour prendre, ne serait-ce qu'un point. "On prépare bien les matchs, on s'entraîne toute la semaine, le coach donne confiance. Mais dès qu'on monte sur le terrain, rien ne va. On n'arrive pas à marquer, souligne Samuel Bastien, dépité. On ne s'applique pas. On a eu quelques bonnes petites séquences mais ça n'a pas abouti."
3.Parce que la réussite boude les Liégeois.
Il faut être de bon compte : le Standard n'a pas de réussite ces derniers temps. Entre le but injustement annulé par le VAR de Sissako face au Cercle et le poteau trouvé par Mathieu Cafaro ce samedi, les Liégeois ont tous les symptômes de la spirale négative. Et ils n'ont pas encore le vaccin. "Mais dans notre situation, on a aussi besoin de cette part de chance", disait Donnum.
"On manque de chance mais elle se provoque aussi", ajoutait lucidement Bastien.
4.Parce que c'est une équipe à réaction.
C'est devenu habituel. Encore une fois, le Standard a été moins mauvais en deuxième période qu'en première. Mais c'était tout de même insuffisant. "Le problème, c'est qu'on est toujours dans la réaction, résumait Samuel Bastien. Alors qu'on doit justement prendre les choses en main. On est le Standard, quand même. Mais on ne commence à jouer qu' une fois qu'on est touchés."
"Même pour nous, c'est quelque chose de difficile à comprendre", notait Donnum.
5.Parce que les joueurs ne sont pas conditionnés pour jouer la descente.
Aucun joueur ne débarque au Standard pour jouer la descente, c'est un fait certain. À quelques rares exceptions, qui ont connu la bagarre pour la relégation dans leur carrière (Henkinet, Dussenne, Donnum, Cafaro, Amallah ou Emond), cette équipe n'est pas conditionnée pour jouer le maintien. "Ce n'est absolument pas dans notre tête", disait Bastien.
Mais il ne faut pas non plus totalement écarter cette idée, surtout si le Standard est battu par Gand et que Seraing bat Zulte Waregem la semaine prochaine dans le match de la peur, ce qui ajouterait du piment à la lutte contre la place de barragiste. "Mais ça, c'est un truc pour les journalistes, indiquait Donnum. On mérite de rester en D1A. On doit se concentrer sur nous-mêmes et relever la tête ensemble. On sait de quoi on est capables."
"On va continuer à se battre jusqu'au bout, on est obligés de trouver la motivation, terminait Bastien. Le seul point positif, c'est qu'il reste des matchs." Mais il faudra les gagner…