Les hooligans gâchent la fête du maintien après Seraing-RWDM
Chaos au stade du Pairay, où des prétendus "supporters" en sont venus aux mains.
- Publié le 01-05-2022 à 18h06
- Mis à jour le 01-05-2022 à 18h20

Le stade du Pairay était sold out pour cette "finale" du maintien en D1A entre Seraing et le RWDM (D1B), samedi soir (0-0). De l'ambiance, de l'incertitude et de la ferveur, tous les ingrédients pour un bon match de football. Pour l'aspect sportif, grâce à son but marqué au match aller, c'est Seraing qui l'a emporté au meilleur des deux matchs. Les Métallos resteront donc en D1A pour une deuxième saison consécutive.
Mais le match s'est terminé dans un chaos indescriptible à cause d'une poignée de hooligans des deux camps qui étaient bien décidés à en découdre sur la pelouse.
Des énergumènes encagoulés
Qui a allumé la mèche en premier ? Difficile à dire, mais la situation a trop vite dégénéré. Les supporters sérésiens, qui avaient pourtant été invités par le speaker à ne pas monter sur la pelouse au coup de sifflet final, ont rejoint les joueurs et le staff du RFC Seraing pour fêter le maintien. D'autres ont eu la stupide idée de provoquer les supporters molenbeekois. Ces derniers ont lancé des fumigènes et des pétards sur le terrain avant de forcer la grille de la tribune visiteurs pour aller se battre. Sur la pelouse, des parents, des enfants, des personnes âgées qui ont été mêlés bien malgré eux à ces énergumènes parfois encagoulés. Il a fallu un bon quart d'heure pour que le calme revienne.
"C'est triste ce qu'il s'est passé en fin de match, lançait Théo Defourny, gardien du RWDM, à l'issue de la rencontre. C'est dommage et ce n'est pas bon pour l'image du sport. On revient du Covid avec des stades vides et maintenant, on voit ça. On sait qu'on a de très bons supporters. Ils sont là toute la saison, du premier match jusqu'à aujourd'hui. Il y a de la frustration avec ce rêve qui s'écroule. Ce n'est certainement pas une excuse mais il y a cette frustration que l'on peut comprendre. Ils ont essayé de l'extérioriser. C'est dommage."
Jean-Louis Garcia, le coach sérésien, était également choqué par ce qu'il a vu. "C'est lamentable. Ce sont les mauvais côtés de l'environnement sportif. On parle presque de sociologie. Gâcher une fête, s'en prendre à des personnes âgées, des enfants, taper sur tout ce qui bouge. Je n'ose même pas en parler."
Lourdes sanctions en perspective
Pouvait-on prévenir ces événements ? Le parcage visiteurs accueillait 1 200 supporters du RWDM, soit plus de 15 % de la capacité totale du stade. La facilité avec laquelle la grille a cédé et la lenteur de l'intervention des services de police, débordés ou tout simplement mal positionnés, n'ont pas arrangé les choses. La configuration du stade, avec très peu de barrières physiques pour empêcher l'envahissement de terrain, n'a pas aidé non plus. Et les stewards, qui ont tenté de calmer les esprits, n'étaient pas, non plus, en nombre suffisant.
Les deux clubs, qui seront convoqués par l'Union belge, devront en subir les conséquences. Pour rappel, Seraing avait déjà eu une amende de 2 000 € (avec la même somme en sursis) pour jets de gobelet sur le banc adverse en novembre dernier. Cette fois-ci, les Métallos, comme les Molenbeekois, peuvent craindre des sanctions plus lourdes.
"Ces supporters qui commettent des agressions et ternissent l'image de notre sport n'ont pas leur place dans un stade. De sévères sanctions vont arriver", a prévenu Lorin Parys, nouveau CEO de la Pro League, sur Twitter dimanche matin. Le mois dernier, après les incidents causés par les fans du Beerschot à l'Union saint-gilloise, il avait déjà assuré faire de la sécurité sa priorité pour le prochain exercice et travailler sur des sanctions plus strictes.
Le RFC Seraing, par communiqué, regrette ces "scènes intolérables" : "Nous assumerons nos responsabilités et mettrons tout en œuvre pour aider les autorités à identifier les fauteurs de troubles, que l'on ne peut qualifier de supporters, et pour collaborer avec la Pro League afin d'endiguer cette violence inacceptable."