Pour signer une saison sans défaite, Beveren ne doit pas perdre à Seraing, le dernier club à avoir réussi cet exploit ! "C'était parfois trop facile"
En 92-93, Seraing avait réussi une saison sans concéder la moindre défaite. Pour l'imiter, Beveren ne devra pas tomber… au Pairay, ce vendredi soir.
- Publié le 16-04-2026 à 13h30

Zéro défaite. Beveren est à nonante minutes de boucler une saison entière sans concéder le moindre revers. Une performance exceptionnelle, actuellement égalée par seulement trois autres clubs du top 15 européen, Benfica, le Slavia Prague et Nea Salamis, un pensionnaire de deuxième division chypriote. "Nous détenons le record de points de D1B (85), le plus haut total de clean-sheets de cette saison (14) et nous voudrons décrocher le titre de meilleur buteur et de meilleur passeur à l'issue de la dernière journée", affirme, ambitieux, Marink Reedijk, le coach beverenois.
Clin d'œil de l'histoire : Beveren clôturera sa campagne sur la pelouse de Seraing, la dernière équipe de l'antichambre à avoir bouclé une saison sans perdre un seul match. C'était lors de la saison 1992-1993. Une autre époque, avec Gérald Blaton à la présidence, Georges Heylens sur le petit banc et des artistes brésiliens dans le onze de base.
"Combien le président a-t-il dépensé pour Olsen ?"
Flash-back. Lors des deux premières années de sa présidence, Gérald Blaton permet à Seraing de remonter en D2, mais loupe de peu la promotion parmi l'élite. Sa méthode : mettre la main au portefeuille pour recruter près de trente joueurs, principalement originaires du Brésil et d'Argentine. Sa générosité est connue sur le marché, à un point tel que certains agents auraient réclamé, et obtenu, des indemnités de transfert pour des joueurs… gratuits.
Lors de l'été 1992, Georges Heylens, arrivé quelques mois plus tôt, dispose d'un noyau solide. En vrac : Ranko Stojic, Olivier Doll, Benjamin Debusschere, Manu Karagiannis, Wamberto ou encore Edmilson. "Nous avions un budget nettement supérieur à celui des autres équipes. Seul le Beerschot est parvenu à nous mettre en difficulté. Pour le reste, c'était presque trop facile. Nous pouvions jouer à 70 % et quand même gagner", se souvient Manu Ferrera, tout jeune assistant dans le staff.
Le contraste est encore plus conséquent à la suite de l'arrivée de Lars Olsen. Grâce aux départs de nombreux excédentaires sud-américains, Gérald Blaton avait dégagé un budget suffisant pour convaincre le capitaine de l'équipe du Danemark qui venait de remporter l'Euro à la surprise générale. "Aujourd'hui encore, je ne préfère pas savoir ce que notre président a dépensé pour le convaincre de signer", se souvenait, il y a quelques années, Georges Heylens.
"Avec Karagiannis, il y avait toujours de la bagarre"
Cette réussite traduit également un noyau construit intelligemment. Du physique, de la technique et du caractère. Les résultats positifs assurent la bonne ambiance dans le vestiaire, même si les entraînements sont chauds. "Avec Karagiannis, il y avait toujours des problèmes si on organisait des petits matchs à trois contre trois, ou quatre contre quatre. Il avait un gros caractère", rigole Manu Ferrera.
La légende raconte même qu'il fallait absolument mettre le médian et Isaias dans la même équipe si on voulait éviter que cela ne dégénère. L'attaquant brésilien ne supportait pas les duels physiques imposés par son équipier. "Isaias était un bon footballeur, un bon gars mais il s'était adapté à son nouvel environnement. Il savait mettre le pied en avant et faire de méchantes fautes aussi. Un sacré tempérament", raconte Domenico Olivieri.
Le long de la ligne de touche, Georges Heylens observait ces scènes avec un sourire en coin. Il était conscient que cette agressivité était indispensable pour garder ses joueurs concernés. "Il était respecté par tout le vestiaire. Le vrai patron du club, c'était lui, même s'il devait rendre des comptes à Blaton", dit Manu Ferrera.
La fête dans la maison de campagne du président
Seraing termine la saison avec seize victoires, quatorze nuls et zéro défaite, donc. Les supporters envahissent la pelouse pour fêter leur retour parmi l'élite et le président invite tous ses joueurs et son staff à poursuivre les célébrations dans sa maison de campagne, à Hamoir. "Il assistait à tous nos matchs. Il était jovial mais aussi très discret. Ce n'était pas son style de descendre dans le vestiaire", décrit Domenico Olivieri.
La saison suivante, les Métallos surprennent les cadors de l'élite en terminant sur la plus petite marche du podium, notamment grâce aux arrivées de Jean-Marie Houben, Johan Vanheusden, Zvonko Varga ou encore Roger Lukaku. Une belle source d'inspiration pour Beveren.
