La chronique de Jonathan Lange: Écosse - Ukraine, plus que du football
Dans sa chronique, Jonathan Lange est revenu sur l'émouvante rencontre entre écossais et ukrainiens.

- Publié le 02-06-2022 à 20h01
- Mis à jour le 26-07-2022 à 14h32

Il y a eu du sang en Ukraine. Et des larmes en Écosse. Mais au bout, surtout, une victoire comme un trait d'union qui rappelle tout le rôle que peut jouer le football.
Le mythique Bill Shankly, qui a dirigé Liverpool durant une quinzaine d'années glorieuses, a sanctifié la formule qui veut que pour lui "le football n'est pas une question de vie ou de mort, c'est bien plus que cela".
À l'heure où tout un peuple se bat face à un envahisseur, un match peut ressembler à une bouffée d'oxygène quand l'air se raréfie, à une fenêtre d'espoir quand tout paraît gris.
Il y avait un peu de tout cela à Glasgow ce mercredi pour ce barrage de Coupe du monde entre l'Écosse et l'Ukraine.
Cette rencontre nous a enseigné deux choses.
D'abord, que la profonde culture sportive britannique est tout sauf un mythe. Comme quand Wembley avait entonné la Marseillaise en novembre 2015, quatre jours après les attentats, Hampden Park a repris en chœur l'hymne ukrainienne appris en phonétique dans un élan de fraternité qui dessine en creux tout le pouvoir du sport capable de rapprocher les peuples. En écrivant de très belles histoires.
Ensuite, que cette rencontre était plus que du football pour la Zbirna qui se retrouve désormais après ce succès à 90 minutes d'une qualification pour le Qatar.
Il y a eu cette image des joueurs apparus sur le terrain avec chacun un drapeau comme une cape de superhéros.
Il y a eu ces mots de leur sélectionneur Oleksandr Petrakov qui a lâché : "Cette victoire n'est pas pour moi ou pour l'équipe. Mais pour le pays. Nous avons joué pour ceux qui ont versé leur dernière goutte de sang et pour ceux qui souffrent tous les jours au pays. On a joué pour tous ces gens qui ont regardé le match chez eux, depuis des hôpitaux ou des tranchées."
Tout ce peuple qui a tant saigné. Qui a tant pleuré. Et qui a un peu souri. Peut-être que Bill Shankly n'avait peut-être pas tout à fait tort.