Egalité salariale dans le foot: la Belgique reste à la traîne
red flames Bien que doublées, les primes versées aux Flames restent très inférieures à celles des hommes. Contrairement à d'autres pays.
- Publié le 08-07-2022 à 07h49
- Mis à jour le 08-07-2022 à 15h07

Avec l'Euro, les primes touchées par les Red Flames ont refait l'objet d'une négociation. Le Nieuwsblad a révélé que chaque sélectionnée touchera à peine 1 000 € brut par victoire au premier tour. Les joueuses d'Ives Serneels recevront par ailleurs une indemnité journalière, de 200 € brut, contrairement aux Diables. Des sommes ont également été négociées en cas de qualification pour les tours suivants, mais elles restent inconnues.
Il n'y a pas de quoi crier au jackpot pour ce qui sera peut-être le plus grand rendez-vous de la carrière de certaines. C'est le double de ce qu'elles touchaient lors de l'Euro 2017, mais pour remettre les choses en perspective, il faut dire que les primes de l'UEFA ont doublé, elles aussi : le prize money du tournoi est passé de 8 à 16 millions €.
On est très loin du montant alloué par la Confédération à l'Euro masculin : 331 millions €. Vingt fois plus. Fidèle à ses mauvaises habitudes, le football reste très conservateur sur la question de la parité salariale. On est loin du Tour des Flandres ou de l'Amstel Gold Race qui ont annoncé cette année un chèque identique pour le gagnant et la gagnante. Idem pour les Grands Chelems de tennis, le judo, le surf, le tennis de table, etc. L'argument avancé pour justifier le refus est connu : les femmes ne suscitent pas autant d'intérêt que les hommes ; ne génèrent pas autant de revenus. C'est très souvent vrai, mais tout ne peut être ramené à l'audience. Et comment ne pas voir qu'elles ne touchent pas de plus grosses primes dans les sports où elles sont davantage médiatisées, comme la gymnastique ?
"Évidemment, on en parle entre nous, répond Tessa Wullaert, capitaine des Flames. On a vu ce qui se passe aux Pays-Bas ou même en Suisse. Nous, on peut se comparer à la Suisse et on peut trouver cette différence un peu frustrante. Mais ce sont des montants qui ont été négociés et discutés en septembre et on était toutes d'accord. Ce n'est pas le moment de renégocier. Peut-être qu'à l'avenir, on aura plus. On doit prendre marche après marche, augmenter au fur et à mesure. J'estime qu'on mérite plus car le foot féminin grandit, tout comme le nombre de sponsors. Mais ça ne peut pas se faire du jour au lendemain. On voit qu'on reçoit de la considération. On a le même traitement que les hommes. Il est normal qu'une différence de primes existe, mais pour moi, elle ne peut pas être aussi grande. Après, ils ont plus de sponsors, plus de médiatisation, ils vendent plus de maillots… à nous à faire en sorte de réduire la différence. Notre premier objectif, c'est d'abord de bien prester à l'Euro et de grandir, d'avoir plus de respect. Après, on pourra commencer à discuter."
Car l'égalité salariale dans le foot des sélections existe. Suisse, Pays-Bas, Angleterre, Norvège, Danemark… : tous versent des primes identiques, dans la foulée de ce qui se fait en Amérique du Nord ou au Brésil. En Espagne, c'est le pourcentage de la prime UEFA reversé aux joueuses qui est le même que celui des hommes.
Chez nous, alors que les moyens mis à disposition des Flames se sont considérablement professionnalisés ces dernières années, atteignant quasiment ceux des hommes, les primes augmentent plus lentement. Lors du dernier Euro, les 26 Diables avaient touché chacun 170 000 €, se partageant 4,42 des 16,25 millions € versés par l'UEFA à la fédération belge.
1M € pour un quart
Pour l'Euro féminin, cette dernière touchera 600 000 € de prime de participation, plus 100 000 € par victoire et 50 000 € par partage. Une qualification pour les quarts ajouterait 205 000 €. Soit un total d'1M €, environ (plus 320 000 € en cas de demi et 660 000 € pour le titre). 100 % du montant final ira aux Flames, au staff ainsi qu'aux frais liés au tournoi, assure-t-on à la Fédération (voir ci-dessous). C'est un ratio supérieur aux Diables… mais une prime individuelle pour un quart que l'on peut estimer à environ 20 000 - 30 000 €, ce qui reste loin de celle touchée par les joueurs de Martinez.
"On veut l'égalité à court terme"
"À la Fédération, nous sommes partisans d'un salaire égal", explique Manu Leroy, directeur du département marketing et communication de l'Union belge. "Je suis sûr qu'on y arrivera à court terme, sans pouvoir donner une date . Mais il y a une réalité économique différente entre foot masculin et féminin et il est difficile de comparer une équipe qui a été n°1 mondiale à une autre où il y a beaucoup de semi-pros. Je veux souligner les efforts déployés ces dernières années dans l'encadrement et les installations. Les joueuses sont contentes des efforts que l'on a faits pour arriver à ces nouvelles primes. Et, même si cela ne couvre pas le même montant que les Diables, il faut savoir que 100 % des primes que nous allons recevoir de l'UEFA vont aller aux joueuses, à l'encadrement et aux frais du tournoi. C'était 60 % pour les Diables à l'Euro."
