Huitièmes de finale à la Coupe du monde et quarts de finale à l'Euro : comment la Suisse a dépassé les Red Flames dans les grands tournois
Les Red Flames étrillaient la Suisse il y a cinq ans. Aujourd'hui, la Nati est en quarts de finale de l'Euro 2025. Pas la Belgique.

- Publié le 18-07-2025 à 12h59
- Mis à jour le 18-07-2025 à 13h00

Si les Red Flames sont toujours trois places devant la Suisse au classement Fifa, c'est bien la Nati qui dispute les quarts de finale de l'Euro. Et non la Belgique qui étrillait pourtant cet adversaire en décembre 2020, se qualifiant directement pour l'Euro 2022. Depuis, le rapport de force s'est inversé avec une Suisse atteignant même les 8es de la Coupe du monde et rêvant d'exploit face à l'Espagne ce vendredi.
"On sent surtout qu'avec cet Euro, l'euphorie a gagné l'équipe. Toutes les joueuses vont au-delà de leurs limites", commence David Meister, le responsable du centre de formation de l'ASF (Association suisse de football).
Cet enthousiasme est une belle réussite. L'assistance surfe d'ailleurs avec l'édition 2022 en Angleterre qui pouvait compter sur des stades bien plus grands. "À ce niveau, il y aura clairement un avant et un après Euro, affirme Vincent Fragnière, du FC Sion. D'ailleurs, il y a le projet Héritage qui doit permettre de continuer à surfer là-dessus."
Comment expliquer que la Suisse progresse là où la Belgique stagne ? "Il n'y a pas vraiment eu d'axe pour cet Euro comme l'organisation a été attribuée tardivement, continue Meister. Mais avant ça, on a voulu booster le nombre d'affiliées. Aujourd'hui, on est à 40 000 (NdlR : 51 000 en Belgique) et on vise le double. Notre philosophie est de laisser les filles avec les garçons d'office jusqu'à 16 ans dans nos équipes élites. On estime que cette présence masculine est cruciale dans leur développement."

Comme chez nous, la volonté de miser sur la jeunesse est primordiale. "On a un centre de formation aussi qui permet aux 20 meilleures jeunes de recevoir un bon encadrement avant de jouer dans leur sélection en club le week-end, enchaîne Meister. Les meilleures de la sélection actuelle sont passées par là. On y travaille l'aspect physique, la technique, les contacts avec les joueuses pour qu'elles soient prêtes. Le prochain défi pour nous est d'assurer en termes d'infrastructures si on veut accueillir plus d'équipes pour élargir la base. Individuellement, on doit aussi travailler plus tôt sur le physique. En plus de ce travail de fond, on peut aussi compter sur une génération très intéressante aujourd'hui."