Acte symbolique pour lutter contre les messages haineux et racistes, les Lionesses ne mettront pas un genou à terre à l'Euro face à l'Italie
Jess Carter, défenseuse de le l'Angleterre, a été victime d'un flot d'insultes racistes à l'Euro féminin. Comme en 2021 avec Saka, Rashford et Sancho. La Fédération a à nouveau pris les choses en main.

- Publié le 22-07-2025 à 14h34

À quelques heures de leur demi-finale contre l'Italie à l'Euro, les joueuses de l'Angleterre ont été contraintes de mener une autre bataille dont elles se seraient bien passées : celle des haters sur les réseaux sociaux. Véritable fléau, il s'est abattu à nouveau sur la sélection anglaise, comme ce fut le cas en 2021.
Au terme de l'Euro 2021, trois joueurs de la sélection anglaise, finaliste malheureuse, avaient révélé avoir été victimes de torrents de haine raciste sur les réseaux sociaux. Saka, Rashford et Sancho avaient été pris pour cible suite à leur tir au but raté en finale. Ce qui avait suscité pas mal d'émotions.
Quatre ans plus tard, rien ne semble avoir évolué. Et c'est cette fois Jess Carter qui en a été victime, elle qui a vu ses performances pointées du doigt depuis le début du tournoi et le premier match de poule contre la France. Une prestation qui ne méritait assurément pas une telle violence.

La joueuse de Gotham NJ/NY s'en est épanchée sur ses comptes ce week-end, dénonçant "de nombreux abus racistes", déclarant confier désormais la gestion de ses comptes à d'autres personnes pour ne plus subir directement ces messages.
Ne voulant pas abandonner l'une des siennes, la Fédération a réagi par communiqué en annonçant une décision forte, prise en accord avec les joueuses : elles resteront debout avant le coup d'envoi alors que, depuis des années, les Lionesses ont pris l'habitude de mettre un genou à terre pour lutter contre le racisme, suite au mouvement Black Live Matter. Un acte symbolique qu'elles abandonneront ce mardi à Genève.
"Le football et nous-mêmes devons trouver un autre moyen de balayer le racisme", s'est d'ailleurs engagée la Fédération anglaise.
"Il y a une manière de faire changer les choses. Il y a une solution. Je ne l'ai pas, mais je suis certaine qu'elle existe, a ajouté Lucie Bronze. Plus le football grandit, plus le bruit augmente, plus il y a de fans, mais aussi plus il y a de critiques. Que nous acceptons. Mais pas les abus. Surtout dans le football féminin, les abus en ligne semblent empirer. On les voit davantage dans les stades pour le football masculin et en ligne, mais dans le football féminin, il semble y avoir une véritable cible en ligne."
Comme en 2021, la Fédération a transmis l'affaire à la police. À l'époque, des dizaines d'arrestations avaient eu lieu avec des peines de prison pour certains. Une motivation supplémentaire pour les joueuses de Sarina Wiegman.