Moto GP: Ducati commence à voir rouge
Pour la marque italienne, il est temps qu'une de ses machines d'usine gagne un Grand Prix.
- Publié le 22-04-2022 à 18h34
- Mis à jour le 22-04-2022 à 18h35

Au lendemain du Grand Prix des Amériques, les mots de Paolo Ciabatti, le directeur sportif de Ducati Corse à nos confrères de M otorsport .com , ont claqué comme un coup de fouet : "Il est évident que nous sommes heureux chez Ducati parce qu'une de nos motos a remporté la moitié des courses, mais il est temps que l'équipe d'usine gagne."
Parce que jusqu'ici, l'équipe officielle a été drôlement malmenée, surtout par ses équipes satellites. À l'usine, l'agacement devient palpable. En clair, Batianini a gagné deux fois avec la moto 2021 alignée par l'équipe Gresini, Martin et Zarco ont terminé deuxième avec la moto 2022 alignée par l'équipe Pramac, l'équipe officielle n'ayant qu'une petite troisième position avec Jack Miller, sur la moto 2022 mais équipée du moteur 2021 qui a eu la préférence des pilotes à l'issue des essais hivernaux. Des résultats qui font grincer les dents à Borgo Panigale.
D'abord parce que l'ancienne moto est toujours plus performante que la nouvelle. Ensuite parce que, malgré un gros développement l'an dernier pour construire cette version 2022, il y a une différence entre le travail des ingénieurs et les sensations ressenties par les pilotes. L'osmose ne s'est pas produite et le team d'usine n'a pas encore mis la main sur les meilleurs réglages.
À l'inverse de son directeur sportif, Gigi D'all'Igna, le directeur général de Ducati Corse voit dans la course d'Austin un moyen de motiver ses troupes : "Jack a décroché un podium très important qui nous dit que le Ducati Team est en train de trouver le bon feeling, bien que plus tard qu'espéré. Il s'agit maintenant de rattraper le dernier retard."
En bon adepte de la méthode Coué, il ajoute : "Même la cinquième place de Pecco, en apparence insatisfaisante, montre qu'il ne manque pas grand-chose pour atteindre l'harmonie et que ses performances gagnent en constance."
Des commentaires qui font peu état du talent de Bastianini. Pourtant, Alberto Giribuola, ex-chef mécanicien de Dovizioso et actuel de Bastianini, admet volontiers que les deux hommes ont un pilotage très similaire. Beau joueur, Jack Miller reconnaît qu'il a regardé les données de l'Italien et qu'il ignore comment il fait la différence. L'Australien constate que c'était déjà le cas l'an dernier et que la manière dont Enea Bastianini met les gaz est incroyable.