Barry Baltus de passage à la DH : "Si je décroche un contrat, ça peut faire revenir le MotoGP à Francorchamps !"
Le Namurois a fait un crochet par les locaux d'IPM pour définitivement tourner la page 2025.

- Publié le 03-01-2026 à 14h42
- Mis à jour le 03-01-2026 à 14h43

Ici, c'est Barry ! Dans les derniers jours de la défunte année, Barry Baltus est passé par les locaux d'IPM Group pour un entretien privilégié mais aussi une rencontre en petit comité avec des fans.
À 21 ans, le Namurois est assurément le sportif motorisé belge de 2025 à l'issue d'une campagne où il a dépassé toutes les espérances. Après en avoir bien profité pendant deux mois histoire de recharger ses batteries en vue de la prochaine saison, Barry sera attendu au tournant d'ici quelques semaines en Moto2.
Pour lui, le plus dur commence maintenant : confirmer sur la piste comme en dehors, et ne surtout pas se brûler les ailes.
Barry, votre saison 2025 a été clairement au-delà de toutes les espérances.
Oui, mais après, on avait fait des bons essais hivernaux en début de saison où on avait fini deuxième. Je ne m'attendais pas à faire autant de podiums et jouer devant à chaque course. On s'attendait à faire quelques podiums, mais pas à ce point-là. Au final, c'est venu facilement. Et ce qui est bien, c'est qu'on est resté constants jusqu'à la fin de saison, on a su garder ce Top 3 qui est juste incroyable. C'était vraiment une belle saison et ça m'a fait le plus grand bien de changer d'équipe et de rebondir chez Fantic après quatre années compliquées avec l'équipe hollandaise. Ils m'ont fait découvrir beaucoup de choses en dehors de la moto. Avant, comme je dis souvent, c'était beaucoup à l'instinct. Ici, il n'y a plus rien à l'instinct et je crois que c'est tous ces détails-là qui font la différence. Il faut kiffer tous les moments que je vis parce que ce sont des choses incroyables. En 2026, tout est remis à zéro donc il faut recommencer mais c'est sûr que c'est une bonne chose.
Quand vous êtes monté pour la première fois sur la Kalex de Fantic pendant l'hiver, vous aviez senti que ça pouvait le faire ?
Ouais, quand je suis monté pour la première fois sur la moto de chez Fantic, c'était à Jerez en 2024. Et directement, on a fait des bons tests. Dès la première journée, j'étais plus rapide qu'au cours des quatre saisons précédentes. J'étais plus à l'aise avec la moto, je pouvais la placer comme je le souhaitais et dès que je demandais un réglage, il était appliqué par le team.
J'étais dans une position plus confortable que mon équipier Canet.
Avez-vous senti vraiment une grosse différence de mentalité quand vous êtes passé de RW Racing à Fantic ?
L'équipe Fantic est l'ex-équipe Sky donc ce sont des gens qui ont déjà été champions du monde. Ils sont inévitablement capables de jouer devant chaque week-end. Il n'y avait pas cette ambition chez RW Racing qui était une équipe pour lancer des rookies. Le seul podium qu'ils ont fait de leur histoire, c'était avec moi en 2024 au Qatar. Disons que je suis passé de la D3 à la D1.
Quand vous avez signé chez Fantic, on a craint que vous soyez cantonné à un rôle de valet d'Aron Canet, référence du Moto2…
Il n'y avait pas vraiment de hiérarchie entre lui et moi, même si au début de saison, il était numéro 1 sur le papier. Mais nous avions le même matériel. J'étais dans une position néanmoins plus confortable que lui et en 2026, je vais être dans son rôle vu que je serai rejoint par Tony Arbolino, ex-pilote Marc VDS. Ça sera quelque chose en plus à gérer. En 2025, si je faisais mieux que cinquième, c'était que du bonus et l'équipe était contente tandis que lui devait absolument gagner.
Travailler avec Canet qui est un personnage haut en couleur avec tous ses tatouages, c'est comment ?
Très spécial, sincèrement. Il a donné une interview totalement déplacée à la RTBF. Quand Fantic a décroché le titre, il a écrit le lendemain sur ses réseaux sociaux qu'il n'y avait rien à célébrer, donc ça montre le genre de personnage.
Pas trop déçu de ne pas avoir gagné de course cette saison ?
Dans les dix premiers pilotes au championnat, je suis le seul qui n'a pas gagné. Mais c'est un mal pour un bien parce que ce n'est que partie remise pour l'année prochaine. Décrocher ma première victoire sera l'objectif de 2026. C'est passé très près à plusieurs reprises, je pense que je pouvais au moins en gagner trois en 2025 avec un peu plus de réussite.
Avec plus peu plus de réussite, je pouvais gagner trois courses en 2025.
Est-ce que le Barry Baltus de fin 2025 est différent de celui de fin 2024 ?
Ouais, très différent. J'étais en proie au doute il y a douze mois et maintenant, j'ai prouvé à tout le monde ainsi qu'à moi-même que j'avais le niveau pour jouer devant chaque week-end. Cela met en confiance. Auparavant, décrocher ne fût-ce qu'un point en course était déjà une réussite.
Avec vos podiums à répétition, il n'y a jamais eu autant de téléspectateurs belges qui ont regardé la Moto2. Comment fait-on pour gérer cette pression ?
Bah, c'est chouette sincèrement. En fin d'année, j'ai organisé une soirée pour les fans et les amis. Ce fut sold-out en un temps record. Donc ça montre qu'on gagne en popularité. Auparavant, il n'y avait pas beaucoup de drapeaux belges sur les Grands Prix. En 2025, ça a pris beaucoup d'ampleur et c'est normal vu que je suis le seul Belge à ce niveau. C'est une fierté de représenter mon pays au plus haut niveau et je le vis bien.
Vous aviez déclaré que le Grand Prix de France était un peu votre course à domicile par procuration. Pensez-vous que Spa-Francorchamps peut accueillir les courses de MotoGP ?
S'ils font les modifications, il y a moyen mais à l'heure actuelle, c'est sûr que c'est un peu compliqué. Pour moi ce n'est pas vraiment à cause du danger, on a été à des endroits cette année comme la Hongrie où sincèrement le dégagement n'est pas mieux qu'à Francorchamps, C'est déjà bien qu'ils ont fait revenir l'endurance à Francorchamps. Si je décroche un contrat en MotoGP, je crois que ça pourrait faire bouger les choses. C'est mon but pour 2027.
Les cinq premières courses seront déterminantes pour décrocher un contrat en MotoGP
En parlant de cela, avez-vous déjà eu des propositions pour accéder au MotoGP dès 2026 ?
On a parlé avec quelques équipes pour accéder dès 2026, mais aussi pour préparer le futur et préparer le terrain pour 2027. Dès qu'il y avait un test MotoGP, on essayait de voir s'il n'y avait pas une opportunité de tester la moto mais finalement, ça ne s'est pas fait. Les cinq premières courses de 2026 seront déterminantes pour décrocher un contrat.
On imagine que vous ne souhaitiez pas signer chez n'importe qui…
Oui et non. Johann Zarco a terminé neuvième du championnat avec LCR. Il n'y a pas vraiment d'équipe qui joue en fond de grille. Je crois que c'est surtout la marque de la moto qui définit la hiérarchie. En 2027, on risque d'avoir des surprises parce qu'il y a des nouveaux pneus. Il y aura beaucoup moins d'aéro, de nouveaux moteurs…

Que faites-vous pendant l'intersaison ?
Mi-janvier, je refais quelques essais privés et mi-février, on repart pour les essais officiels. Au final, l'intersaison est très courte. C'est très dur de garder le momentum. Je m'entraîne, je m'entraîne physiquement, je profite un peu de la famille, des amis et voilà, je passe du bon temps à la maison.
Vous partagez votre prénom avec celui de Barry Sheene. On vous en parle souvent ?
Un peu, mais j'ai rencontré sa fille et sa femme ici en Australie. Et c'était un bon moment, je ne les avais jamais rencontrés. Mon père était fan de lui et j'ai repris son numéro de course, le 7. Mais ce n'est pas mon idole. Je n'ai jamais été vraiment fan de quelqu'un spécialement.
Comment se passe votre relation avec Zelos ?
Très bonne. C'est grâce à eux que je suis chez Fantic qui m'a fait rebondir complètement dans ma carrière. Je suis protégé par Didier de Radiguès qu'on ne présente plus mais aussi par Didier Lambert qui est mon préparateur physique. Freddy Tacheny, le patron de Zélos, vient aussi me voir.
Êtes-vous un pilote payant ou payé ?
Jusqu'en 2025 on devait ramener du budget. 2026 sera la première année où je roulerai à l'œil.
Votre mentor Didier de Radiguès est passé avec succès des deux aux quatre roues. Pensez-vous suivre le même parcours ?
Pour l'instant, c'est beaucoup trop tôt pour le dire, je vais déjà essayer de me concentrer sur les deux roues. Mais non, ce n'est pas vraiment quelque chose qui me botterait, je me reconvertirais plutôt dans le triathlon ou le vélo.