L'île aux Trésor pour Ogier, l'île Noire pour Neuville: "Comme si je ne savais plus piloter une Hyundai!"
Le Français et Toyota dominent outrageusement aux Canaries. Neuville (8e) déjà à plus d'une minute.
- Publié le 24-04-2026 à 23h04
- Mis à jour le 24-04-2026 à 23h09

Versatile dans son climat entre le nord plus humide et le sud torride, avec son asphalte immaculé et ses virages rapides entre roche et rails, Gran Canaria est devenu en l'espace d'un an, le terrain de prédilection des Toyota Yaris GR Rally 1.
Témoignage de l'équilibre mécanique parfait entre la machine et ses pneus, les bolides du Team Gazoo Racing offrent à leurs pilotes ce carat ultime de performance leur permettant de mettre en oeuvre une domination outrageante.
Entre Las Palmas où le 'Panza de burro' (panse d'âne), ce banc de nuage bas qui s'accroche au relief et Las Palomas et ses plages rebondies de touristes cuisants de bonheur, rien ne change vraiment lorsqu'on s'appelle Sébastien Ogier.
Deuxième l'an dernier derrière l'inaccessible Rovanperä, le champion en titre n'a pas mis longtemps à se remettre dans le bain, transformant le plus grand caillou des Canaries en île aux Trésors, dans sa quête d'une 10e couronne mondiale.
Dans le match peu amical qui l'oppose inévitablement à un équipier, le 'patron' a trouvé le challenger idéal. Jeune et fougueux, deuxième du championnat, Oliver Solberg, lauréat au Monte-Carlo et piégé en Croatie a appris sa leçon pour gérer sa performance sur l'île de la Tentation face au maître.
"Vous savez, Oliver a déjà prouvé qu'il n'avait plus rien à apprendre, lance Ogier avant son retour à Las Palmas et la deuxième mi-temps de la Super-Spéciale dans le stade de football de Gran Canaria. "Notre journée a été presque parfaite et il faudra poursuivre sur le même rythme tout le week-end."
Derrière les duettistes, Sami Pajari et Elfyn Evans s'accrochent, tandis que Takamoto Katsuta complète le top 5, tout heureux de compléter le Top 5 provisoire de son employeur.
Changement de décor dans le clan Hyundai où, près d'un an après la déconvenue totale subie sur ce bout d'Espagne perdue dans l'Atlantique, rien n'a changé. Ni les centaines d'heures d'essai, ni les solutions apportées ne semblent avoir porté leurs fruits pour le constructeur Sud-Coréen pour qui les Canaries se transforment décidément en île Mystérieuse.

Il suffit de voir les mines déconfites de Thierry Neuville et Adrien Fourmaux tout au long de la journée pour comprendre à quel point la désillusion était grande. Et ce seum qui n'en finit pas de se prolonger depuis douze mois commence vraiment à peser. "J'avoue que j'ai mal dormi après le shakedown de jeudi, glissait Neuville. J'ai essayé un peu tous les styles de conduites aujourd'hui. Plus agressif, plus doux, plus coulé : malheureusement rien ne change. Le sous-virage m'empêche d'accélérer plus tôt en sortie de courbe ce qui nous fait perdre un temps précieux dans chaque virage."
D'un peu plus d'une demi-seconde en matinée, l'addition devenait plus salée encore pour notre compatriote durant l'après-midi, avec quasiment une seconde perdue au kilomètre le plaçant à la traîne, à une décevante huitième place, dans le peloton Hyundai derrière le pigiste Dani Sordo (6e) et Adrien Fourmaux (7e).
"La confiance en la voiture est essentielle si l'on veut aller vite sur ce type de tracé", ponctuait Neuville dubitatif, et pour qui cette île s'apparente désormais à l'île Noire. "C'est comme si je ne savais plus comment piloter cette Hyundai…"
