JO 2024 - Marathon: "Ça va être un vrai champ de bataille", prédit Koen Naert, Bashir Abdi "veut en découdre"
Le marathon de ce samedi sera peut-être le plus difficile de l'histoire. Voici pourquoi.

- Publié le 10-08-2024 à 00h18

"Je veux une médaille d'une autre couleur qu'au Japon." Troisième du marathon olympique il y a trois ans à Sapporo, Bashir Abdi ne cache pas son ambition avant celui de ce samedi matin (départ à 8h).
S'il avoue se sentir "plus frais" aujourd'hui – il avait longtemps souffert du décalage horaire –, le Gantois de 35 ans s'appuie aussi sur un long stage à Font-Romeu pour se convaincre de son bon état de forme. Il faut dire qu'il a connu quelques mois difficiles, marqués par une fracture de fatigue. "J'ai mal vécu cette période, glisse celui dont le record personnel est de 2h03:36. Mais je pense qu'elle m'a rendu plus fort mentalement. J'ai hâte d'en découdre."
La côte… belge
Il compte sur sa science de la course pour "faire la différence dans les dix, douze derniers kilomètres". Soit après l'énorme difficulté du parcours : la Montée du Pavé des Gardes, une bosse de 600 mètres de long à 10 % de moyenne (avec un pic à 16 %), appelée Belgian Hill (côte belge) depuis qu'un certain Remco Evenepoel y a effectué un grand numéro samedi dernier. "Ça va être un vrai champ de bataille, pronostique Koen Naert, qui a reconnu le parcours à six reprises. Cette côte fera d'autant plus de dégâts que son sommet se situe à 12 bornes de l'arrivée, c'est-à-dire au moment où tu es déjà dans la phase de résistance. Il faudra également faire attention dans la descente parce que les muscles seront tendus. Et en cas d'efforts inconsidérés, on risquera la déchirure."
Le Roularien de 34 ans (RP : 2h06:56) en sera, lui, à sa 3e expérience olympique, après Rio (22e) et Tokyo (10e). "J'espère décrocher mon diplôme olympique, dit-il. Un top 8 olympique, ça ne serait pas rien."
Il estime que ce marathon sera plus difficile que les deux premiers. "La combinaison entre la chaleur que l'on annonce et le parcours très compliqué ne nous facilitera pas la tâche, explique le champion d'Europe 2018. Je pense d'ailleurs que je n'ai jamais eu affaire à un tracé aussi difficile. En général, il y a deux sortes des marathons : ceux, tout plats, où l'on peut faire un très bon chrono et, plus techniques, dans le centre des villes, où il faut se battre contre soi-même. Mais celui-ci est hors catégorie." L'expérience et la connaissance de soi constitueront des facteurs cruciaux.
Michael Somers sera le 3e participant belge.
Dimanche, Chloé Herbiet et Hanne Verbruggen défendront les intérêts noir-jaune-rouge sur le même parcours, chez les femmes (dès 8 h).