L'émotion de Mikaela Shiffrin, qui décroche l'or olympique 12 ans après son premier titre : "Je dois remercier mon équipe, ma famille et ma psy"
À 30 ans, la skieuse américaine retrouve la plus haute marche du podium en slalom aux JO.
- Publié le 18-02-2026 à 17h46

En atomisant la concurrence, Mikaela Shiffrin a refermé de la plus belle façon pour elle le portillon olympique des épreuves de ski alpin des Jeux de Milan-Cortina, ce mercredi après-midi, dans la station de Cortina d'Ampezzo.
L'Américaine de 30 ans, qui a signé un temps cumulé de 1.39.10 sur l'Olympia delle Tofane, a repoussé à 1'50 sa plus proche poursuivante, la Suissesse Camilla Rast (1.40.60), la Suédoise Anna Swenn Larsson prenant le bronze à 1'71 (1.40.81).
Un écart phénoménal (le plus important en ski alpin depuis 1998 et le plus conséquent en slalom féminin depuis 1988) que Shiffrin a principalement construit au cours de la première manche où, sous un généreux soleil, elle a conservé 82 centièmes d'avance sur l'Allemande Lena Duerr. Celle-ci n'a ensuite pu profiter de cette bonne position en raison d'une sortie très rapide en seconde manche après avoir enfourché au premier piquet…

"Chaque grand moment que j'ai vécu dans ma carrière est spécial, commente Mikaela Shiffrin. Il y a eu des hauts et des bas et cette victoire semble la chose la plus importante aujourd'hui mais, au final, cela fait partie d'un grand rêve. Tout le trajet a été incroyable, avec des moments de bonheur incroyables et d'autres où j'ai cru que je ne pourrais pas survivre. J'en parle comme de la chose la plus normale du monde mais la vie est vraiment folle !"
La native de Vail, dans le Colorado, vient d'ajouter un troisième titre olympique à ceux de slalom en 2014 à Sotchi et de slalom géant en 2018 à PyeongChang pour un total de quatre médailles (en 2018, elle s'était aussi parée d'argent dans le combiné). Elle qui était devenue, à 18 ans, la plus jeune skieuse américaine à décrocher l'or olympique est à présent la plus âgée à avoir réalisé cet exploit.
Ce que je dirais à la Mikaela de 2014 ? Accroche ta ceinture !
"Ce que je dirais à la Mikaela de 2014 ? Accroche ta ceinture, rigole la skieuse aux 108 victoires en Coupe du monde et aux 8 titres de championne du monde. Qui ne voudrait pas connaître ce que vous réserve le futur ? Moi-même, avant la course, j'aurais donné n'importe quoi pour savoir ce qui m'attendait dans la journée."
Se retirer du bruit
Après s'être loupée lors du slalom en combiné (4e), Mikaela Shiffrin n'avait plus qu'une course pour éviter le même bilan "blanc" qu'en 2022.

"Je me doutais que des histoires négatives voire frustrantes, qui ne correspondent pas à la réalité de ce sport ou aux exigences qu'il requiert, allaient sortir, donc je n'ai pas du tout regardé les réseaux. J'ai juste parlé à mes proches, à mon staff, et ils m'ont tous rappelé que l'important c'est le moment entre le départ et l'arrivée. Cela implique des risques, et de possibles nouvelles critiques, mais au final je l'ai fait. Je dois remercier mon équipe, ma famille et ma psy. Il fallait se retirer du bruit et simplifier les choses au maximum."
L'absence du père
La triple médaillée d'or olympique a également eu un moment de recueillement "pour se connecter avec les gens qui ne pouvaient pas être ici" dont son père, décédé en 2020.
"Après un deuil, tout ce qu'on fait dans la vie ressemble un peu à une renaissance et j'ai toujours eu peur de ce moment. Aujourd'hui c'est peut-être la première fois où je peux accepter l'absence de mon père et la considérer comme une réalité."