Jorre Verstraeten est le premier Belge en lice à l'Euro de judo à Tbilissi : "Sans médaille, ça pique toujours un peu"
Le Louvaniste (28 ans/-60 kg) est, avec Matthias Casse, le judoka belge le plus expérimenté avec une neuvième participation.

- Publié le 15-04-2026 à 20h12

Avec Matthias Casse, Jorre Verstraeten est le judoka belge le plus expérimenté à l'Euro. Sérieux sur le tatami, souriant en dehors, il aborde ce rendez-vous, l'esprit serein. À 28 ans, le Louvaniste en est ce jeudi, à Tbilissi, à sa neuvième apparition sur la scène continentale avec un bilan de trois médailles toutes de bronze. Mais la dernière date déjà de 2022 à Sofia. Très régulier depuis un an, il espère retrouver en Géorgie ce podium qui lui a (encore) échappé il y a un mois en Grand Chelem. Rencontre.
Jorre, retour à Tbilissi. Pour une médaille, cette fois ?
"On verra parce que ça ne dépend pas que de moi. J'essaierai de donner le meilleur de moi-même et la journée décidera si j'en suis récompensé avec une médaille. J'ai tout mis en œuvre dans ma préparation. Je me suis bien amusé, épaté même. C'était chouette. Je me sens bien. Je suis assez satisfait de ma régularité ces derniers mois. C'est important, rassurant. J'ai l'impression de pouvoir utiliser mon expérience. C'est un plaisir d'avoir de longues journées parce que combattre, c'est ce que j'aime le plus."
Votre catégorie, -60 kg, est toujours très relevée, non ?
"Tout va très vite ! Dans un sens comme dans l'autre. Je ne peux donc pas prédire l'avenir. L'essentiel est de prendre du plaisir sur le tatami, tout en me tenant au plan tactique. Après Paris, où je n'avais pas de bonnes sensations, j'ai repris confiance dans mon judo à Tbilissi, même si la médaille m'a échappé. Et ça pique toujours un peu."
Comment vous êtes-vous préparé en vue de cet Euro ?
"J'ai participé à de nombreux stages. Après Tbilissi, il y a un mois, nous sommes partis en Hongrie. Avant, nous avions été en Tchéquie et, encore avant, au Japon. Pour moi, c'était la troisième fois en huit mois : septembre, décembre, février."
Qu'y a-t-il de différent au Japon par rapport à l'Europe ?
"Énormément de volume, de randoris (simulation de combat). En fait, le rythme est un peu plus lent; ce qui permet plus de volume. Sur un entraînement, il y a toujours entre douze et quinze randoris. Deux fois par jour. En Europe, on est souvent à huit, parfois dix. Ce n'est pas forcément plus physique parce que les Japonais sont réputés pour utiliser leur technique. Ils sont forts à la garde et en positionnement. La moindre erreur se paie cash ! Il y a de la qualité. Un Japonais, même inconnu, venant d'une université, est très fort. Il est capable de me jeter. C'est donc très intéressant en début de saison, quand on a besoin à la fois de quantité et de qualité. C'est la raison pour laquelle nous nous y sommes rendus en février, après Paris, pour préparer l'Euro."
Vous avez longtemps été coaché par Cédric Taymans, comment cela se passe-t-il avec Pedro Guedes, arrivé en septembre ?
"Bien. Très bien même. Il apporte une autre vision. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il a modifié mon judo mais il y a ajouté certains détails. Il a réouvert certaines portes qui étaient fermées dans la vision que j'avais. Quoi qu'il en soit, c'est chouette parce que j'ai la sensation de pouvoir encore apprendre, évoluer. C'est important pour un sportif de haut niveau, quelle que soit sa discipline. À 28 ans, ça commence à compter. Ceci dit, Cédric m'a beaucoup appris, m'a toujours aidé, m'a formé même. Aujourd'hui, Pedro développe mon judo. Sur la chaise de coach, il est moins calme mais ça ne me dérange pas. Il ose dire ce qu'il pense, tant vis-à-vis de moi que des arbitres. Il est plus expressif mais il ne faut pas comparer les deux car ils ont, l'un et l'autre, beaucoup de qualités. Je ne remercierai jamais assez Cédric pour tout ce qu'il m'a appris. Ce changement, je le vois comme une opportunité."