Matthias Casse, serein avant l'Euro : "J'ai vraiment galéré pour revenir"
L'Anversois retrouve Tbilissi où il a décroché la médaille de bronze, en -81 kg, lors du Grand Chelem. La première depuis onze mois…

- Publié le 17-04-2026 à 18h02
- Mis à jour le 17-04-2026 à 18h13

C'est l'esprit serein, rassuré, soulagé, que Matthias Casse est de retour ce samedi, à Tbilissi, théâtre de l'Euro 2026. Il y a un mois, dans le "Palace olympique" de la capitale géorgienne, l'Anversois a, il est vrai, décroché une médaille de bronze en Grand Chelem après onze mois d'attente depuis… l'Euro 2025 ! C'était à Podgorica, au Monténégro, où il était monté sur la troisième marche du podium, aux côtés du Russe Arbuzov, du Géorgien Grigalashvili et de l'Azéri Tckaev, autant d'adversaires qu'il retrouvera sur le tatami.
"Les deux premiers sont champion et vice-champion du monde, mais me concentrer sur eux serait une erreur parce qu'il y en a beaucoup d'autres en -81 kg capables de monter sur le podium. Ceci dit, c'était chouette de décrocher cette médaille. Elle m'a procuré beaucoup de bien sur le plan mental. Et, surtout, il y a la manière. Je me sentais bien sur le tatami. J'espère que ce sera le cas à l'Euro."
Après deux apparitions infructueuses, alors qu'il était encore junior, Matthias Casse a toujours combattu pour une médaille à l'Euro depuis 2019, année de son titre, à l'exception de 2024, quand il avait renoncé et tout misé sur les Jeux de Paris. Inutile de s'appesantir sur sa déception de ne pas y avoir atteint son objectif, l'or olympique, après le bronze à Tokyo, mais impossible de ne pas constater que ce cruel revers eut des conséquences sur la carrière de l'Anversois.
"Il s'en est passé depuis Paris. Après les Jeux, j'ai pris quelques mois de repos et j'ai vraiment galéré pour revenir. Mon corps avait besoin de temps. Je n'étais pas à 100 %, même si j'ai décroché deux médailles dans la première partie de l'année 2025. Puis, je me suis blessé au genou, dont j'ai été opéré pendant l'été. Encore trois mois à l'arrêt, sans pouvoir m'entraîner comme je le devais. Ce n'est donc qu'il y a un mois, à Tbilissi, que je me suis à nouveau senti bien. Beaucoup de monde est venu me trouver pour me dire qu'ils avaient revu le Matthias d'avant. Et c'est vrai : je me sentais plus libre sur le tatami, capable de pratiquer mon judo. C'était bien."
Trois fois au Japon en huit mois
Se reconstruire, tel est le terme qui convient le mieux au Matthias Casse actuel, à nouveau redoutable et redouté. "Je pense qu'on travaille de nouveau dans la bonne direction, mais il est évident que le résultat, la médaille, sont venus confirmer mon ressenti. Battre deux Géorgiens chez eux n'est jamais évident, même s'il y en a un troisième. Le plus costaud."
Tato Grigalashvili, pour ne pas le citer, triple champion du monde et d'Europe, vice-champion olympique, très discret cette saison avec une compétition, à Linz, en -90 kg (or), à son actif. Entre-temps, Casse, lui, ne s'est pas caché, même si ces derniers mois ont surtout été consacrés aux stages pour redevenir lui-même. Et il y en a tellement qu'il doit consulter son agenda pour en donner le canevas.
"Cette saison, il y eut Mittersill, Herstal, Paris, le Japon, la Tchéquie, Tbilissi et la Hongrie. Je n'ai pas été souvent en Belgique, mais je pense que c'est nécessaire. Au Japon, il y a une énorme qualité sur le tatami avec une centaine de judokas qui n'hésitent pas à venir nous chercher pour combattre. Le volume d'entraînement est plus important que partout ailleurs. Une journée là-bas, c'est : se lever, déjeuner, judo, dîner, sieste, judo, souper, se coucher. Il n'y a rien d'autre, mais c'est l'idéal pour se préparer. Je me suis déjà rendu au moins quinze fois au Japon. Il y a une telle densité, mais seuls les meilleurs ont l'occasion de sortir pour participer à des compétitions. Et ils décrochent souvent des médailles."
Grace me soutient énormément et elle est importante pour moi.
Heureusement, à l'Euro, il n'y a pas de Japonais… En revanche, deux gars sortent du lot, le Russe Arbuzov et le Géorgien Grigalashvili. "J'y penserai le moment venu. Je les connais. Mais il y a tant d'autres adversaires à battre avant."

En Grand Chelem, l'Anversois s'est incliné face à l'Ukrainien Svidrak en quart de finale, mais s'est repris en repêchage et pour le bronze. "J'ai commis une petite erreur qui m'a coûté la victoire. C'était la quatrième fois qu'on se rencontrait et j'avais gagné les trois premières. Je ne suis pas inquiet. Il s'est renforcé et je dois en tenir compte à l'avenir. En revanche, j'ai combattu contre des nouveaux, des jeunes. Ce sont souvent des Ouzbeks, des Kazakhs ou des Tadjiks. Quand je ne les connais pas, Dirk Van Tichelt est important parce qu'il regarde tous les combats des judokas que je pourrais prendre. À l'échauffement, il me détaille les forces et les faiblesses de celui que je dois rencontrer. J'ai également assez d'expérience pour contrôler un combat et m'imposer."
Pour le plus grand plaisir de Grace, sa fiancée, qu'il épousera en juillet. "Une autre grande et belle étape dans la vie ! Grace me soutient énormément et elle est importante pour moi."