De 1995, à Bath, à 2007, à Birmingham, notre compatriote s’est, déjà, constitué un solide palmarès

BIRMINGHAM Coïncidence : nos deux championnes d’Europe ont le même âge ! Ou presque puisque Tia a pris un peu d’avance en fêtant ses 29 ans le 16 février alors que Kim est née le 5 août. Il n’empêche, Kim Gevaert et Tia Hellebaut sont de la même génération… Coïncidence encore : si on oublie les Championnats d’Europe juniores auxquels Kim a participé en 1995 à l’âge de 16 ans, nos deux championnes d’Europe ont débuté leur carrière internationale au Festival olympique de la Jeunesse européenne, à Bath. Mais la comparaison s’arrête là !

Car si Tia tutoie désormais les sommets mondiaux (elle fut sixième en 2005, à Helsinki, et en 2006, à Moscou, avant d’être sacrée championne d’Europe à Göteborg et à Birmingham), Kim peut, elle, se targuer d’une fameuse collection de médailles.

Ainsi, de 1995, à Bath, à ce dimanche, à Birmingham, la Louvaniste en totalise… treize, dont neuf depuis Vienne 2002, lieu et date de sa révélation sur la véritable scène internationale ! Ce palmarès inspire, bien entendu, le respect, d’autant que ses succès, Kim les a forgés à force d’entraînement. Talentueuse, Gevaert est une fille sérieuse qui sait où elle va. Discrète, humble, elle est solide mentalement, ne lâche rien sur la piste mais parvient toujours à relativiser parce que, contrairement à beaucoup d’autres (dont les Américaines pour qui le sport est surtout un gagne-pain…), l’athlétisme n’est pas toute sa vie.

Le parfait équilibre familial

Née à Louvain, élevée avec ses deux frères et sa sœur au sein d’une famille bourgeoise du Brabant flamand, Kim s’est toujours intéressée à tout, décrochant une licence en logopédie avec grande distinction ! Enfant, elle fut une excellente pianiste et flûtiste. Elle aurait d’ailleurs pu entamer une carrière dans la musique comme son frère cadet, actuellement au conservatoire, section piano. “Mais j’aimais trop bouger !” a-t-elle coutume de raconter.“Je n’au- rais pas pu passer une journée ou mê- me une demi-journée assise devant le clavier de mon piano…”

C’est pourquoi elle a choisi le sport, l’athlétisme en particulier, comme son frère aîné qui, alors qu’elle avait 15 ans, l’emmena pour la première fois à l’entraînement, à Louvain. C’est là qu’elle rencontra Rudi Diels, son entraîneur, qui ne mit pas longtemps à déceler un talent à l’état pur. Encore devait-elle accepter de s’investir pour franchir les étapes qui l’ont menée aujourd’hui au statut d’athlète internationale, unanimement appréciée par ses pairs en Belgique et à l’étranger. “J’ai toujours entendu au cours de ma carrière que j’étais trop petite, trop fine et aussi pas assez musclée !” expliquait-elle tout récemment dans une interview à L’Équipe Magazine.
Il est vrai que, dans le monde bodybuildé du sprint, Kim présente un gabarit plutôt banal avec son 1,70 m et ses 59 kg. Mais attention : il vaut mieux ne pas sous-estimer sa force, surtout lorsqu’il s’agit de pousser dans les starting-blocks… Le départ est d’ailleurs son point fort, même si, ce dimanche, à Birmingham, c’est sur d’autres qualités que Kim s’est appuyée pour s’imposer.

Sa force mentale, conjuguée à sa force physique, et une volonté inaltérable lui ont permis de monter, une fois de plus, sur le podium. En attendant les prochaines échéances, en août, au Mondial d’Osaka et, surtout, en 2008, aux Jeux de Pékin où, si elle parvient à reproduire ses chronos de l’été 2006, sur 100 m (11.04) et sur 200 m (22.20), elle ne devrait pas être loin de la consécration planétaire. D’autant qu’en s’intensifiant, la lutte antidopage semble être devenue un de ses atouts…