Les randonnées et balades à vélos rencontrent toujours plus de succès : explications avec une "baliseuse" de sentiers GR
La randonnée et la balade à vélo restent des activités toujours aussi prisées. Explications et rencontre avec une baliseuse de sentiers "GR" qui nous parle de sa passion.
- Publié le 19-11-2023 à 14h14

Le Covid est passé par là. Coincés dans une atmosphère anxiogène et pesante, beaucoup ont trouvé dans l'activité physique un exutoire salutaire. La marche a ainsi retrouvé ses lettres de noblesse, tandis que la vente des vélos a connu un "boom" sans précédent.
Aujourd'hui, si l'on prend la randonnée, l'intérêt semble ne pas être retombé. Première confirmation auprès de l'Adeps, dont les rendez-vous ne désemplissent pas. "La tendance est au statu quo par rapport aux chiffres excellents des années Covid, explique ainsi Sabrina Defoort, responsable des marches Points verts. L'intérêt pour cette pratique sportive est resté. Par contre, on constate une baisse dans les demandes d'organisation. Nous étions à plus de 1 000 rendez-vous cette année et nous ne devrions en avoir qu'environ 950 l'an prochain. La crise des bénévoles est présente aussi chez nous. Autre chose: pas mal de personnes ne passent plus par le secrétariat avant de démarrer la marche. Une habitude prise depuis le Covid, quand il n'y avait pas d'infrastructures d'accueil pour les marcheurs. Moins facile pour nous d'avoir un chiffre bien précis de fréquentation…"
Sur le terrain, tous ces marcheurs croisent souvent sur leur chemin multitude de balises. Pour la randonnée, le vélo, le VTT, voire le ski (!) sur les points hauts de Belgique. Comment s'y retrouver ? Première chose à savoir: depuis le 1er septembre 2022, dans un souci d'uniformisation, le Gouvernement wallon a adopté un décret obligeant tout nouvel itinéraire permanent à utiliser des moyens de balisage bien définis.
"C'est le Commissariat général au Tourisme qui délivre les autorisations et qui définit désormais (NDLR: depuis fin novembre 2022) les types de balises à utiliser", nous indique Catherine Langue, qui s'occupe au CGT de la coordination des aspects nature en lien avec les itinéraires touristiques balisés. "Celles-ci ne sont pas toujours obligatoires sur le terrain. Le réseau RAVeL ne doit, par exemple, pas faire l'objet d'une autorisation. Même chose avec les sentiers de grandes randonnées (GR), qui utilisent leurs propres signes, à savoir les deux traits de couleur rouges et blancs (ils ont une dérogation)."
5 200 kilomètres de sentiers balisés
On passera sur le reste de l'aspect "règlement" pour aller à la rencontre de Michèle Rosoux, une professeur de mathématiques à la retraite, qui fut tout un temps coordinatrice des bénévoles s'occupant du balisage des GR en province de Liège et qui, aujourd'hui, arpente toujours les sentiers avec son attirail de parfaite baliseuse.
"Je connais les GR depuis mon passage chez les guides dans les mouvements de jeunesse, nous explique-t-elle. À l'époque, c'était le Graal pour moi. J'adorais me promener, en Belgique et ailleurs. Lorsque la retraite est arrivée, une amie m'a amenée vers cette association lancée en 1959 chez nous par les frères Cailloux, soit huit ans après la première apparition des fameuses couleurs "rouge et blanche" en France. J'ai été écolée par un baliseur expérimenté, puis je me suis lancée…"
La base de son "travail" est l'entretien de ce qui est existant. Cela va du rafraîchissement des balises grâce à de la peinture qu'elle a avec elle, jusqu'à un "toilettage" autour de la balise pour que celle-ci soit bien visible (principalement de la coupe de végétaux au sécateur.)
"Il y a, sur Bruxelles et la Wallonie, quelque 5 200 kilomètres de sentiers balisés, nous indique Michèle Rosoux. Nous sommes environ 350 bénévoles chargés du balisage. Sur une période donnée, généralement un an, chacun a la responsabilité d'une quinzaine de kilomètres. En allant régulièrement sur "notre" sentier, on voit les défauts et on les corrige. Parfois, on voit un plus beau tronçon que celui imaginé à la base. Après discussion avec un responsable, il nous arrive de procéder à un changement, sur le terrain, mais aussi dans nos publications et sur notre site ( https://grsentiers.be). On peut également mettre en place des déviations temporaires, suite à des travaux, un éboulement… Toujours dans le respect d'une charte du balisage qui existe, histoire que tous les tracés soient homogènes. On se doit de respecter certaines règles communes, c'est normal…"
Une constance, dans tous ces tracés, réside dans le fait que tous les chemins sont publics. Pas question, évidemment, de se retrouver sur un domaine privé sans autorisation préalable.
Notre but est d'amener les gens là où ça en vaut la peine, vers des lieux magiques, magnifiques.
Une autre, qui résume parfaitement ce que l'on retrouve en général derrière le travail de tous ces bénévoles baliseurs, est le partage.
"Nous sommes tous des amoureux de la marche et de la nature, insiste notre interlocutrice. Notre but est d'amener les gens là où ça en vaut la peine, vers des lieux magiques, magnifiques. L'effort physique n'est pas la motivation. L'idée n'est pas d'arriver le plus vite possible à destination. C'est plutôt d'y arriver après avoir emprunté un maximum de jolis chemins, tout en minimisant les tronçons asphaltés. On veut vraiment montrer de beaux coins et mettre en évidence de belles régions."
29 GR à Bruxelles et en Wallonie
Concrètement, toute cette passion mise en commun au fil des années fait qu'il existe aujourd'hui 29 sentiers GR à Bruxelles et en Wallonie. Ils ont tous un numéro et, surtout, un topoguide dédié, qui fournit un descriptif détaillé, des cartes, des renseignements culturels et historiques, et toutes sortes d'autres faits concernant l'itinéraire suivi. Soit 5 200 kilomètres à faire en marchant, calmement, dans l'observation et la contemplation…
Au-delà, certains GR internationaux traversent notre pays, comme le GR5, qui relie la mer du Nord (Rotterdam) à la Méditerranée (Nice). Ou encore le GR 15, qui associe l'Eifel Allemand à notre Ardenne.
Enfin, dans un souci de diversification, les Sentiers de Grande Randonnée ont lancé depuis quelques années des GR de pays (souvent balisés en rouge et jaune). Autre innovation: des livrets renseignant et décrivant pour chaque province de 15 à 32 balades en boucles. Les itinéraires se déroulent à la fois sur un tronçon arborant les petites balises "blanc et rouge" et sur des sentiers non balisés, mais décrits avec précision.
De vrais "outils" de découverte…
S'y retrouver dans les balises
RAVeL, GR, points-nœuds: apprenez à vous y retrouver dans tous les signaux de direction que l'on peut trouver sur nos chemins.
Points verts
Près de 1 000 organisations par an. Ce qui nous donne, pour tous les dimanches et jours fériés, un peu partout en Fédération Wallonie-Bruxelles, des marches balisées de 5, 10, 15, 20 kilomètres. Le calendrier complet, interactif, peut être trouvé sur le site de l'Adeps ( www.sport-adeps.be). En ce qui concerne les balises employées, qui ne sont pas permanentes, chaque distance a sa couleur (bleue pour le 5 km, orange pour le 10, grises pour le 15 et rouge pour le rouge).

Extratrail
Extratrail est un réseau conçu pour la pratique du trail, mais peut très bien être utilisé par les marcheurs. Il existe 30 tracés permanents répartis sur plus de 600 km et 17 000 m D +, cela sur les communes de Spa, Theux, Trois-Ponts, Jalhay, Malmedy, Stavelot et Stoumont, soit dans l'est de la province de Liège. Chaque commune présente généralement quatre parcours sur des distances variées (5 – 10 – 20 – 30 – 40). Un balisage est présent, très bien fait, qui associe lui aussi des couleurs à la difficulté. Renseignements: www.extratrail.com. Une version similaire (centre de trail) existe aussi en Famenne ( www.trailenfamenne.be)

Compostelle
Elles sont plus rares, mais vous pouvez tomber sur elles si vous pratiquez régulièrement la marche à pied. Les balises des chemins de Saint-Jacques se trouvent sur les 7 parcours qui existent en Wallonie. Il s'agit soit d'une coquille bronze au sol ou d'un carré bleu et coquille jaune ailleurs. Pour rappel, les chemins de Saint-Jacques sont inscrits au Patrimoine mondial de l'humanité. À l'origine, ces grandes voies conduisaient les pèlerins des confins de l'Europe au tombeau de l'apôtre en Galice.

Normes
Toute réalisation d'un nouvel itinéraire ou d'un nouveau réseau de promenades (à vélo ou à pied) permanents doit faire l'objet d'une demande auprès du Commissariat général au Tourisme (CGT) wallon. Une fois le "go" donné, les concepteurs du projet devront utiliser les balises fournies par celui-ci, ceci dans une optique d'harmonisation des balises. Pour rappel, les balisages temporaires, le RAVeL et l'une ou l'autre dérogation (Extratrail, par exemple) ne sont pas concernés par cette obligation d'usage de la nouvelle norme.
Balises à trouver en suivant ce lien : https://organismes.tourismewallonie.be/itineraires/balisage/#signes-a-utiliser

GR
Avec leurs quelque 5 200 kilomètres sur Bruxelles et la Wallonie, les sentiers de grande randonnée (GR) présentent sûrement le plus de balises permanentes par chez nous. On distinguera d'abord les balises "blanc-rouge" des "jaune-rouge", ces dernières étant dédiées au GR de pays (en boucle). Il y a aussi des balises de changements de direction et la fameuse croix de Saint-André qui indique que vous êtes partis sur une mauvaise direction. Retrouvez la signalétique sur https ://grsentiers.be.

Points-nœuds
À la base, les "points-nœuds" ont été créés pour permettre aux mineurs limbourgeois de se déplacer dans les galeries de mines sans s'égarer. La Flandre a adopté le système pour des balades à vélo "en surface." Vinrent ensuite les cantons de l'Est puis, peu à peu, la Wallonie. L'idée (en gros) est de créer sa balade sur mesure sur ordinateur ou smartphone (application Wallobike ou www.nodemapp.com) et de suivre des balises directionnelles sur le terrain. Vous choisissez un point de départ, un autre d'arrivée et vous avez une liste de numéros à suivre, que vous pouvez imprimer ou télécharger.
On notera qu'il existe une version "randonnée pédestre" de ce système des points-nœuds. Les balises officielles du Code wallon du tourisme sont de plus en plus utilisées, qui prennent exemple sur celles utilisées dans les cantons de l'Est. Un exemple avec le réseau de la région de Sombreffe : https://www.sentiers5140.be/pnpexplications

RAVeL
Un des réseaux les plus connus. Pour la marche, le vélo, le roller… Le RAVeL (pour réseau autonome des voies lentes) a été essentiellement aménagé sur des chemins de halage ou d'anciennes lignes de chemin de fer. On compte ainsi plus de 45 itinéraires locaux balisés (plus de renseignements sur https://ravel.wallonie).
On notera que dix itinéraires régionaux et quatre itinéraires internationaux ont été créés grâce à des liaisons, ce qui offre plus de 2 000 kilomètres de voies vertes et vélo routes.
