Johan Walem a découvert l'envers du décor à l'ACFF il y a sept mois : "Directeur technique, c'est un rôle compliqué"
Nommé directeur technique de l'ACFF en novembre, Johan Walem nous livre son ressenti sur sa fonction et sur les défis à relever du foot francophone.

- Publié le 21-06-2025 à 10h15

Il y a sept mois, Johan Walem était nommé directeur technique de l'ACFF. Un rôle nouveau pour l'ancien milieu de terrain qui a commencé par observer. Sur le terrain mais aussi dans ses bureaux basés à Tubize. C'est là que l'aile francophone a posé ses quartiers et le lieu va vibrer ce samedi avec le passage tout au long de la journée de plus d'un millier de personnes pour les portes ouvertes de l'ACFF.
L'occasion de revenir sur ses dossiers et son nouveau quotidien.
Après sept mois, quel bilan pourriez-vous dresser ?
"Je suis toujours en période d'apprentissage car la matière est tellement vaste qu'il n'est pas faisable en si peu de temps de tout connaître. Je crois qu'il faut au moins un an, un an et demi. Et encore. On prend ses marques, on développe des choses, on apprend, on écoute, on prend certaines décisions."
La charge administrative de mon travail est lourde, trop lourde.
Quelle est votre plus grande décision pour l'instant ?
"Au niveau technique, on revoit la base de pyramide de talents chez les garçons, U10 jusqu'en U12 et FPJ13 (Formation provinciale des jeunes). C'est une grande avancée et une nouveauté. Ensuite, on s'attaque aux formats et aux filles. D'ailleurs, on vient de créer un 2e centre élite pour les filles à la RAAL après celui du Standard. Il n'était pas prévu mais j'y tenais beaucoup."

Qu'est-ce qui a été marquant durant cette période d'observation ?
"La charge administrative de mon travail. C'est lourd, trop lourd. J'ai d'ailleurs demandé de l'aide à mon CEO (NdlR : Thomas Rodriguez) pour pouvoir me préoccuper davantage de l'aspect plus technique car il y a des choses intéressantes à apporter et les collaborateurs sont demandeurs. C'est chouette mais pour cela, il me faut plus de temps sur le terrain."
Le travail de bureau prend trop de place ?
"Oui mais vu l'ampleur de la charge et des quatre départements, c'est normal."
Vous voulez rester un homme de terrain ?
"En tout cas, je fais de mon mieux, mais, oui, je reste un homme de terrain. Je ne vais pas l'enlever de ma personnalité car c'est une de mes qualités. J'étais conscient de la charge de travail mais à nous aussi d'apporter des évolutions à la structure."
Comment réussissez-vous à vous épanouir alors ?
"J'ai voulu tester un peu de tout dans le monde du foot et j'aurai, finalement, tout fait. À chaque fois, il a fallu une grosse adaptation. Ici, oui, c'est difficile. C'est un rôle compliqué, mais j'essaie d'apporter ce que je peux. Ensuite, on fera les comptes au moment voulu."

Vous vous êtes fixé une deadline pour réussir à mieux remplir votre rôle ?
"J'ai en tout cas toujours été clair avec la direction. Il y a un cahier des charges, une ligne du temps et on dressera le bilan ensuite. Tout le monde doit être content et s'y retrouver et moi, j'aime bien aussi être évalué. Mais quand je vois que certains managers ont retrouvé le sourire et la motivation, ça me conforte dans le fait que ça fonctionne, que ça matche. Beaucoup reste à faire mais il ne faut pas aller trop vite non plus. Là, on est plus dans une prise de conscience, de connaissance de la matière en amenant quelques petites touches d'évolution. Suit une période de stabilisation pour ensuite connaître une période d'évolution pour le futur."
Il est important que David Delferière reste à l'ACFF.
Pour cette première expérience dans ce rôle, vous avez suivi des formations pour être un meilleur manager ?
"Il en existe en interne effectivement mais la meilleure formation reste le travail de terrain avec les managers de département. On apprend comme ça. Comme entraîneur, c'est la même chose. C'est bien d'avoir des diplômes mais il faut ensuite pouvoir coacher onze joueurs et manager le reste du groupe et le staff. Et pour cela, il faut d'autres connaissances et compétences."
Quelle est la différence entre votre bureau et un vestiaire ?
"C'est complètement différent ce genre de responsabilités. Le travail quotidien avec une équipe est un autre challenge. C'est aussi différent entre le vestiaire messieurs et dames. À Tubize, j'ai la chance de pouvoir compter sur quatre managers qui gèrent bien leur domaine. Je peux leur apporter une plus-value différente. Mais on verra l'évolution future car il ne faut pas oublier les restrictions budgétaires. On va devoir se montrer créatif."
L'ACFF n'est pas très bien vue je crois.
Samedi, une page va se tourner avec le départ de la présidence de l'ACFF de David Delferière.
"J'ai le plus grand respect pour David. Il a accompli un travail incroyable. Il va rester au service du foot wallon et c'est important car il reste un personnage incontournable dans le foot wallon. Mais depuis mon arrivée, on avait bien dissocié nos rôles."
Souvent, on entend dire que c'est toujours les mêmes aux mêmes postes…
"Mais quand les gens aiment bien leur métier et font tout pour bien le faire ? On note quand même un rajeunissement des cadres comme avec le CEO. Toute une nouvelle génération de collaborateurs arrive aussi."
A la télé, je ne chercherai jamais à créer le buzz.
En quoi une journée portes ouvertes est importante ?
"C'est même fondamental. L'ACFF n'est pas très bien vue, je crois. C'est une bonne question à se poser en interne pour voir comment on peut faire changer cette image. C'est aussi mon rôle au niveau technique d'apporter aux clubs, aux joueurs. On doit pouvoir leur apporter un extra par rapport à ce dont ils ont besoin. C'est peut-être ça le plus gros défi à court terme de l'ACFF : faire comprendre que ce travail pour le foot amateurs, on le fait avec des connaisseurs. Il faudrait redonner une image positive de la Fédé auprès des clubs."
Vous poursuivez votre collaboration à la télé comme consultant. Vous avez dû adapter votre manière de commenter ?
"Pas du tout. On me connaît aussi à la télé : je reste toujours neutre par rapport à mes commentaires et mon travail. Je ne mélange pas car ce sont des rôles différents. En tant que consultant, je veux apporter une touche technique pour les gens qui nous regardent. Je suis passionné par ces analyses techniques et tactiques. Je n'arrêterai pas et puis, il n'y a pas de conflit d'intérêts. Au contraire, c'est même une manière de crédibiliser l'ACFF car je ne suis pas à la recherche du buzz. Je veux juste amener mon expertise technico-tactique."