Réussites sportives et engouement au Canonnier : comment le Stade Mouscronnois a réussi son pari
Créé il y a deux ans à la suite de la faillite de l'Excel Mouscron, le Stade Mouscronnois fait revivre le Canonnier.

- Publié le 23-05-2024 à 21h59

Il ne manque plus que l'officialisation mais le Stade Mouscronnois s'apprête à connaître une deuxième montée d'affilée… alors que le club n'a que deux ans. Un exploit ! Cet enchaînement n'est pourtant pas inhabituel dans le paysage des provinciales en Belgique. Par contre, évoluer devant des milliers de spectateurs en P3 et en P2, c'est plutôt rare.
Et c'est là que les Hurlus ont réussi leur pari : ramener de l'engouement au Canonnier, un stade qui a connu la réussite de l'Excelsior Mouscron mais aussi la mort de l'Excel il y a quelques années.
"Les sympathisants de Mouscron voulaient revivre toutes ces belles émotions même si c'était le niveau le plus bas, s'enthousiasme Quentin Walcarius, le président du Stade Mouscronnois. Contre Luingne, on a atteint les 3 800 spectateurs. En deuxième provinciale, c'est exceptionnel ! Au départ, on avait pensé évoluer au Futurosport mais ce n'est pas vraiment un stade de foot. Le Canonnier a aussi permis de faire revenir les nostalgiques."

Un tout nouveau chapitre à Mouscron
Ancien jeune recruteur de l'Excel, qui avait notamment attiré Kevin Vandendriessche et Abdoulaye Diaby à Mouscron, Quentin Walcarius a la gorge nouée quand il s'agit d'évoquer ce projet qu'il a tenu à lancer il y a deux ans. Entre bonheur de voir le foot continuer à vibrer dans sa ville et l'envie de bien faire les choses.
On veut être irréprochable et travailler de manière transparente.
"Quand l'Excel a connu la faillite, il était impensable de laisser 400-500 jeunes à la rue avec les installations qu'il y a ici. Alors quand on a vu qu'aucun projet aux échelons supérieurs ne pouvait maintenir ces gamins, on s'est dit qu'on allait repartir de plus bas et sur des bases saines. On voulait sauver les gamins mais aussi les filles. C'était notre cheval de bataille. On est reparti de zéro et même en dessous de zéro, se souvient-il. On a dû payer l'équivalent de 50 000 € de TVA. Mais on a aussi réussi à sauvegarder la convention avec l'IEG pour l'utilisation du stade car à ce moment-là, Deinze était sur les rangs et l'IEG voulait plus une solution professionnelle."

Si le Canonnier est plus connu aujourd'hui pour avoir vu l'Excel ou l'Excelsior briller, l'enceinte apprécie ce regain de vie avec le Stade Mouscronnois… une dénomination logique. L'idée de reprendre le nom Excel ou Excelsior n'a quasiment pas effleuré l'esprit des Hurlus.
"Le nom Stade Mouscronnois est à l'origine de l'Excelsior, rappelle notre homme. Il a fusionné en 1964 avec l'Association Athlétique mouscronnoise. C'était un beau clin d'œil. Mais surtout, cela montrait notre volonté de vraiment repartir d'une page blanche et de se dissocier de tout le négatif qui a pu entourer les deux faillites du club (NdlR : 2010 pour l'Excelsior et 2022 pour l'Excel, un projet relancé sur base de Mouscron-Péruwelz). On veut se montrer irréprochable et travailler de manière transparente."
Le monde pro? Il ne faut vouloir aller trop vite.
Objectif : d'abord la D3 ACFF
Articulé autour du foot, du foot féminin et du futsal (c'est grâce à la Squadra de Mouscron, club de D1 en futsal qui avait une équipe en prairie en P3, que le SM a pu démarrer), le projet se veut ambitieux mais sans pour autant vendre trop de rêves aux Mouscronnois. Pourtant, dans une province qui a vu des clubs historiques de D1 revivre et retrouver un certain engouement et standing (RAAL, RAEC Mons), les Hurlus veulent rester modestes.

"Ce sont de belles réussites. Mais nous avons notre vision et nous savons ce que nous voulons faire. Notre objectif premier est d'arriver en nationale, en D3 ACFF (NdlR : le club devrait être promu en P1 au terme du tour final P2). Après, on verra où on en est. On ne veut pas faire de folie financière. Le passé récent du foot à Mouscron, c'est quand même deux faillites. On ne veut pas le retour d'une image négative. Ce négatif, on nous l'a souvent rappelé depuis deux ans lors de déplacements en championnat. On m'a déjà proposé de racheter deux fois le club. Mais c'est comme mon fils, je ne peux pas le vendre. Notre priorité est la formation de nos jeunes, on va atteindre les 500 gamins la saison prochaine. On investit pour y arriver. On a déjà quelques beaux petits résultats d'ailleurs. On a un super outil à notre disposition, on sait que ça paiera un jour. Le monde pro ? Il faut rester réaliste. J'ai 37 ans et j'en rêve mais il faut continuer d'abord à faire grandir la structure et surtout, ne pas vouloir aller trop vite."