Avant l'US Open, Steve Darcis prend la défense des tennismen francophones: "On l'a déjà enterré dix fois"
Présent à New York, le capitaine de l'équipe belge de Coupe Davis brosse, notamment, l'actualité des joueurs francophones…

- Publié le 21-08-2025 à 10h59
- Mis à jour le 21-08-2025 à 11h00

Quelques heures avant le tirage au sort de l'édition 2025 de l'US Open, Steve Darcis, coach de Raphaël Collignon, ami de David Goffin, et capitaine de notre équipe de Coupe Davis, a évoqué l'état de forme et l'actualité des joueurs francophones présents à New York tout en se penchant sur la future rencontre de notre pays en Australie (13-14 septembre).
Steve, commençons par Raphaël Collignon, dans quel état d'esprit va-t-il aborder son premier US Open ?
"Il n'est pas mauvais. Il essaie de bien s'entraîner, de faire les efforts. Ce n'est pas toujours parfait. Mais on sent qu'il essaie. L'objectif avant l'US Open est de lui donner un gros volume de jeu. Parce qu'il ne faut pas oublier que c'est la première fois qu'il vient sur ce Grand Chelem. C'est toujours un peu spécial."
Raphaël tente actuellement de digérer le passage entre le circuit Challengers et les ATP ?
"Les petites erreurs qu'il peut commettre en Challengers, elles peuvent passer un peu inaperçues. Parce que les mecs sont un tout petit peu moins forts que lui par moments. Sur les ATP, cela se paye cash. La grande différence est là. Il va lui falloir un petit temps d'adaptation pour qu'il puisse trouver ses marques."
Depuis son retour de blessure à Wimbledon, David Goffin est toujours à la recherche d'un bon niveau ?
"Ce n'est pas facile. Ce n'est pas le meilleur David qu'on ait vu ces derniers temps. Mais il s'entraîne bien. Il s'accroche. Il fait les efforts. Ça ne se passe pas tout à fait comme il le voudrait. C'est certain. Mais les efforts, il les fait. On sait tous que David, même si tout le monde l'a déjà enterré dix fois, il ne lui faut pas grand-chose pour qu'il puisse remonter la pente. Je crois qu'il faut qu'on continue tous d'être derrière lui. Yannis (NdlR : Demeroutis, son coach) l'encourage et le guide de la meilleure des manières. Je ne me fais pas de soucis."

Gauthier Onclin a été sorti au premier tour des qualifs par Basilashvili, mais surtout il travaille régulièrement avec Germain Gigounon, qu'est-ce que ce dernier peut lui apporter ?
"Gauthier travaille avec Germain, en privé, quand, du côté de la fédé, nous ne sommes pas aptes à le suivre. On est souvent en contact avec Germain. Gauthier a envie d'avoir un suivi un peu plus poussé. Germain est un bon choix. Il connaît très bien le tennis. Il a été un super joueur et a entraîné David pendant pas mal d'années. Il peut apporter à Gauthier plein de choses. La manière de voir le jeu. Le fait de le rassurer. De bien le guider. De l'aider à faire les bons choix."
Sinner et Alcaraz en grands favoris. Derrière? Ben Shelton n'est pas loin..."
Avant l'US Open qui se profile, peut-on citer d'autres noms que ceux de Sinner et d'Alcaraz comme favoris ?
"Ils sont, pour l'instant, largement au-dessus du lot. Je trouve que Ben Shelton n'est pas loin. Djokovic, cela reste un point d'interrogation. C'est toujours quelqu'un qui peut être dangereux dès qu'il gagne quelques matchs. Il ne faut pas l'enterrer. On sera assez vite fixé sur son état lors des premiers tours. Son envie sera forcément là. Mais aujourd'hui, le facteur important chez lui se situe surtout dans sa forme physique. Dans ses sensations."
Après l'US Open, le match de Coupe Davis en Australie arrivera vite. Ce sera compliqué pour la Belgique ?
"L'Australie, n'importe où, n'importe quand, c'est un tirage difficile. C'est une nation qui adore la Coupe Davis. Leurs joueurs, ils sont tous toujours présents. Regardez Alex de Minaur, peu importe son classement, sa forme, il a toujours répondu présent. Voilà la force des Australiens."
Je remercie déjà les joueurs qui viendront en Australie..."
Ce long déplacement tombe mal à un moment de la saison où les joueurs sont déjà fatigués ?
"Il tombe après le circuit américain. Ensuite, il faudra soit revenir en Europe, soit rester en Australie avant de partir sur la tournée asiatique. C'est compliqué pour les joueurs. J'ai la chance d'avoir tous nos joueurs (NdlR : sauf David Goffin). Cela n'a pas de prix. Cela prouve que la Belgique est une nation qui aime cette épreuve. Je remercie mes joueurs (NdlR : Bergs, Collignon, Block, Gillé, Vliegen). Parce que ça fait plaisir comme capitaine de voir qu'ils sont heureux de se retrouver tous ensemble. Même si c'est loin. Même si c'est dur. Même si la mission sera compliquée."