Qui est l'homme qui se cache derrière la réussite de Jannik Sinner : "Il réalise un boulot incroyable"
Entre 2022 et aujourd'hui, Simone Vagnozzi a fait passer son poulain de bon joueur à extraterrestre.

- Publié le 04-09-2025 à 20h44

Les paroles viennent de Darren Cahill, celui qui a construit des champions comme Lleyton Hewitt ou André Agassi et qui est aujourd'hui dans le clan de Jannik Sinner : "Honnêtement mon rôle avec Jannik est un peu différent de ceux que j'ai tenus dans le passé et 99 % du mérite des succès de Jannik revient à Simone (NdlR : Vagnozzi). Il fait un boulot incroyable. Moi, je suis plus dans la supervision. Bien sûr on parle de tactique ou de technique mais c'est Simone qui a la main."
Des propos nuancés par Sinner : "C'est bien de les avoir tous les deux, parce qu'ils sont différents mais travaillent bien ensemble. Ils sont humbles et se respectent."
Mais qui est donc ce Simone Vagnozzi qui rêvait de remporter Wimbledon et a réalisé celui-ci via l'actuel numéro un mondial ? Ancien joueur dont le meilleur ranking mondial fut 161, il échoua à seize reprises dans les qualifications des Grands Chelems. C'est en double, quatre fois entre 2010 et 2012, qu'il participa aux Majeurs. Sans jamais passer un tour.
"Quand j'étais joueur, j'avais déjà cette idée de devenir entraîneur", expliqua au journal L'Équipe celui qui raccrocha sa raquette à l'été 2015, à 32 ans. "Mon chemin était d'être coach, pas d'être un joueur du top 100. Avec mes 163 centimètres et mes 60 kilos, mon corps ne m'a pas aidé."
Un ancien entraîneur, Massimo Sartori, se souvenait de son style : "Il frappait souvent la balle en étant en suspension, les deux pieds décollés du sol, pour générer plus de puissance. Au fur et à mesure d'un match, il se fatiguait, perdait du terrain et finissait par se faire déborder."
Il construisait des plans tactiques pour battre ses adversaires.
Ce qui l'obligea à développer des plans tactiques pour inquiéter ses adversaires : "C'est le joueur que j'ai entraîné qui était le plus passionné par la tactique et l'essence même du jeu. Il était extrêmement attentif à ses adversaires, voulait construire des plans pour les battre, connaissait ses limites et savait les contourner intelligemment. Cet état d'esprit ne l'a jamais quitté."
Une remarque confirmée par Simone Vagnozzi : "Même quand j'allais voir mes potes jouer, j'essayais de les aider et j'aimais vraiment cela. Ça m'a sûrement aidé pour ma deuxième carrière."
Très vite, le natif d'Ascoli se tourne vers le coaching. D'abord avec un jeune espoir transalpin puis avec Marco Cecchinato qu'il propulse dans le top 20 mondial et Stefano Travaglia. "Il m'a tellement appris. Ses connaissances techniques sont incroyables. C'est clairement celui qui a le mieux compris mon jeu et qui a su tirer le maximum de moi", expliqua un jour le premier nommé.
En février 2022, son manager lui propose de prendre la succession de Riccardo Piatti dans le staff de Jannik Sinner alors dixième mondial. Un peu plus de trois ans plus tard, Simone Vagnozzi, qui a décroché quatre Grands Chelems, un Masters et deux fois la Coupe Davis avec son poulain, se souvient de son premier discours : "Quel est ton objectif ? Être numéro 1 mondial et gagner des Grands Chelems. Tu es un joueur incroyable mais, pour y arriver, tu dois être encore meilleur. Ce que tu fais aujourd'hui n'est pas suffisant. Tu dois battre Novak, Carlos, Rafa et Medvedev qui, si tu as une faiblesse, vont la trouver. Tu dois garder ton identité, mais compléter ton jeu."