David Goffin dispute l'UTS de Londres ce vendredi : "À son meilleur niveau, personne n'aimait l'affronter"
En Angleterre pour superviser l'exhibition, l'ancien joueur français évoque le tournoi… et surtout son amitié avec David Goffin, qui fête ce dimanche ses 35 ans. Entre respect, franchise et confidences.
- Publié le 05-12-2025 à 12h31

David Goffin souffle ses 35 bougies ce dimanche. Un anniversaire qu'il pourrait fêter à Londres, où se déroule l'UTS. Ce tournoi exhibition imaginé par Patrick Mouratoglou débute ce vendredi par la phase de groupes. Le Liégeois y affrontera tour à tour Ugo Humbert, Casper Ruud et Francisco Cerundolo avec, en ligne de mire, les demi-finales prévues dimanche s'il termine parmi les deux premiers de sa poule. Présent en Angleterre, où il s'occupe des joueurs et de tout l'aspect sportif, Jérémy Chardy nous a accordé quelques minutes. L'occasion d'évoquer l'événement mais aussi, et surtout, son amitié avec notre numéro 4 belge.
Jérémy, en quelques mots, pouvez-vous nous parler de l'UTS ?
"C'est du tennis, bien sûr, avec les règles différentes et un format plus rapide. L'idée de base de Patrick était de ramener les jeunes vers le tennis, parce que la moyenne d'âge des fans augmente. On mise sur le show, avec un DJ qui joue pendant les rencontres, par exemple. En tribunes, les gens peuvent bouger, parler et même faire du bruit pendant les points. Les matchs ne durent que 45 minutes, ce qui permet aux jeunes de suivre les parties du début à la fin. Tous les points comptent et les manches sont découpées en quart-temps de huit minutes."
Certains profils de joueurs collent-ils mieux à l'esprit du tournoi ? David Goffin est plutôt réservé…
"Ici, à Londres, c'est la phase finale de la ligue, donc les participants n'ont pas été invités mais se sont qualifiés. À l'instar de David Goffin, grâce à sa finale à Guadalajara. Après, c'est certain que des gars comme Nick Kyrgios, Alexander Bublik et Gaël Monfils correspondent parfaitement au format. Mais on ne demande pas aux joueurs de faire le show, l'événement en lui-même se suffit. Notre souhait prioritaire est qu'ils se donnent à 100 %. Beaucoup d'entre eux adorent l'UTS, comme Casper Ruud qui aime pourtant les choses traditionnelles. Cela leur permet d'essayer des choses, de progresser en vue de leurs tournois ATP ou, comme ici, de se préparer à la tournée australienne. Comme chaque point compte, ils doivent rester concentrés en permanence. Physiquement aussi, c'est intense : le cardio ne redescend presque pas pendant huit minutes. Quant à David, il apprécie le format et prend beaucoup de plaisir. Oui, il est réservé, calme, parfois timide, mais je connais aussi son côté foufou en privé. Il aime s'amuser (sourire)."
J'ai pu voir que David faisait tout ce qu'il faut pour revenir dans le coup.
Vous l'avez affronté quatre fois, pour deux victoires chacun. Quels souvenirs gardez-vous du joueur ?
"À part une fois à Roland-Garros où je l'ai battu facilement, il a été supérieur à moi pendant toute sa carrière. Ce n'était jamais un bon tirage. Il retourne bien, tient la balle, se déplace parfaitement. Quand il était à son meilleur niveau, personne n'aimait l'affronter. C'est un joueur très intelligent, qui maîtrise les zones. Il vit des moments plus difficiles, mais personne ne peut être au top tout le temps."

Avez-vous parlé avec lui depuis son arrivée à Londres ? Il s'était blessé au genou il y a quelques semaines…
"Oui, on a échangé. Et j'ai pu voir qu'il faisait tout ce qu'il faut pour revenir dans le coup. J'ai connu des problèmes de genou aussi : ce n'est pas toujours simple de retrouver toutes ses sensations. Mais il m'a dit qu'il se sentait bien et je l'ai vu jouer sans douleur. J'espère qu'il fera une bonne saison."
Il fête ses 35 ans dimanche et beaucoup, sur les réseaux sociaux, lui conseillent de ranger sa raquette après chaque défaite…
"Je vous rassure, on a les mêmes en France (sourire). C'est toujours facile de juger, surtout de la part de gens qui en font souvent peu… Pour ce que David a réalisé pendant sa carrière, pour tout ce qu'il a donné pour son pays en Coupe Davis, je trouve que ces gens devraient être plus indulgents, plus reconnaissants et tout simplement le soutenir. Même s'il est plus âgé et qu'il joue moins bien qu'avant, il s'entraîne dur et donne son maximum pour essayer de revenir. On devrait plutôt le prendre en exemple pour sa rigueur et son travail au quotidien."
Vous dites bien le connaître. D'où vient cette proximité ?
"J'ai toujours été très proche de lui et des Belges : Xavier Malisse, Olivier Rochus, Steve Darcis, Kristof Vliegen. Puis David, et même Zizou Bergs. Globalement, Français et Belges se sont toujours bien entendus. On aime se lâcher des blagues mais, au fond, on s'aime bien (rires)."

Avec lequel d'entre eux avez-vous le plus d'affinités ?
"Avec David, clairement. Pour la petite histoire, j'ai vécu à Liège plusieurs années parce que j'avais une copine belge. Donc je m'entraînais souvent avec lui. On a aussi un bon souvenir commun à la Laver Cup 2018, où j'étais remplaçant et lui titulaire. C'est celui que je connais le mieux. Et Steve aussi, avec qui j'ai joué à Bordeaux en interclubs. On a passé quelques bonnes soirées tous ensemble."
Vous avez donc sûrement une anecdote croustillante à nous raconter ? Dans le Carré à Liège, peut-être ?
"Désolé, mais il y a des anecdotes qui ne se racontent pas (rires)."