Trois des quatre meilleurs Belges engagés cette semaine à Pau: "lls font clairement partie des favoris", nous confie Jérémy Chardy
Raphaël Collignon, Alexander Blockx et David Goffin, de retour à la compétition, disputent le Terega Open.
- Publié le 09-02-2026 à 12h30
- Mis à jour le 09-02-2026 à 12h37

La Belgique s'invite en force au pied des Pyrénées. Cette semaine, au Challenger 125 de Pau, le noir-jaune-rouge s'affiche en évidence : trois des quatre meilleurs joueurs belges figurent au tableau. Tenant du titre, Raphaël Collignon (ATP 69) endosse le costume de favori, tandis qu'Alexander Blockx (ATP 103) et David Goffin (ATP 117) complètent ce trio de prestige, respectivement têtes de série n°3 et 5. L'ancien septième mondial fera d'ailleurs son entrée en lice ce lundi soir face à l'Italien Giulio Zeppieri (ATP 154).
À l'occasion de cette huitième édition du Terega Open, nous avons pris la température auprès de son directeur, l'ancien joueur français Jérémy Chardy.

Jérémy, vous attendez-vous à une déferlante de supporters belges ?
(Il rit) Je ne sais pas pour les tribunes, mais ce qui est certain, c'est que nous aurons trois des meilleurs joueurs belges, issus de générations différentes. David est dans la dernière partie de sa carrière. Il a encore tout fait pour revenir après sa blessure au genou et il s'est bien soigné. C'est d'ailleurs lui qui m'a demandé une invitation. Raphaël, lui, joue très bien depuis la saison dernière. Il va défendre son titre ici, et je pense que ce tournoi lui tient particulièrement à cœur. Peu importe le lieu, on se souvient toujours de l'endroit où l'on est entré pour la première fois dans le top 100. Quant à Alexander, je ne le connaissais pas avant sa venue ici l'an passé. Mais j'aime beaucoup sa façon de jouer. Il a un vrai potentiel. S'il continue à jouer comme il le fait, il ira très loin. Globalement, vous avez une très belle génération. Et qui sait, selon le tirage, peut-être assistera-t-on à une finale 100 % belge. Sur un Challenger, David a encore le niveau pour aller au bout, même si tout dépendra de son état physique. Raphaël et Alexander font, eux, clairement partie des favoris.
Prenez-vous personnellement contact avec les joueurs ?
Pas tous, non. Beaucoup s'inscrivent spontanément, car il y a quand même pas mal de points ATP à aller chercher. Pour Collignon, la situation était un peu différente. En tant qu'ancien vainqueur, je tenais vraiment à ce qu'il revienne. Il était engagé dans les qualifications à Rotterdam, mais avec la Coupe Davis, soit il venait à Pau, soit il ne jouait pas. Donc ça tombait plutôt bien pour moi (sourire). Pour Blockx, en revanche, un Challenger comme le nôtre reste très important. Il doit encore jongler avec le circuit Challenger et les tournois ATP avant de franchir définitivement un cap. Une finale ici, voire une demi-finale, peut lui offrir suffisamment de points pour se maintenir autour du top 100. Et puis Pau est un gros Challenger : ce n'est pas un hasard si la majorité des joueurs présents se situent entre les 120e et 180e places mondiales.

Comment composez-vous votre tableau ? Cherchez-vous un équilibre entre valeurs sûres et jeunes promesses ?
Exactement. Avoir des joueurs comme David, qui ont évolué tout en haut du classement — septième mondial en l'occurrence —, c'est formidable. Le public se déplace pour les voir jouer. En tant que tournoi français, on essaie aussi d'attirer nos meilleurs éléments : Benjamin Bonzi sera là, tout comme Pierre-Hugues Herbert. Et puis il y a les jeunes. Moïse Kouame, 16 ans, bénéficiera d'une invitation. D'autres représentants du futur seront également présents, comme Blockx dont on a parlé, ou l'Allemand Justin Engel, 18 ans.
Moïse Kouame ? Il faut le laisser tranquille et le laisser travailler.
On a l'impression que, vu la densité actuelle, le niveau entre un ATP 250 et un Challenger 125 n'est plus si éloigné…
C'est vrai. Je prends souvent l'exemple de nos anciens vainqueurs. Regardez Collignon l'an dernier : depuis, il a battu Ruud, de Minaur ou encore Dimitrov en ce début de saison. On a aussi vu passer Holger Rune chez nous. Il s'était arrêté en demi-finale (NdlR : en 2021, lors d'une édition organisée en novembre) et l'année suivante, il terminait dans le top 20 mondial. Même chose avec Bublik, vainqueur à Pau en 2019. Le positionnement du tournoi en début d'année nous permet régulièrement de proposer un tableau très solide, d'autant qu'en Europe, la même semaine, seul l'ATP 500 de Rotterdam est d'une catégorie supérieure à la nôtre.
Un mot sur Moïse Kouame, 16 ans, que vous avez évoqué tout à l'heure. Il suscite énormément d'enthousiasme en France…
Je n'aime pas trop me prononcer tant que je n'ai pas vu un joueur évoluer de mes propres yeux. Mais ce que l'on entend est très positif. Ses résultats parlent pour lui : remporter deux tournois ITF consécutifs à son âge montre déjà une vraie maturité mentale et une bonne gestion des émotions. L'emballement est compréhensible et c'est une bonne chose, mais il doit rester concentré sur son projet, être sérieux, professionnel et respecter son programme. Des joueurs très forts, de 16 ans jusqu'à la fin des juniors, la France en a toujours connus. Beaucoup n'ont pas confirmé. Lui semble avoir quelque chose en plus, mais rien n'est acquis. Surtout s'il rêve grand. Il faut le laisser tranquille et le laisser travailler.