Australian Open – Comme Elise Mertens, la Belge Luna Gryp est revenue de Melbourne avec un trophée : "Accueillie comme une star à l'école"
La Brugeoise, n°1 mondiale, a remporté son premier Grand Chelem chez les juniors.

- Publié le 10-02-2026 à 08h45
- Mis à jour le 10-02-2026 à 11h14

Joachim Gérard vient à peine de prendre sa retraite sportive que la Belgique brille à nouveau sur le circuit du tennis en chaise. À l'Australian Open, les jeunes Luna Gryp (17 ans) et Alexander Lantermann (16 ans) ont décroché le titre, en simple et en double pour le Limbourgeois, chez les juniors. Une première pour nos deux représentants à ce niveau.
"J'ai ressenti un sentiment incroyable, j'ai travaillé énormément pour décrocher un titre en Grand Chelem, nous expliquait la Brugeoise une fois revenue en Belgique. C'était bizarre car sur la balle de match mon adversaire commet une double faute donc je n'ai rien dû faire pour décrocher ce dernier point. Cerise sur le gâteau de cette belle semaine, Elise Mertens est venue pour faire une photo de tous les Belges victorieux à Melbourne. C'était sympathique."
Première mondiale dans sa catégorie et top 50 chez les adultes, Luna Gryp espère poursuivre sa moisson de titres sur les autres Grands Chelems de la saison.
"C'est ma dernière année chez les juniors. Je veux remporter tous les Grands Chelems puis je veux faire mon chemin chez les adultes. Je veux aussi reprendre mon titre de championne de Belgique. Il y a une grande différence entre les juniors et les adultes. Ceux-ci jouent très intelligemment. C'est plus tactique. Je rêve aussi des Jeux paralympiques. Ce serait fantastique de pouvoir me rendre à Los Angeles ou Brisbane."
J'ai reçu un e-mail de la directrice de mon école, et ce n'était pas pour une retenue."
Le tennis, celle qui souffre d'ostéogenèse imparfaite, une maladie génétique rendant les os fragiles, l'a commencé grâce à ses proches.
"J'ai commencé le tennis parce que ma maman et mon frère y jouaient déjà. J'ai suivi le mouvement. Quand j'ai eu dix ans, je me suis brisé la hanche en tombant et donc j'ai commencé le tennis en chaise. La première fois que j'ai vu cette discipline c'était lors du Belgian Open à Namur. J'aime me dépasser et donner de l'énergie dans ce sport."
Avec pour Luna des icônes qui viennent du tennis et du tennis en chaise : "Il y a Diede De Groot, Joachim Gérard, Iga Swiatek, Carlos Alcaraz et Jannik Sinner. Je les admire tous. À Melbourne, j'ai vu Sinner, Alcaraz et j'ai pris l'ascenseur avec Sabalenka. On partageait le même lounge que les stars. C'était trop cool."

"On manque de moyens financiers"
La Brugeoise qui est en dernière année du secondaire et s'entraîne dix heures par semaine, "ce n'est pas assez, il me manque du temps pour combiner les études et les tennis mais aussi des moyens financiers", a pu se rendre compte de sa notoriété lors de son retour à l'école : "J'étais un peu la star. Tout le monde est venu me féliciter. C'était impressionnant. J'ai aussi reçu un e-mail de la directrice. Et ce n'était pas pour une retenue (rires)."
Constante dans l'échange et pouvant s'appuyer sur un bon revers, Luna Gryp sait qu'elle devra, notamment, améliorer son service pour se frayer un chemin chez les adultes. Son papa, Pascal, soulevant aussi une autre problématique : "On a un tout petit peu d'aide de Tennis Vlaanderen. Cela couvre un tiers du voyage en Australie. Et après on n'a plus rien. L'an dernier il faut savoir que Luna a disputé un peu plus de vingt tournois internationaux. On a quelques sponsors, mais pas assez. Sur les Grands Chelems, on ne doit pas payer l'hôtel, encore une chance. Elle possède un statut de Talent, ce n'est même pas Espoir ou Elite, c'est juste un papier. Il paraît qu'en Wallonie, les choses sont mieux organisées."
Avec sa performance à l'AO, on peut espérer pour Luna et sa famille que certaines portent s'ouvriront…
"On ne peut pas encore parler de futurs Joachim Gérard"
Premier entraîneur de Joachim Gérard et futur directeur du Belgian Open, Roland De Meersman a bien voulu se prêter au jeu des prédictions par rapport à l'avenir de Luna Gryp et Alexander Lantermann sur le circuit adultes.
"Ils ont le potentiel pour devenir des joueurs du top 10, top 15. Mais comme pour les valides, le passage des juniors aux adultes est parfois aléatoire. On ne peut pas dire que ce sont des futurs Joachim Gérard au niveau du palmarès. Ils ont du talent et l'encadrement est bon. Pour moi, Alexandre doit quitter les compétitions pour les jeunes dès maintenant. Pour Luna, elle doit mixer les deux encore pendant un an. Dans le futur, ils pourront viser une ou plusieurs participations aux Jeux paralympiques."
