Il aura donc fallu 18 ans pour que Bruxelles se dote d'un organe capable de contrôler le monde politique
Le comité de déontologie pourrait amener un peu de clarté dans cet univers opaque où se perdent les personnes non initiées à la tuyauterie parlementaire.
- Publié le 18-03-2024 à 06h39
- Mis à jour le 18-03-2024 à 06h42

Les voies que suit l'argent public pour aller du contribuable aux parlements pour ensuite tomber dans les caisses des partis politiques sont longues, tortueuses et peu pénétrables. Le cas de Valentine Delwart, directement rémunérée par la Chambre comme secrétaire politique du MR, n'aurait rien d'exceptionnel, nous dit-on.
Nombreux sont les cadres politiques qui signent des contrats à la Chambre en tant que collaborateurs d'un groupe pour ensuite travailler au centre d'étude d'un parti ou être employé pour la campagne de ce même parti. Vu de l'extérieur, cette pratique a des airs de collaboration fantôme. Mais le greffe du parlement nous assure que chaque groupe parlementaire dispose d'un certain nombre de contrats qui est proportionnel à son nombre d'élus. Le système prévoit cette possibilité d'accorder ces contrats aux collaborateurs de leur choix.
Le fait que les faiseurs de loi décident eux-mêmes de l'éthique à suivre pour construire leurs règlements joue sans doute beaucoup dans la façon dont toutes ces règles s'articulent. À Bruxelles, il aura fallu 18 ans pour que naisse enfin une Commission de déontologie du Parlement régional. Cet organe dont les membres ont été désignés vendredi sera chargé de rédiger un code de déontologie, de formuler des recommandations et de fournir des avis sur des situations de déontologie, d'éthique ou de conflits d'intérêts.
L'ordonnance de 2006 prévoyait déjà de contrôler les salaires des députés, mais ce n'est qu'en 2017, lors du scandale du Samusocial, que les mandataires ont décidé de s'activer pour pondre une ordonnance sur la transparence des rémunérations. Si ce texte de loi impose des bonnes pratiques, il n'était jusqu'ici pas vraiment accompagné d'un organe chargé de contrôler que les députés respectent leurs propres lois. Ce qui permettait certaines dérives. Avec ce nouveau comité, on peut espérer voir arriver un nouveau souffle éthique en politique.
