La chute se poursuit en maths et en lecture, révèle la nouvelle étude Pisa : "Je veux casser la spirale négative des résultats"
L'enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles se rapproche de la moyenne de l'OCDE mais pour la ministre Valérie Glatigny, "ce ne sont pas de bons résultats".

- Publié le 08-09-2026 à 07h23
- Mis à jour le 08-09-2026 à 18h42

La nouvelle étude Pisa est sortie et c'est la dégringolade pour tout le monde. 91 pays ont participé à cette enquête internationale de l'OCDE qui évalue le niveau en sciences, mathématiques et lecture.
D'après les résultats des 2.819 élèves de 15 ans issus de 98 établissements secondaires de Fédération Wallonie-Bruxelles, ce n'est pas cette année que les investissements dans l'enseignement se traduisent positivement. Depuis 2018, les résultats ont reculé de 28 points en maths, de 15 points en lecture et de 3 points en sciences. "Ce qui est très inquiétant, c'est que ça chute partout à l'échelle internationale", commente Valérie Quittre, analyste Pisa de l'ULiège. "Si on compare avec les systèmes éducatifs proches de nous, la résilience de notre système éducatif est meilleure." La France et la communauté flamande accusent une chute plus vertigineuse tandis que le Japon et la Corée du Sud occupent le top 3 dans toutes les branches.
Légère amélioration en sciences
La FWB remonte doucement la pente en sciences avec 482 points. Par contre, pour les deux autres branches, la pente continue de rester glissante. En mathématiques, le score descend à 467 points. En lecture, il s'établit à 466 points.
"Ne cachons pas la poussière sous le tapis : ce ne sont pas de bons résultats. Certes, nous baissons moins vite que d'autres systèmes éducatifs et nous atteignons désormais la moyenne de l'OCDE en sciences, mais je refuse que l'on définisse le progrès par le bas. Nous ne pouvons pas nous satisfaire d'être les "moins mauvais". Notre ambition doit être beaucoup plus élevée : inverser la tendance et casser cette spirale négative des résultats Pisa", martèle Valérie Glatigny (MR), ministre de l'Éducation, qui souligne que la moyenne de l'OCDE a fortement reculé. "La FWB se rapproche ainsi d'une moyenne qui baisse, et non parce qu'elle progresse. L'objectif ne peut dès lors pas être de se satisfaire de cette apparente stabilité."

Nivellement par le bas ?
"La baisse continue des résultats peut être encore une répercussion du Covid car les élèves interrogés étaient en 5e primaire au moment de la crise sanitaire et ont pu avoir des apprentissages plus fragiles mais ça ne peut pas tout expliquer car la chute est trop importante", analyse Valérie Quittre.
L'OCDE identifie plusieurs causes à la diminution des résultats : une baisse de l'effort et de la persévérance des élèves (en lecture, ils ont davantage répondu mais de façon erronée), davantage de difficultés face aux textes longs et aux tâches complexes, un recul du plaisir de lire, une hausse de l'absentéisme, hétérogénéité des élèves et de leurs besoins, baisse de l'attention des parents pour l'école mais aussi un climat scolaire et disciplinaire plus difficile.
Faut-il y voir la confirmation d'un nivellement par le bas ? "Non ! On reste stables en sciences alors que beaucoup de pays voisins chutent", nuance Valérie Quittre. "Historiquement notre système éducatif est le plus inégalitaire mais cet écart diminue parce que les élèves les plus vulnérables ont augmenté leurs résultats." Sophie Bricteux, chercheuse à l'ULiège ajoute qu'il existe des systèmes qui cumulent grandes équité et bons résultats.
Dans l'optique d'inverser la tendance, et pour remettre "les apprentissages de base et l'exigence au cœur de l'école", la ministre a notamment relevé le seuil de réussite des épreuves certificatives externes (CEB, CE1D et CESS) à 60 %, ajouté une heure de cours de mathématiques en 1re secondaire, mis en place le test CLE (calcul, lecture et écriture) en début de 4e primaire et mis fin à l'automaticité des recours.
"Pendant trop longtemps, parler d'exigence, d'effort ou de discipline a parfois été considéré comme dépassé. L'enquête PISA nous rappelle pourtant une évidence : on n'améliorera pas les apprentissages sans travailler aussi sur les conditions dans lesquelles ils ont lieu. Je veux une école qui accompagne, mais aussi une école qui exige et qui tire nos élèves et notre enseignement vers le haut", conclut Valérie Glatigny.
La Fapeo estime que la ministre fait "fausse route" avec ces mesures. "Les pays de l'OCDE qui sont performants ont en commun le faible recours au redoublement et des modalités de tronc commun flexibles : pas de filière jusqu'à 15 ans, des classes hétérogènes et du soutien. Ces pays sont aussi les plus équitables : faible proportion d'élèves peu performants et moindre impact du statut social sur les résultats scolaires." Le Royaume-Uni semble résister mieux que les autres. "Les grands principes de son système pourraient nous inspirer", concluent Sophie Bricteux, chercheuse à l'ULiège, et Valérie Quittre.