Les patrons de boîtes de nuit pensent "qu'ils veulent nous tuer et qu'ils vont y arriver" : ils disent pourtant avoir la solution !
Événementiel Suite aux décisions du CNS, nos boîtes de nuit sont au bord du gouffre… alors que leurs patrons ont la solution.
- Publié le 09-01-2021 à 10h32
- Mis à jour le 09-01-2021 à 10h33

Ça devient insupportable", désespère Evelyne Devroye, administratrice du Bloody Louis, célèbre boîte de nuit bruxelloise, au sujet des CNS qui oublie le secteur depuis le début de la crise sanitaire. "Je suis au stade d'être atteinte psychologiquement, du fait qu'on nous empêche de travailler. C'est scandaleux et totalement illégal !"
Celle qui a reçu 7 000 euros d'aides sur dix mois de fermeture (et a les huissiers sur le dos pour la TVA) ne décolère pas. "C'est un merdier financier d'enfer d'un côté et la misère de mon personnel de l'autre. Et comme Rudi Vervoort (le ministre de la Région de Bruxelles-Capitale, NdlR.) l'a clairement dit, il ne nous aidera pas. Le sujet est donc clos, plus personne ne peut plus aider personne."
Selon Evelyne Devroye, dans le milieu depuis plus de 30 ans, il n'y a plus d'avenir. "C'est fini pour nous, on est mort !, déplore celle qui s'attend à une année 2021 encore pire. Ils veulent nous tuer et je pense qu'ils vont y arriver. Ce qui est inquiétant, c'est que personne ne bouge au gouvernement, à part Denis Ducarme. Honnêtement, le monde de la nuit, c'est terminé. Personne ne sait tenir à ce rythme, les faillites se multiplient."
Où sont les études ?
Si beaucoup de patrons de boîtes ne voient pas d'issue, d'autres essayent d'être créatifs (en faisant du crowdfunding) ou investissent - 8 000 euros - dans un système de ventilation "tueur de virus". "À l'Impérial Premium Bar Brussels, Airsteril est en place 24h/24 depuis le mois de juin, nous assure Carl De Moncharline, directeur des lieux et responsable du secteur de la nuit à la FedCaf (Fédération de cafés de Belgique). Mais bon ça risque d'être comme pour la musique électronique, le monde entier va le faire après nous et nous volera la vedette par manque de reconnaissance de nos métiers localement." En effet, Londres est en train de tester ce système de nettoyage de l'air du lieu en utilisant une lumière ultraviolette de haute intensité, pour inactiver en toute sécurité 99,99 % de tous les agents pathogènes en suspension dans l'air, y compris le Covid-19. "Une solution Covid safe existe mais on dirait que nos responsables belges s'en foutent."