Enfermés dans une cage à Onhaye: le fils se prenait parfois pour un loup-garou
Le fils handicapé, Benoît, séquestré dans une cage avec sa sœur, souffrait d'hallucinations violentes. La nuit, le jeune homme sortait de chez lui, se baladait dans les champs, se parlant à lui-même, hurlant dans les bois vêtu d'un sac de jute.
- Publié le 03-06-2015 à 07h51
- Mis à jour le 03-06-2015 à 07h57

Le destin de la famille P. a été évoqué mardi en chambre du conseil. L'affaire des cages semble se dégonfler un peu.L'affaire de Falaën et de la famille P. pourrait avoir été moins dramatique que pressenti lorsque l'affaire avait éclaté en mai, choquant une bonne partie du pays.
Mardi, la chambre du conseil de Dinant a confirmé le mandat d'arrêt décerné à l'encontre de la maman de deux enfants handicapés mentaux. Prénommée Jacqueline, elle est suspectée par les autorités d'avoir séquestré deux de ses cinq enfants dans des cages munies de cadenas dans la ferme de Falaën, petit bourg proche de Dinant. L'un de ses fils est également inculpé et détenu.
Selon nos informations récoltées auprès de sources proches de l'enquête et du voisinage, le fils handicapé, Benoît, souffrait d'hallucinations violentes. La nuit, le jeune homme sortait de chez lui, se baladait dans les champs, se parlant à lui-même, hurlant dans les bois vêtu d'un sac de jute, au point que des voisins pensaient qu'il se prenait pour un loup-garou…
De la même manière , la fille handicapée, Hélène, avait fugué plusieurs jours il y a une douzaine d'années. Elle fuyait les policiers à sa recherche, alors que Child Focus avait déclenché une alerte.
Toujours selon nos informations, la mère n'aurait utilisé les deux cages que rarement, et pas depuis deux ans. Lors de la perquisition menée en avril dernier, elles étaient utilisées comme garde-manger.
Il apparaît également que la mère avait effectué des démarches auprès d'un médecin de Namur, et lui a posé la question d'un placement en institution. Le médecin aurait déconseillé le placement.
Depuis, la mère des enfants aurait régulièrement fait soigner son fils et sa fille handicapés, consultant des médecins généralistes. Jacqueline L. nie toujours avoir manqué à ses devoirs en privant ses enfants de nourriture. Elle est veuve depuis plusieurs années.
L'affaire était sortie à la suite d'une dénonciation anonyme. Membres d'une famille profondément croyante, vivant dans une ruralité profonde, les P. vivaient un peu en autarcie. Les derniers développements de l'enquête dessinent, en creux, un drame de l'ignorance.
Contactés, les avocats de la maman, Mes Virginie Taelman et Sébastien Courtoy, se sont refusés à tout commentaire.
Il n'y a pour l'heure pas de partie civile dans ce dossier mais les deux victimes présumées, les enfants de Jacqueline L., n'ont pas encore été entendues par les enquêteurs. Leur témoignage pourrait être décisif, malgré l'état fortement déficient de leur santé mentale. Ils auraient été diagnostiqués psychotiques. D'autres expertises judiciaires sont attendues pour confirmer ou infirmer cette information.