Le prix du gaz continue à diminuer mais n'espérez pas bientôt toucher les primes énergie: elles mettront encore des mois à arriver
Les nouvelles sont bonnes sur les marchés, mais moins pour ceux qui attendent encore les différentes primes et aides de l'État.

- Publié le 23-05-2023 à 06h18

La crise de l'énergie est entrée dans une nouvelle dimension ces dernières semaines. Avec le passage des prix du gaz sous les 40€ du mégawattheure sur les marchés, on a passé la barre symbolique pour parler de fin de crise. Pour les plus prudents, on n'est pas encore à l'abri d'événements majeurs sur le front de la guerre en Ukraine, mais il s'agit clairement d'une période d'accalmie qui fait du bien et qui devrait enfin voir l'inflation se stabiliser. Ces derniers jours, on est même passé sous les 30€ du mégawattheure sur les marchés, ce qui va entraîner une nouvelle baisse des prix du gaz et de l'électricité.
En pratique, les tarifs des contrats fixes et variables devraient à nouveau baisser au début du mois de juin. Ce sera donc le moment de comparer les différentes offres et de miser soit sur la sécurité en signant un contrat fixe – en payant un peu plus cher que le variable durant l'été mais en se protégeant pour l'hiver ou une hausse subite des prix – ou un contrat variable à un prix intéressant. Pour ceux qui ont un contrat variable en cours, il convient aussi de comparer les différentes offres, et surtout d'encoder ses relevés qui serviront à établir un nouveau calcul par le fournisseur. Être proactif paye toujours et permet parfois de gagner quelques dizaines d'euros par mois.
Le traitement des demandes pour le forfait de base numéro 2 n'a pas encore commencé
Les nouvelles sont donc bonnes pour les consommateurs, sauf pour ceux qui attendent encore une ou plusieurs primes du SPF Économie. Si la majorité des consommateurs ont déjà profité des aides émises par l'État, ceux qui n'ont pas reçu automatiquement ces primes vont devoir patienter. On a fait le point sur la situation avec Etienne Mignolet, porte-parole du SPF Économie. "Pour les forfaits de base énergie 1 et 2 – soit novembre-décembre et janvier-février-mars, 4,8 millions de consommateurs ont reçu automatiquement les primes auxquelles ils avaient droit. Cela s'est fait soit via une remise sur les acomptes qu'ils payent, soit via un virement du fournisseur, rappelle-t-il. Pour ceux qui devaient recevoir une prime mais qui n'étaient pas repris dans nos données, on entre alors dans une phase qui n'est pas automatisée et qui peut parfois prendre du temps."
Et pour cause : dans le mail reçu par les consommateurs ayant encodé leur dossier sur le site du SPF Économie, on évoque un délai de "plusieurs mois" pour le traitement du dossier… "Si cela n'a pas été payé, c'est que nos équipes sont en attente de données qui peuvent venir de différentes sources. Cela peut être une erreur ou un oubli au niveau du registre national, ou encore du fournisseur. Il faut donc traiter les dossiers les uns après les autres, et nous sommes dépendants de la rapidité des réponses des différents acteurs, regrette-t-il. Par exemple, les dossiers concernant les copropriétés peuvent prendre du temps car nos équipes doivent contacter les gestionnaires de ces copropriétés. Cela va parfois très vite, mais parfois c'est tout le contraire."
Pour la prime mazout pour laquelle les demandes pouvaient être introduites début juillet 2022, nous avons par exemple traité 894 352 demandes sur 946 666.
Concrètement, il faudra donc bien attendre des mois, voire plus d'un an encore, pour les plus malchanceux. "Nous sommes encore occupés à finaliser les demandes pour le forfait de base de novembre et décembre et nous n'avons pas encore commencé le traitement des dossiers relatifs au forfait de base numéro 2, précise le porte-parole. Cela prendra encore un certain temps, d'ailleurs. Pour la prime mazout pour laquelle les demandes pouvaient être introduites début juillet 2022, nous avons par exemple traité 894 352 demandes sur 946 666. Pourquoi un délai si long ? Dans ce cas-ci, la prime est passée de 225€ à 300€. Cela a rallongé les délais car il a fallu adapter deux fois le processus informatique, notamment."
60 personnes travaillent sur ces dossiers à temps plein
Et puis, les équipes ne sont pas très fournies. "Nous avons engagé des personnes pour compléter les équipes, notamment via des contrats d'intérimaires. Actuellement, une soixantaine de personnes travaillent à temps plein sur ces dossiers. Le budget du SPF ne permet pas d'engager plus de monde, et il faut savoir aussi que les personnes que vous appelez pour poser une question sont les mêmes que celles qui s'occupent des dossiers. Cela rallonge aussi le temps d'attente. Je peux aussi ajouter la part importante des demandes reçues par courrier papier (plutôt que via les applications web). Elles prennent beaucoup plus de temps à être traitées (ouverture enveloppes, enlever agrafes, vérification des documents, scanning, introduction dans les systèmes informatiques, etc.). Si le citoyen fait la demande en ligne, toutes ces étapes ne doivent pas être réalisées par nos agents", explique-t-il encore.
Il faudra donc s'armer de patience dans les prochains mois, et les chiffres fournis par le SPF Économie permettent de mieux comprendre l'étendue du travail. Outre les 946 666 dossiers (dont 894 352 traités) du chèque mazout, il y a aussi les 51 697 (dont 18 247 finalisés) dossiers relatifs au chèque pellets, et les 249 324 (dont seulement 27 525 finalisées…) demandes reçues pour le forfait de base énergie numéro 1. Sans parler des 47 000 demandes déjà reçues pour le forfait de base numéro 2 qui n'ont pas encore été traitées. Un chiffre qui va encore grandir puisque les personnes concernées peuvent encore introduire leur demande jusqu'en juillet.