Vers un jour de télétravail obligatoire ? Bruxelles prépare un tournant majeur
La Commission européenne voudrait rendre la mesure potentiellement contraignante à l'échelle européenne.
- Publié le 21-04-2026 à 05h56
- Mis à jour le 21-04-2026 à 06h00

Alors que les tensions énergétiques liées au conflit avec l'Iran continuent de peser sur l'Europe, la Commission européenne prépare une série de mesures susceptibles de transformer le quotidien de millions de travailleurs. Selon un document interne consulté par le Financial Times, ces propositions devraient être présentées aux dirigeants de l'Union européenne dès cette semaine.
Au cœur du dispositif figure une mesure phare : l'instauration d'au moins un jour de télétravail obligatoire par semaine, lorsque la nature des postes le permet. Cette disposition s'appliquerait à la fois aux entreprises privées et aux administrations publiques, marquant un tournant par rapport aux recommandations non contraignantes formulées plus tôt cette année.
Une réponse directe à la hausse des coûts énergétiques
L'objectif affiché est double : réduire la consommation d'énergie liée aux déplacements et alléger la facture des ménages. En limitant les trajets domicile-travail, cette mesure pourrait offrir un répit bienvenu face à l'augmentation des prix du carburant, sans affecter significativement la productivité.
Ce projet s'inscrit dans la continuité des pratiques adoptées lors de la pandémie de COVID-19, période durant laquelle le télétravail s'était largement imposé. Mais cette fois, Bruxelles semble vouloir franchir une étape supplémentaire en rendant la mesure potentiellement contraignante à l'échelle européenne.
Des administrations partiellement fermées
Parmi les autres pistes étudiées, la Commission évoque la fermeture ponctuelle de certains bâtiments administratifs afin de réduire les coûts de fonctionnement. Ces mesures concerneraient principalement des services non essentiels, avec un basculement accru vers le travail à distance pour les agents concernés. Le plan inclut également des incitations à l'utilisation des transports en commun. Une baisse des tarifs, voire la gratuité pour certains publics vulnérables, est envisagée afin de réduire l'usage de la voiture individuelle. Une telle mesure permettrait à la fois de diminuer la consommation d'énergie et de soutenir le pouvoir d'achat.
En parallèle, Bruxelles propose des mécanismes de soutien économique : plafonnement temporaire des prix de l'énergie, réductions fiscales sur l'électricité pour les foyers les plus touchés, et protection contre les coupures en cas de difficultés de paiement.
De même, le document évoque aussi des objectifs ambitieux en matière d'électrification, bien que ceux-ci ne soient pas encore précisés. Pour les atteindre, Bruxelles souhaite accompagner les États membres dans le développement de dispositifs de location abordable pour des technologies propres, telles que les voitures électriques. Un système de leasing social permettrait aux ménages aux revenus les plus modestes de disposer d'un véhicule électrique à moindre coût. En France, le dispositif est prévu pour juillet. "On vise d'abord 50 000 voitures pour les Français modestes, qui gagnent moins de 2 200 euros par mois en moyenne", qui auront "un reste à charge compris entre 100 et 200 euros par mois", a déclaré la ministre déléguée à l'Energie, Maud Bregeon au journal Ouest-France.
Une décision désormais entre les mains des États
Reste à savoir si ces propositions seront adoptées telles quelles. Leur mise en œuvre dépendra des gouvernements nationaux, qui devront décider de les transformer en obligations ou de les maintenir à l'état de recommandations.
Si elle est adoptée, la généralisation d'une journée hebdomadaire de télétravail pourrait durablement modifier l'organisation du travail en Europe et consacrer un modèle hybride déjà largement plébiscité ces dernières années.
